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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Si l’exorde de Stubb est, ici, donnée en entier, c’est qu’il avait une manière à lui de s’adresser à ses hommes, tout particulièrement pour leur inculquer la religion de la rame. Que cet échantillon de sermon ne vous laisse pas à croire qu’il n’entrait jamais dans de furieuses colères contre ses ouailles. Au contraire, et c’est là qu’était son originalité. Il pouvait dire à ses hommes les choses les plus affreuses sur un ton qui alliait la plaisanterie à la rage, et sa fureur ne semblait être qu’un piment à la farce, de sorte qu’il ne se trouvait aucun canotier qui ne tirât sur les avirons comme si sa vie était en jeu et qui, en même temps, ne tirât pour la blague, en entendant ses invocations saugrenues. D’autre part, il avait toujours l’air à l’aise, si nonchalant, manœuvrant si paresseusement son aviron de queue, bâillant si largement, la bouche grande ouverte, que la seule vue d’un chef se décrochant pareillement la mâchoire, par le seul effet de contraste, agissait comme un charme sur ses hommes. De plus, Stubb était un de ces singuliers humoristes, dont la jovialité était parfois si curieusement ambiguë qu’elle mettait tous les subalternes sur la défensive lorsqu’il s’agissait d’obéir.

Manœuvrant sur un signe d’Achab, Starbuck avançait obliquement pour croiser l’avant de Stubb, et lorsque les deux pirogues furent assez proches l’une de l’autre pour un instant, Stubb héla le second:

– Monsieur Starbuck! Ohé du canot à bâbord! Juste un mot, s’il vous plaît, sir!

– Ohé! répondit Starbuck sans faire mine de se retourner le moins du monde, pressant ses hommes à mi-voix, avec zèle, détournant de Stubb un front d’airain.

– Que pensez-vous de ces types jaunes, sir?

– Embarqués en fraude, d’une façon ou d’une autre, avant de lever l’ancre. Tirez fort, les gars, fort! chuchota-t-il à ses hommes, puis à haute voix de nouveau: une triste affaire, monsieur Stubb! Faites bouillir l’eau, les gars! Mais peu importe, monsieur Stubb, tout est pour le mieux. Que vos hommes nagent ferme et advienne que pourra. Sautez, les gars, sautez! Il y a des barriques d’huile de cachalot en perspective et c’est pour cela que vous êtes là, monsieur Stubb, tirez, les gars! L’huile, c’est le but! Cela du moins c’est le devoir, le devoir et le gain vont de pair.

– Oui, oui, c’est bien ce que je pensais, soliloqua Stubb, lorsque les pirogues s’écartèrent, dès que je les ai vus, je me suis dit ça. Oui, et c’est la raison pour laquelle il descendait dans la cale si souvent, comme l’en soupçonnait Pâte-Molle. Ils étaient cachés en bas. Il y a la Baleine blanche là-dessous. Eh bien! eh bien! qu’il en soit ainsi! On n’y peut rien! Bon! Ensemble, les gars. Ce n’est pas le jour de la Baleine blanche! Ensemble!

La découverte de ces étrangers bizarres, à un moment aussi fatidique que la mise à la mer des pirogues, n’avait pas été sans éveiller un étonnement superstitieux chez quelques matelots, si Archy avait divulgué ses présomptions depuis un certain temps sans rencontrer alors de crédit, les hommes quelque peu préparés à cet événement éprouvaient une surprise émoussée; d’autre part Stubb ne se formalisait pas de leur apparence et en parlait de façon rassurante, tout cela les libéra momentanément de leurs craintes superstitieuses, bien que le champ fût ouvert à toutes sortes de conjectures insensées sur le rôle véritable qu’avait joué le sombre Achab dès le début de cette affaire. Quant à moi, je me souvenais secrètement des ombres mystérieuses que j’avais vu se glisser à bord du Péquod dans l’eau trouble de Nantucket, ainsi que des sentences énigmatiques du bizarre Élie.

Pendant ce temps, Achab, hors de portée de voix de ses officiers, s’étant rangé sur le flanc extrême du côté du vent, était toujours en tête des autres pirogues, ce qui prouvait la puissance de ses rameurs. Ses créatures jaune tigre semblaient bâties d’acier et de fanons; comme cinq marteaux à bascule, ils s’abaissaient et se levaient à coups réguliers dont la force lançait la pirogue sur l’eau comme le jet d’une chaudière horizontale d’un vapeur du Mississipi. Quant à Fedallah qui manœuvrait l’aviron de harponneur, il avait enlevé sa veste noire et sa poitrine se découpait, au-dessus du plat-bord, sur les ondulations de l’horizon liquide. À l’autre bout de la pirogue, Achab, d’un bras, déjeté en arrière comme celui d’un escrimeur pour conserver son équilibre, maniait avec fermeté l’aviron de queue comme il l’avait fait des milliers de fois avant d’avoir été déchiré par la Baleine blanche. Tout à coup son bras tendu fit un mouvement singulier et se figea tandis que les cinq avirons étaient matés. Pirogue et équipage furent immobiles sur la mer. Aussitôt les trois baleinières de l’arrière-garde s’arrêtèrent. Les cachalots avaient tous disparu dans les profondeurs, ne donnant à distance aucun mouvement indicateur, mais Achab, plus proche, les avait observés.

– Chacun prêt à ses avirons! cria Starbuck. Toi, Queequeg, debout!

Sautant souplement dans la boîte triangulaire de l’avant, le sauvage s’y tint tout droit, fixant avec une intense avidité le lieu présumé de la chasse. À l’arrière de la pirogue, sur une identique plate-forme triangulaire à hauteur du plat-bord, Starbuck se balançait, avec une impassible adresse, aux oscillations de sa coquille de noix, et son regard plongeait silencieusement dans le regard bleu de la mer.

Non loin de là, Flask, insouciant, se tenait debout sur le taberin, un solide morceau de bois qui s’élève à quelque deux pieds au-dessus de la plate-forme arrière qui sert à retenir la ligne quand celle-ci est attachée au cétacé. Elle n’a pas plus que la largeur d’une main, et debout sur un si mince appui, Flask semblait perché sur la pomme du mât d’un navire naufragé dont rien d’autre n’émergerait. Mais le petit Cabrion était courtaud et râblé, et en même temps le petit Cabrion était plein d’une grande et haute ambition, de sorte que le socle de son taberin ne le satisfaisait nullement.

– Je n’y vois pas à trois vagues de là, tendez-moi un aviron que je grimpe dessus.

À ces mots, Daggoo, se tenant des deux mains au plat-bord pour assurer son équilibre, se glissa promptement à l’arrière et, se redressant, lui offrit le piédestal de ses épaules altières.

– Une pomme de mât qui en vaut une autre, sir. Voulez-vous monter?

– Je n’y manquerai pas et merci beaucoup, mon cher camarade, je voudrais seulement que vous mesuriez cinquante pieds de plus.

Calant alors fermement ses pieds contre les bordages opposés de la pirogue, le gigantesque nègre se baissa un peu, tendit sa paume au pied de Flask, lui prit la main pour la poser sur les plumes de corbillard de sa tête et le pria de sauter tandis que lui-même se relèverait. D’un coup adroit, il établit haut et sec le petit homme sur ses épaules. Et voilà que Flask y était à présent debout, Daggoo de son bras levé lui fournissant un parapet où s’appuyer.

C’est toujours un spectacle stupéfiant pour un novice que de voir l’adresse prestigieuse, rendue machinale par l’habitude, du baleinier capable de conserver sa position verticale alors même que sa pirogue tangue sur la mer la plus perfidement agitée. Mais c’était un spectacle encore plus étrange de le voir, en de telles circonstances, vertigineusement perché sur le taberin. Et la vue du petit Flask debout sur les épaules du géant Daggoo était encore plus curieuse car, avec une aisance tranquille, indifférente, inconsciente, le noble nègre, dans sa barbare majesté, accordait le rythme de son corps splendide à celui de la mer. Sur son large dos, Flask, avec ses cheveux de lin, semblait un flocon de neige. La monture avait plus de prestance que son cavalier. Vif, agité, ostentatoire, le petit Flask en venait parfois à frapper du pied avec impatience, mais la poitrine seigneuriale du nègre n’en respirait pas moins avec la même régularité, sans à-coups. J’ai vu ainsi la Passion et la Vanité taper du pied sur la terre vivante et magnanime sans qu’elle change pour autant le cours de ses marées et de ses saisons.

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