Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Ainsi nous tissions et tissions encore lorsque je sursautai à un bruit étrange, prolongé, dont la sauvage musique était si surnaturelle que la pelote du libre arbitre s’échappa de mes mains et que je restai à fixer les nuées d’où cette voix tombait comme une aile. Haut perché dans les barres de hune, Tashtego, le fou de Gay Head, était passionnément tendu en avant, la main dressée comme une baguette de magicien et à intervalles courts et répétés il poussait ses cris. Sans doute au même moment toutes les mers retentissaient d’un cri semblable poussé par des centaines d’hommes en vigie perchés dans le ciel; pourtant, ce vieux cri traditionnel ne pouvait pas sortir de beaucoup de poitrines avec le rythme miraculeux qui l’arrachait de celle de Tashtego l’Indien.
Ainsi accroché à même l’espace, dévorant l’horizon d’un regard ardent et farouche, on eût dit quelque voyant, quelque prophète apercevant les ombres du destin et annonçant leur venue par des cris frénétiques:
«Elle souffle! là! là! là! Elle souffle! Elle souffle!»
– Où donc?
– Côté sous le vent, à deux milles environ! toute une gamme!
L’effervescence régna aussitôt.
Le cachalot souffle avec une régularité d’horloge, avec la même constance jamais démentie. C’est à cela que les baleiniers le distinguent des autres tribus de son espèce.
– Voilà les queues! cria encore Tashtego, et les cachalots disparurent.
– Vite, garçon, cria Achab. L’heure! L’heure!
Pâte-Molle se hâta dans la cabine, regarda la montre et donna l’heure exacte à Achab.
On mit en panne et le navire tangua doucement pointe au vent. Tashtego signalant que les cétacés avaient sondé sous le vent, nous attendions avec confiance de les voir réapparaître devant nous, car le cachalot avec une ruse singulière, sonde dans une direction mais, lorsqu’il est dans les profondeurs, il fait brusquement volte-face. Toutefois cette supercherie n’avait pas dû être pratiquée car il n’y avait pas de raison de supposer que l’animal signalé par Tashtego fût si peu que ce soit inquiété ou même qu’il eût la moindre connaissance de notre présence. Un des hommes, désigné comme gardien, ce sont ceux qui ne descendent pas dans les baleinières, remplaça alors Tashtego, au grand mât. Les matelots des mâts de misaine et d’artimon étaient descendus, les bailles à ligne furent mises en place, les bossoirs d’embarcations parés, la grande voile coiffée, et les trois pirogues se balancèrent au-dessus de l’eau comme trois paniers de perce-pierre au-dessus de hautes falaises. Hors des pavois, les hommes impatients s’accrochaient d’une main à la lisse et posaient dans l’attente un pied sur le plat-bord, pareils aux marins de navires de guerre prêts pour l’abordage.
Mais à ce moment critique une exclamation détourna tous les regards de la baleine. Ébahis, tous fixaient le sombre Achab entouré de cinq fantômes sombres qui semblaient avoir pris corps de l’air.
CHAPITRE XLVIII Première mise à la mer
Les fantômes, car c’est ce qu’ils semblaient être alors, glissèrent légèrement de l’autre côté du pont et, avec une silencieuse promptitude, larguèrent les palans et les coulisseaux de la pirogue qui se balançait là. Cette baleinière avait toujours été considérée comme étant de réserve, bien qu’on l’appelât baleine du capitaine parce qu’elle se trouvait à tribord arrière. Le personnage qui se tenait alors à sa proue était grand et basané, une dent blanche saillait cruellement entre ses lèvres d’acier. Il était funèbrement vêtu d’une veste chinoise de coton noir, froissée, et d’un large pantalon taillé dans la même étoffe sombre. Couronnant étrangement cette figure d’ébène, un turban d’une blancheur éblouissante coiffait sa tête de ses propres cheveux tressés et enroulés plusieurs fois. Ses compagnons, moins bistrés que lui, avaient ce teint haut en couleur, jaune tigre, particulier à quelques aborigènes de Manille, une race célèbre pour sa ruse satanique et tenue par certains braves marins blancs pour être composée de suppôts et d’agents secrets, envoyés sur l’eau par leur seigneur infernal, lequel, croient-ils, a ses assises ailleurs.
Tandis que l’équipage contemplait avec étonnement ces étrangers, Achab cria au vieil homme enturbanné de blanc, leur chef:
– Tout est paré, Fedallah?
– Paré, fut la réponse à demi sifflée.
– Alors, mettez à la mer, vous entendez? et hurlant à travers le pont: j’ai dit mettez à la mer, là-bas.
Le tonnerre de sa voix était tel que les hommes, malgré leur stupéfaction, bondirent par-dessus la lisse; les réas tournèrent dans les poulies, les trois pirogues tombèrent à la mer avec un bruit mou, tandis qu’avec une adresse audacieuse et désinvolte, inconnue dans tout autre métier, les matelots sautaient comme des chèvres dans les baleinières secouées au flanc du navire.
À peine avaient-ils débordé sous le vent du navire, qu’une quatrième embarcation, venant du côté du vent, vira sous la poupe, les cinq inconnus étaient aux avirons cependant qu’Achab, debout à l’arrière dans une attitude rigide, criait fortement à Starbuck, Stubb et Flask de s’écarter largement les uns des autres afin de couvrir la plus grande surface possible. Mais rivés de tous leurs yeux sur le brun Fedallah et son équipage, les hommes des autres baleinières n’obéirent pas à l’ordre donné.
– Capitaine Achab? dit Starbuck.
– Déployez-vous, cria Achab. Nagez partout, les quatre pirogues! Toi, Flask, nage davantage au vent!
– Oui, oui, sir, répondit gaiement le petit Cabrion, en manœuvrant son grand aviron de queue. Nagez fort! dit-il à ses hommes. Là!… là!… là! encore! La voilà qui souffle, droit devant, les gars! Nagez, nagez! Ne prenez pas garde à ces gars jaunes, Archy.
– Oh! ils me sont indifférents, sir, dit Archy. Je savais déjà tout. Ne les ai-je pas entendus dans la cale? Ne l’ai-je pas dit à Cabaco? Qu’en dites-vous, Cabaco? Ce sont des passagers clandestins, monsieur Flask.
– Nagez, nagez, mes jolis cœurs, souquez, mes enfants, souquez, mes poussins, soupirait Stubb à ses hommes d’une voix traînante et apaisante car quelques-uns montraient encore des signes d’inquiétude. Pourquoi ne rompez-vous pas l’échine, mes enfants? Que regardez-vous ainsi? Ces gars dans la pirogue? Quelle bêtise! Cela ne fait que des mains pour nous aider – peu importe d’où elles viennent – plus on est de fous, plus on rit. Allons, nagez, nagez, de grâce! Peu importe le soufre, les diables sont assez bons bougres. Bon, voilà qui va bien, c’est un coup qui vaut ses mille livres, c’est un coup qui ramasse les enjeux! Hourra pour la coupe d’or de spermaceti, mes braves! Trois vivats, hommes, et haut les cœurs! Comme ça, comme ça, ne soyez pas pressés, ne soyez pas pressés. Pourquoi ne brisez-vous pas vos avirons, canailles? Un peu de mordant, chiens que vous êtes! Bon, bon, là, comme ça, comme ça! Voilà… comme ça, voilà! Allongez la nage, tirez. Commencez à tirer! Le diable vous emporte, gueux de propres à rien. Vous dormez! Fini de ronfler, fainéants, et tirez. Nagez, voulez-vous? Ne pouvez-vous pas nager? Ne voulez-vous pas nager? Je vous en donnerai des petits couteaux pour les perdre, pourquoi ne nagez-vous pas? Nagez, et que ça barde! Souquez, que les yeux vous en sortent! Là! Il tira brusquement de sa ceinture son couteau effilé. Que chaque fils de sa mère nage la lame entre les dents! Voilà… très bien, mes tranchants de hache, voilà… Faites-la avancer, mes nés-coiffés! Faites-la avancer, mes épissoirs!