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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Or le Péquod avait quitté Nantucket tout au début de la Saison sur la Ligne. Aucune tentative ne pouvait permettre à son capitaine d’atteindre le Sud, de doubler le cap Horn, de courir soixante degrés de latitude, pour arriver dans la région équatoriale du Pacifique à temps pour ouvrir la chasse. Il devait, dès lors, attendre la saison suivante. Que le Péquod ait appareillé si prématurément, son capitaine l’avait peut-être bien délibérément voulu, à cause de la complexité de la poursuite entreprise. Il avait ainsi devant lui trois cent soixante-cinq jours et trois cent soixante-cinq nuits qui l’eussent, à terre, rongé d’impatience et qu’il emploierait à des chasses combinées pour le cas où la Baleine blanche, séjournant par hasard dans des mers très éloignées de son territoire alimentaire périodique, viendrait à montrer son front ridé au large du golfe Persique, de la baie du Bengale, des mers de Chine ou de tout autre lieu hanté par ses pareils. De sorte que la mousson, le pampero, les vents de nord-ouest, le harmattan, les alizés, tous les vents sauf celui du levant et le simoun, pouvaient bien entraîner Moby Dick dans un tourbillon errant autour du monde à la suite du Péquod.

Tout cela étant admis, si on en juge avec une froide réserve, l’idée ne semble-t-elle pas folle que si l’on vient à rencontrer sur l’Océan infini une baleine solitaire, son poursuivant pourra la reconnaître en tant qu’individu précis, comme un mufti à barbe blanche dans les rues surpeuplées de Constantinople? Certes. Car le front neigeux et la bosse d’albâtre de Moby Dick ne pouvaient prêter à confusion. Après s’être absorbé dans ses cartes longtemps après minuit, Achab, retombant dans ses rêves, se murmurait: «N’ai-je pas marqué la Baleine, ainsi entaillée, échapperait-elle à ma vue? Ses nageoires sont percées et déchiquetées comme les oreilles d’une brebis perdue!» Et sur ce, sa folie prenait un galop effréné jusqu’à ce que la lassitude lui vienne et que défaille sa pensée! Alors, il montait sur le pont pour raffermir ses forces au grand air. Ah! Seigneur! quels frénétiques tourments ne doit-il pas endurer, l’homme que consume le désir insatisfait de la vengeance? Il dort les poings serrés et s’éveille les clous sanglants de ses ongles transperçant ses paumes.

Souvent, les rêves de sa nuit, intolérables, épuisants, aux couleurs de la vie, le chassaient de son hamac, tant ils perpétuaient les pensées ardentes qu’il nourrissait pendant la journée, les entrechoquant avec fureur, les vrillant, les emportant en tourbillons toujours plus serrés dans son cerveau brûlant, jusqu’à ce que la pulsation même de la vie devînt en lui une angoisse insupportable; alors parfois ces agonies spirituelles l’arrachaient à lui-même, un gouffre s’ouvrait en lui d’où montaient des flammes aiguës et des éclairs, d’où les démons maudits l’invitaient à se joindre à eux; lorsque cet enfer béait sous lui, un cri sauvage retentissait sur le navire et, les yeux étincelants, Achab jaillissait de sa cabine comme s’il échappait à un lit en fer. Ce n’étaient pas là les symptômes mal réprimés d’une secrète faiblesse, ni d’une crainte que lui eût inspirée sa décision mais les manifestations extérieures de son intensité. Car, à de pareils moments, ce n’était pas Achab le fou, le chasseur inassouvi et rusé de la Baleine blanche qui, ayant regagné son hamac, devait en surgir en proie à l’horreur, celui qui se sauvait ainsi c’était sa propre âme, son principe de vie, son essence éternelle qui, dans le sommeil, dissociée de l’esprit critique, maître en d’autres temps, cherchait à fuir la promiscuité brûlante d’une frénésie à laquelle, momentanément, elle n’adhérait plus. Mais comme l’esprit n’existe que lié à l’âme, la crise d’Achab devait être provoquée par le fait que toute sa pensée, toute son imagination centrée sur un but suprême et unique, ce but absolu qu’il poursuivait avec une volonté libre et implacable, devait défier les dieux et les démons, le contraignant à devenir un être en soi, indépendant, par lui engendré. Il pouvait brûler sinistrement tandis que la vie normale qui était en lui s’enfuyait, frappée d’horreur devant cette naissance indésirable et sans père. Dès lors, l’esprit torturé qui brillait dans ses yeux et semblait être Achab tandis qu’il surgissait hors de sa cabine, n’était en fait qu’une forme vide, une apparition vague et somnambulique, un rayon de lumière vivante, sans doute, mais n’éclairant rien, et dès lors un néant en soi. Que Dieu te vienne en aide, vieil homme, car tes pensées ont engendré un étranger en toi, dont la ferveur a fait un Prométhée. Un vautour se nourrira à jamais de ce cœur, ce vautour qu’il crée lui-même.

CHAPITRE XLV Témoignages

Ce chapitre est aussi important que n’importe quel autre de ce livre, sans faire à proprement parler partie du récit, car il traite de quelques habitudes intéressantes et singulières du cachalot; cette question doit être développée pour élargir davantage les connaissances afin qu’elle soit bien comprise et, qui plus est, pour dissiper l’incrédulité qui guette certains esprits non avertis devant la véracité de cette histoire.

Je ne me soucierai pas d’observer une méthode pour m’acquitter de cette tâche mais j’essayerai d’atteindre mon but en citant quelques faits qu’en tant que baleinier je connais pour être authentiques par expérience personnelle, ou sur des rapports dignes de foi. Des citations entraîneront d’elles-mêmes la conclusion désirée.

D’abord: Je connais personnellement trois cas où une baleine harponnée a complètement échappé. Frappée par la même main, trois années plus tard, et tuée, elle portait dans ses flancs les deux fers à la marque personnelle de son agresseur. J’ai dit qu’en cette circonstance trois ans s’étaient écoulés entre les deux harponnages et je crois que ce fut davantage, car celui qui les avait faits était, entre-temps, parti pour un voyage en Afrique à bord d’un navire marchand. Lorsqu’il y débarqua il se joignit à une équipe d’explorateurs, pénétra très avant à l’intérieur des terres, le sillonna pendant une période de près de deux ans, exposé à tous les dangers que comporte cette incursion au cœur de régions inconnues, serpents, sauvages, tigres et miasmes empoisonnés. Cependant, la baleine frappée voyageait de son côté sans doute, sans doute avait-elle par trois fois accompli le tour du monde et balayé de ses flancs les rivages d’Afrique, mais sans intention. Cet homme et cette baleine vinrent à se retrouver et l’un vainquit l’autre. J’ai dit avoir été témoin moi-même de trois exemples identiques. Dans deux cas, j’étais présent quand les baleines furent harponnées et, lors de la seconde attaque, j’ai vu les fers qu’on retirait de leurs corps et qui portaient leurs marques respectives. Dans le cas de l’intervalle de trois ans, il advint que je me trouvais dans la pirogue et la première fois et la seconde, où je reconnus nettement sous l’œil de la baleine une énorme et singulière excroissance que j’avais déjà remarquée trois ans auparavant. Voilà trois cas dont j’affirme personnellement l’authenticité, mais j’ai entendu bien d’autres exemples rapportés par des personnes dont la véracité en ce domaine ne saurait être mise en doute.

Ensuite: Si les terriens sont ignorants de ces choses, des histoires mémorables, bien connues des chasseurs de cachalots, relatent qu’un cétacé particulier a été reconnu en des temps et en des lieux différents. Qu’un tel individu soit identifié ne tient pas exclusivement à des caractéristiques physiques qui le différencieraient de ses semblables car, quelle que soit l’originalité d’un cétacé dans ce domaine, elle a tôt fait d’être réduite à néant lorsqu’il est fondu en une huile de grande valeur. Non, la raison est la suivante: après des expériences fatales de la chasse, le danger auréolait un tel cachalot d’un prestige de terreur, semblable à celui qui entourait Rinaldo Rinaldi, prestige tel que bien des pêcheurs se contentaient de lui faire un signe de reconnaissance en portant la main à leur chapeau lorsqu’ils le rencontraient sans chercher à entrer avec lui en relations plus intimes. De la même manière que certains pauvres diables, à terre, connaissant quelque grand homme irascible, le saluent dans la rue, discrètement et de loin, craignant au cas où ils tenteraient de se rapprocher, que leur présomption soit aussitôt accueillie à coups de poing.

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