La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #2
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: OPTA
- ISBN: 2-7201-0300-4
- Переводчик: Daniel Lemoine
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
— … consistait à l’attraper, termina le Porte-Parole. La Descolada.
— Vous comprenez ? Tout tourne autour de la Descolada. Mes grands-parents ont trouvé le moyen de l’empêcher de tuer les êtres humains, mais ils ont dû recourir aux meilleures manipulations génétiques. Les cabras et les serpents aquatiques ont également trouvé un moyen, et je doute qu’il soit à base de vitamines supplémentaires. Je crois que tout cela est lié. Les anomalies bizarres de la reproduction, le vide de l’écosystème, tout tourne autour des composants de la Descolada et maman m’interdit de les examiner. Elle m’interdit d’étudier leur nature, la façon dont ils fonctionnent, leur influence sur…
— Sur les piggies.
— Oui, bien sûr, mais aussi sur tous les animaux…
Le Porte-Parole donnait l’impression de lutter contre l’enthousiasme. Comme si elle venait d’élucider un point difficile.
— La nuit où Pipo est mort, elle a caché tous les dossiers relatifs à son travail du moment, et elle a caché tous les dossiers contenant les recherches sur la Descolada. Ce qu’elle a montré à Pipo avait trait aux caractéristiques de la Descolada, et présentait un rapport avec les piggies.
— C’est bien à ce moment-là qu’elle a caché les archives ? demanda Ela.
— Oui. Oui.
— Dans ce cas, j’ai raison, n’est-ce pas ?
— Oui, dit-il. Merci. Vous ne pouvez pas savoir à quel point vous m’avez aidé.
— Cela signifie-t-il que vous allez bientôt Parler la mort de papa ?
Le Porte-Parole la regarda attentivement.
— Vous ne voulez pas que je Parle la mort de votre père, en fait. Vous voulez que je Parle de votre mère.
— Elle n’est pas morte.
— Mais vous savez qu’il m’est impossible de Parler Marcão sans expliquer pourquoi il a épousé Novinha et pourquoi leur mariage a duré toutes ces années.
— C’est exact. Je veux que tous les secrets apparaissent. Je veux que toutes les archives soient ouvertes. Je veux que tout soit exposé au grand jour.
— Vous ne savez pas ce que vous demandez, l’avertit le Porte-Parole. Vous ignorez l’ampleur des souffrances qui naîtront de la disparition des secrets.
— Regardez ma famille, Porte-Parole, répliqua-t-elle. Comment la vérité pourrait-elle causer plus de souffrances que les secrets ?
Il lui sourit, mais ce n’était pas un sourire joyeux. Il exprimait l’affection, la compassion, même.
— Vous avez raison, dit-il, absolument raison, mais vous aurez sans doute du mal à l’admettre quand vous entendrez toute l’histoire.
— Je connais toute l’histoire, dans la mesure où cela est possible.
— C’est ce que tout le monde croit, et tout le monde se trompe.
— Dans ce cas, quand allez-vous Parler ?
— Dès que possible.
— Alors pourquoi pas maintenant ? Aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous attendez ?
— Je ne peux rien faire avant d’avoir vu les piggies.
— Vous plaisantez, n’est-ce pas ? Personne ne peut voir les piggies, sauf les Zenadores. C’est un ordre du Congrès. Personne ne peut le transgresser.
— Oui, dit le Porte-Parole. C’est pour cette raison que ce sera difficile.
— Pas difficile, impossible…
— Peut-être, dit-il. (Il se leva. Elle fit de même.) Ela, votre aide m’a été terriblement précieuse. Vous m’avez dit tout ce que j’espérais apprendre grâce à vous. Exactement comme Olhado. Mais il n’a pas apprécié la façon dont j’ai utilisé ce qu’il m’a appris et, maintenant, il croit que je l’ai trahi.
— C’est un enfant. J’ai dix-huit ans.
Le Porte-Parole hocha la tête, lui posa la main sur l’épaule.
— Tout va bien, alors. Nous sommes amis.
Elle fut presque certaine que ses paroles étaient ironiques. Ironiques et, peut-être, suppliantes.
— Oui, déclara-t-elle. Nous sommes amis. Pour toujours.
Il hocha une nouvelle fois la tête, s’éloigna, poussa la barque dans l’eau puis pataugea dans la vase et parmi les roseaux pour la rejoindre. Lorsque le bateau flotta correctement, il s’assit et sortit les rames, les manœuvra puis leva la tête et lui sourit. Ela lui renvoya un sourire, mais celui-ci n’exprimait pas la joie intense qu’elle éprouvait, la perfection du soulagement. Il avait tout écouté, tout compris, et il arrangerait tout. Elle le croyait, le croyait si fort qu’elle ne se rendit même pas compte que c’était la source de son bonheur. Elle savait seulement qu’elle avait passé une heure avec le Porte-Parole des Morts et qu’elle ne s’était pas sentie aussi vivante depuis de nombreuses années.
Elle ramassa ses chaussures, les remit et rentra chez elle. Sa mère était sans doute encore au Laboratoire de Biologie, mais Ela n’avait plus envie de travailler. Elle avait envie de rentrer et de préparer le dîner ; c’était toujours un travail solitaire. Elle espérait que personne ne lui parlerait. Elle espérait qu’elle n’aurait pas de problèmes à régler. Que ce qu’elle éprouvait durerait toujours.
Elle n’était rentrée que depuis quelques minutes, cependant, lorsque Miro entra en coup de vent dans la cuisine.
— Ela, demanda-t-il, as-tu vu le Porte-Parole des Morts ?
— Oui, répondit-elle, sur la rivière. »
— Où ça, sur la rivière ?
Si elle lui indiquait l’endroit où ils s’étaient vus, il comprendrait qu’ils ne s’étaient pas rencontrés par hasard.
— Pourquoi ? demanda-t-elle.
— Ecoute, Ela, ce n’est pas le moment de faire des histoires, je t’en prie. Il faut que je le trouve. Nous avons laissé des messages à son intention, l’ordinateur ne le trouve pas…
— Il descendait la rivière en direction de chez lui. Il ne va vraisemblablement pas tarder à arriver.
Miro gagna rapidement le salon. Ela l’entendit taper sur le terminal. Puis il revint.
— Merci, dit-il. Ne m’attendez pas, je ne rentrerai pas dîner.
— Qu’y a-t-il de si urgent ?
— Rien.
Il était tellement ridicule, ce « rien », alors que Miro était si manifestement nerveux et pressé, qu’ils éclatèrent de rire en même temps.
— D’accord, reconnut Miro, ce n’est pas rien, c’est quelque chose, mais je ne peux pas en parler, d’accord ?
— D’accord.
Mais, bientôt, tous les secrets sortiront au grand jour, Miro.
— Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il n’a pas reçu notre message. Pourtant, l’ordinateur le suit. Ne porte-t-il pas un implant à l’oreille ? L’ordinateur est censé pouvoir le joindre. Mais il l’avait peut-être éteint.
— Non, dit Ela. Le témoin était allumé.
Miro inclina la tête et plissa les yeux.
— Tu n’as pas pu voir le témoin rouge minuscule de l’implant s’il est simplement passé en bateau au milieu de la rivière.
— Il est venu sur la berge. Nous avons parlé.
— De quoi ?
Elle sourit.
— De rien, répondit-elle.
Il lui rendit son sourire mais parut tout de même contrarié. Elle comprenait : tu peux me cacher des choses, mais la réciproque n’est pas vraie, n’est-ce pas, Miro ?