La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #2
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: OPTA
- ISBN: 2-7201-0300-4
- Переводчик: Daniel Lemoine
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
— C’est là que vous êtes né ?
— Non, mais c’est là que j’ai Parlé pour la dernière fois.
Il s’assit sur la grama, face à la rivière. Elle s’assit près de lui.
— Maman est fâchée contre vous.
Ses lèvres esquissèrent un sourire.
— Elle me l’a dit.
Sans réfléchir, Ela tenta immédiatement de justifier sa mère.
— « Vous avez tenté de lire ses archives.
— J’ai lu ses archives. Presque toutes. Sauf celles qui comptent vraiment.
— Je sais. Quim me l’a dit.
Elle s’aperçut qu’elle éprouvait un sentiment de triomphe du fait que les protections de sa mère avaient tenu le Porte-Parole en échec. Puis elle se souvint que, sur ce plan, elle n’était pas dans le camp de sa mère. Qu’elle tentait depuis de nombreuses années de convaincre celle-ci de lui montrer ces archives. Mais l’élan l’entraîna à dire des choses qu’elle n’avait pas l’intention d’exprimer.
— Olhado reste à la maison, les yeux débranchés, et écoute continuellement de la musique. Très contrarié.
— Oui, eh bien, il croit que je l’ai trahi.
— Est-ce vrai ?
Ce n’était pas non plus ce qu’elle avait l’intention de dire.
— Je suis le Porte-Parole des Morts. Je dis la vérité lorsque je parle, et je ne me tiens pas à l’écart des secrets des gens.
— Je sais. C’est pour cela que j’ai appelé un Porte-Parole. Vous ne respectez personne.
Il parut contrarié.
— Pourquoi m’avez-vous fait venir ici ? demanda-t-il.
Tout allait de travers. Elle lui parlait comme si elle était contre lui, comme si elle n’était pas reconnaissante de ce qu’il avait déjà fait pour la famille. Elle lui parlait comme à un ennemi. Quim a-t-il pris possession de mon esprit, me faisant dire des choses que je ne pense pas ?
— Vous m’invitez à vous retrouver au bord de la rivière. Le reste de votre famille ne me parle plus, puis je reçois un message de vous. Pour protester contre mes ingérences dans votre vie privée ? Pour me dire que je ne respecte personne ?
— Non, dit-elle pitoyablement. Ce n’était pas censé se dérouler ainsi.
— Ne croyez-vous pas que je n’aurais vraisemblablement pas choisi d’être Porte-Parole si je ne respectais pas les gens ?
Sous l’effet de la frustration, elle laissa jaillir les mots.
— Je voudrais que vous ayez pénétré dans toutes ses archives ! Je voudrais que vous ayez percé tous ses secrets et les ayez publiés sur les Cent Planètes !
Ses yeux étaient pleins de larmes ; elle se demandait pourquoi.
— Je vois. Elle vous cache également ces dossiers.
— Sou aprendiz delà, não sou ? E parque choro, diga-me ! O senhor tem o jeito.
— Je ne cherche pas à faire pleurer les gens, Ela, répondit-il doucement.
Sa voix était une caresse. Non, elle était plutôt comme une main lui serrant la main, tendre et rassurante.
— C’est l’expression de la vérité qui vous fait pleurer.
— Sou ingrata, sou ma filha…
— Oui, vous êtes une ingrate et une mauvaise fille, dit-il avec un rire étouffé. Pendant toutes ces années de chaos et de négligence, vous avez assuré la cohésion de la famille de votre mère pratiquement sans aide et, lorsque vous avez voulu embrasser la même carrière qu’elle, elle a refusé de partager avec vous les informations les plus capitales ; vous avez toujours mérité son amour et sa confiance et, en récompense, elle vous a chassée de sa vie à la maison et au travail ; et puis, finalement, vous dites à quelqu’un que vous en avez par-dessus la tête. Vous êtes manifestement tout à fait détestable.
Elle s’aperçut que le fait de s’être condamnée la faisait rire.
— Ne me faites pas la leçon.
Elle tenta de rendre sa voix aussi méprisante que possible. Il s’en aperçut. Ses yeux devinrent distants et glacés.
— Ne crachez pas sur un ami, répliqua-t-il.
Elle ne voulait pas qu’il soit distant, mais elle ne put s’empêcher de dire, froide et furieuse :
— Vous n’êtes pas mon ami !
Pendant quelques instants, elle eut l’impression terrifiante qu’il la croyait. Puis un sourire éclaira son visage.
— Vous ne sauriez pas reconnaître un ami si vous en rencontriez un.
Je sais, se dit-elle. J’en vois un en ce moment. Elle lui rendit son sourire.
— Ela, dit-il, êtes-vous une bonne xénobiologiste ?
— Oui.
— Vous avez dix-huit ans. Vous auriez pu passer les examens de la guilde à seize. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ?
— Maman n’a pas voulu. Elle a dit que je n’étais pas prête.
— Vous n’avez pas besoin de la permission de votre mère après dix-huit ans.
— Un apprenti a besoin de la permission de son maître.
— Mais, à présent, vous avez dix-huit ans et vous n’avez même plus besoin de cela.
— Elle est encore le xénobiologiste de Lusitania. C’est toujours son labo. Qu’arriverait-il si je réussissais l’examen et si elle me refusait l’entrée de son labo jusqu’à sa mort ?
— A-t-elle exprimé une telle menace ?
— Elle m’a clairement fait comprendre que je ne devais pas me présenter à l’examen.
— Parce que, dès l’instant où vous ne serez plus apprentie, si elle vous permet d’utiliser le labo en tant que coxénobiologiste, vous aurez le droit d’accéder…
— … à toutes les archives. À toutes les archives secrètes.
— Ainsi, elle empêcherait sa propre fille de commencer sa carrière, elle entacherait définitivement votre dossier – incapable de passer des examens à dix-huit ans – simplement pour vous empêcher de lire ces archives ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Maman est folle.
— Non, Ela, Novinha est tout sauf folle.
— Ela é boba mesma, Senhor Falante.
Il rit et s’allongea sur la grama.
— Eh bien, expliquez-moi comment elle est boba.
— Je vais vous faire la liste. Premièrement, elle n’autorise aucune recherche sur la Descolada. Il y a trente-quatre ans, la Descolada a pratiquement détruit la colonie. Mes grands-parents, Os Venerados, Deus Os Abençoe, sont tout juste parvenus à enrayer la Descolada. Apparemment, l’agent de la maladie, les composantes de la Descolada, sont toujours présents – nous devons absorber un produit, une vitamine supplémentaire pour ainsi dire, afin d’empêcher l’épidémie de frapper à nouveau. On vous a prévenu, n’est-ce pas ? Dès l’instant où votre métabolisme est touché, vous devez absorber ce supplément pendant toute votre vie, même si vous quittez la planète.
— Oui, je le savais.
— Elle m’interdit d’étudier la cause de la Descolada. De toute façon, c’est une partie du contenu des archives secrètes. Elle a protégé toutes les découvertes de Gusto et Cida sur les corps de la Descolada. Rien n’est accessible.
Le Porte-Parole plissa les yeux.
— Bon. C’est un tiers de boba. Quel est le reste ?
— C’est plus d’un tiers. Quel que soit la molécule de la Descolada, elle a pu s’adapter et devenir parasite humain dix ans après la fondation de la colonie. Dix ans ! S’il peut s’adapter une fois, il peut recommencer.
— Peut-être ne le pense-t-elle pas.
— J’aurais peut-être le droit d’en décider par moi-même !
Il tendit le bras, lui posa la main sur le genou, la calma.
— Je suis d’accord avec vous. Mais continuez. La deuxième raison prouvant qu’elle est boba.