La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #2
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: OPTA
- ISBN: 2-7201-0300-4
- Переводчик: Daniel Lemoine
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
— Comment, selon eux, la reine leur parle-t-elle ?
Ouanda était à présent de l’autre côté.
— Pas à eux, seulement à Rooter. Et Rooter leur parle. Tout cela fait partie de leur système de totems. Nous nous sommes toujours efforcés de l’accepter et d’agir comme si nous y croyions.
— Quelle condescendance ! fit Ender.
— C’est une pratique anthropologique normale, fit valoir Miro.
— Mais vous êtes tellement occupés à feindre d’y croire que vous n’avez pas la moindre chance de comprendre quelque chose.
Pendant quelques instants, ils se laissèrent légèrement distancer, de sorte qu’il entra, en fait, seul dans la forêt. Puis ils coururent pour le rejoindre.
— Nous consacrons notre vie à tenter de les connaître ! protesta Miro.
Ender s’immobilisa.
— Pas à connaître ce qu’ils peuvent vous apporter. »
Ils étaient juste sous des arbres ; la lumière tamisée par les feuilles rendait leurs visages indéchiffrables. Mais il savait ce que ces visages exprimaient. Contrariété, colère, mépris – comment ce profane osait-il mettre en doute leur attitude de professionnels ? Comme s’il leur disait : « Vous êtes des impérialistes culturels. Vous effectuez vos Activités Discutables pour aider les pauvres petits piggies, mais vous n’avez pas la moindre chance de remarquer qu’eux peuvent vous apporter quelque chose.
— Quoi, par exemple ? s’enquit Ouanda. Comment assassiner leur plus grand bienfaiteur, le torturer à mort après qu’il a sauvé leurs épouses et leurs enfants ?
— Dans ce cas, pourquoi tolérez-vous cela ? Pourquoi les aidez-vous, après ce qu’ils ont fait ?
Miro se glissa entre Ouanda et Ender. Pour la protéger, se dit Ender ou bien pour l’empêcher de trahir ses faiblesses.
— Nous sommes des professionnels. Nous comprenons ces différences culturelles que nous ne pouvons pas expliquer…
— Vous comprenez que les piggies sont des animaux et vous ne les condamnez pas pour les assassinats de Pipo et Libo, tout comme vous ne condamnez pas les cabras, parce qu’ils mangent le capim.
— C’est exact, » reconnut Miro.
Ender sourit.
— Et c’est pour cette raison que vous n’apprendrez jamais rien à leur contact. Parce que vous les considérez comme des animaux.
— Nous les considérons comme des ramen ! protesta Ouanda, passant devant Miro.
De toute évidence, elle ne tenait pas à être protégée.
— Vous les traitez comme s’ils n’étaient pas responsables de leurs actes, appuya Ender. Les ramen sont responsables de ce qu’ils font.
— Qu’est-ce que vous allez faire ? demanda Ouanda sur un ton sarcastique. Organiser un procès ?
— Je vais vous dire une chose. Les piggies me connaissent mieux, par l’entremise de Rooter, que vous qui m’avez côtoyé.
— Qu’est-ce que cela est censé signifier ? Que vous êtes effectivement le premier Porte-Parole ? (De toute évidence, Miro trouvait cela parfaitement ridicule.) Et je suppose qu’il y a vraiment une armée de doryphores, dans le vaisseau que vous avez laissé en orbite, que vous allez les faire descendre et…
— Cela signifie, coupa Ouanda, que cet amateur se croit plus qualifié que nous pour traiter avec les piggies. En ce qui me concerne, cela prouve que nous n’aurions jamais dû accepter de le conduire…
À ce moment-là, Ouanda s’interrompit car un piggy venait de sortir des buissons. Plus petit que dans l’imagination d’Ender. Son odeur, bien que relativement agréable, était totalement absente de la simulation par ordinateur que Jane lui avait présentée.
— Trop tard, murmura Ender. Je crois que la rencontre a déjà eu lieu.
L’expression du piggy, s’il en avait une, était totalement indéchiffrable du point de vue d’Ender. Miro et Ouanda, toutefois, comprenaient partiellement leur langage non vocal.
— Il est stupéfait, souffla Ouanda.
En indiquant à Ender qu’elle connaissait ce qu’il ignorait, elle le remettait à sa place. C’était acceptable. Ender savait qu’il était un novice sur ce plan. Il espérait aussi qu’il avait également déséquilibré, partiellement, leur mode de pensée normal, qu’ils ne remettaient jamais en question. Il était évident qu’ils se conformaient à des structures solidement établies. S’il voulait qu’ils puissent l’aider efficacement, il leur faudrait sortir de ces structures et parvenir à des conclusions nouvelles.
— Mange-Feuille ! appela Miro.
Mange-Feuille ne quittait pas Ender des yeux.
— Porte-Parole des Morts, dit-il.
— Nous l’avons amené, fit Ouanda.
Mange-Feuille pivota sur lui-même et disparut dans la forêt.
— Qu’est-ce que cela signifie ? demanda Ender. Pourquoi est-il parti ?
— Vous voulez dire que vous n’avez pas déjà deviné ? demanda Ouanda.
— Que cela vous plaise ou non, dit Ender, les piggies veulent s’entretenir avec moi, et je parlerai avec eux. Je crois que nous parviendrons à de meilleurs résultats si vous m’aidez à comprendre ce qu’il se passe. À moins que vous ne compreniez pas non plus cela ?
Il les regarda lutter contre leur agacement. Puis, avec soulagement, Ender constata que Miro prenait une décision. Au lieu de répondre sur un ton hautain, il dit, avec simplicité et mesure :
— Non. Nous ne comprenons pas. Nous jouons encore aux devinettes avec les piggies. Ils nous interrogent, nous les interrogeons, mais nous nous arrangeons de part et d’autre pour ne rien révéler délibérément. Nous ne leur posons même pas les questions dont nous tenons à connaître les réponses, de peur que ces questions ne leur fournissent trop d’indications sur nous.
Ouanda ne voulait toujours pas coopérer.
— En vingt ans, vous ne pourriez pas connaître tout ce que nous savons, fit-elle. Et vous êtes fou si vous croyez pouvoir reproduire ce que nous savons en une conversation de dix minutes dans la forêt.
— Je n’ai pas besoin de reproduire ce que vous savez, releva Ender.
— Vous ne le pensez pas ? demanda Ouanda.
— Parce que vous êtes avec moi.
Ender sourit. Miro comprit et prit cela pour un compliment. Il sourit également.
— Voilà ce que nous savons, et ce n’est pas beaucoup. Mange-Feuille n’est probablement pas content de vous voir. Il y a des dissensions entre lui et un piggy nommé Humain. Lorsqu’ils ont cru que nous ne vous ferions pas venir, Mange-Feuille a cru qu’il avait gagné. À présent, il est privé de sa victoire. Nous avons peut-être sauvé la vie d’Humain.
— Au prix de celle de Mange-Feuille ? demanda Ender.
— Qui sait ? J’ai la conviction que la vie d’Humain est menacée, mais pas celle de Mange-Feuille. Mange-Feuille cherche simplement à faire échouer Humain, pas à gagner.
— Mais vous n’en êtes pas certain.
— C’est le genre de sujet que nous n’abordons jamais. (Miro sourit à nouveau.) Et vous avez raison. C’est devenu une telle habitude que nous ne nous rendons généralement pas compte que nous ne posons pas de questions.
Ouanda se mit en colère.
— Il a raison ? Il ne nous a même pas vus travailler et, tout d’un coup, le voilà qui critique…
Mais Ender n’avait pas envie d’assister à leur querelle. Il partit dans la direction prise par Mange-Feuille, les laissant libres de suivre s’ils le souhaitaient. Et, naturellement, ils renoncèrent à leur discussion. Dès qu’il eut constaté qu’ils étaient revenus à sa hauteur, Ender se mit à les interroger.