Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Un rat ? » Les yeux pâles de Ramsay pétillèrent à la lumière des torches. « Tous les rats de Fort-Terreur appartiennent au seigneur mon père. Comment oses-tu te repaître de l’un d’eux sans ma permission ? »
Schlingue ne savait quoi répondre, aussi se tut-il. Un mot mal choisi pouvait lui coûter un autre orteil, ou même un doigt. Jusqu’ici, il avait perdu deux doigts de sa main gauche et le petit de sa droite, mais seulement le petit orteil de son pied droit contre les trois du gauche. Parfois, Ramsay évoquait par plaisanterie l’éventualité d’un équilibrage. Mon seigneur raillait seulement, essayait-il de se dire. Il ne veut pas me faire souffrir, il me l’a dit, il n’agit ainsi que lorsque je lui en donne motif. Son suzerain était magnanime et bon. Il aurait pu lui écorcher le visage pour certaines des paroles que Schlingue avait prononcées, avant d’apprendre son véritable nom et sa place convenable.
« Tout ceci devient lassant, dit le lord en jaseran de mailles. Tuez-le donc et qu’on en finisse. »
Lord Ramsay remplit sa coupe de bière. « Cela gâcherait notre fête, messire. Schlingue, j’ai d’heureuses nouvelles pour toi. Je vais me marier. Le seigneur mon père m’apporte une Stark. La fille de lord Eddard, Arya. Tu te souviens de la petite Arya, hein ? »
Arya sous-mes-pieds, faillit-il répondre. Arya Ganache. La sœur cadette de Robb, cheveux bruns, visage allongé, maigre comme une badine, toujours sale. Sansa était la plus jolie. Il se souvint d’un temps où il avait imaginé que lord Eddard Stark pourrait lui accorder la main de Sansa et faire de lui son fils, mais cela n’avait été que rêverie d’enfant. Arya, en revanche… « Je me souviens d’elle. Arya.
— Elle sera lady de Winterfell, et moi, son seigneur. »
Ce n’est qu’une gamine. « Oui, messire. Félicitations.
— Voudras-tu assister à mes noces, Schlingue ? »
Il hésita. « Si vous le souhaitez, messire.
— Oh, certes. »
Il hésita de nouveau, se demandant si ce n’était pas un piège cruel. « Oui, messire. S’il plaît à Votre Seigneurie. J’en serais honoré.
— En ce cas, nous devons te tirer de cet ignoble cachot. Te briquer jusqu’à ce que tu redeviennes tout rose, te trouver des vêtements propres, de quoi manger. Du bon gruau tendre, ça te plairait ? Peut-être une tarte aux pois cassés rehaussée de lard frit. J’ai une petite tâche pour toi, et tu auras besoin de recouvrer tes forces si tu dois l’accomplir pour moi. Et tu veux l’accomplir pour moi, je le sais.
— Oui, messire. Plus que tout au monde. » Un frisson le parcourut. « Je suis votre Schlingue. Je vous en prie, permettez-moi de vous servir. De grâce.
— Puisque tu le demandes si joliment, comment te refuser ? » Ramsay Bolton sourit. « Je pars en guerre, Schlingue. Et tu viendras avec moi, pour m’aider à ramener en ma demeure la pucelle qui m’est promise. »
Bran
Quelque chose dans la façon dont le corbeau cria fit courir un frisson sur l’échine de Bran. Je suis presque un homme fait, dut-il se remettre en tête. Je me dois d’être brave, désormais.
Mais l’air était vif, froid et plein de frayeur. Même Été avait peur. La fourrure sur sa nuque était hérissée. Des ombres s’étiraient contre le flanc de la colline, noires et voraces. Tous les arbres étaient ployés et tordus sous le poids de glace qu’ils supportaient. Certains ne ressemblaient presque plus à des arbres. Enfouis de la souche à la cime dans la neige gelée, ils se pelotonnaient sur les hauteurs comme autant de géants, des créatures monstrueuses et contrefaites recroquevillées face au vent glacial.
« Ils sont ici. » Le patrouilleur tira sa longue épée.
« Où ça ? » Meera parlait à voix basse.
« Tout près. Je ne sais pas. Quelque part. »
Le corbeau cria de nouveau. « Hodor », chuchota Hodor. Il avait enfoncé les mains sous ses aisselles. Du roncier brun de sa barbe pendaient des glaçons, et sa moustache était prise dans une masse de morve gelée, rutilant de reflets à la lumière du soleil couchant.
« Les loups aussi sont proches, les mit en garde Bran. Ceux qui nous suivaient. Été les sent chaque fois qu’ils se trouvent dans le sens du vent.
— Les loups sont le moindre de nos problèmes, riposta Mains-froides. Nous devons grimper. Il fera bientôt noir. Vous auriez intérêt à être à l’intérieur quand viendra la nuit. Votre chaleur va les attirer. » Il jeta un coup d’œil vers l’ouest, où l’on distinguait confusément les feux du soleil couchant au travers des arbres, comme la lueur d’un feu au loin.
« Est-ce la seule entrée ? demanda Meera.
— L’entrée arrière se situe à trois lieues au nord d’ici, en descendant dans un gouffre. »
Il n’y avait rien à ajouter. Même Hodor ne pourrait pas emprunter un tel passage avec Bran qui lui pesait sur le dos, et Jojen n’aurait pas plus pu marcher trois lieues qu’il n’aurait pu en courir mille.
Meera examina la colline au-dessus d’eux. « Le chemin paraît dégagé.
— Paraît, marmonna le patrouilleur sur un ton sombre. Vous sentez ce froid ? Il y a quelque chose, là. Où sont-ils ?
— À l’intérieur de la caverne ? suggéra Meera.
— La caverne est sous protection. Ils ne peuvent pas passer. » Le patrouilleur tendit son épée pour indiquer la direction. « Vous voyez l’entrée là-bas ? À mi-hauteur, entre les barrals, cette fente dans le rocher.
— Je la vois », assura Bran. Des corbeaux y entraient et en sortaient.
Hodor changea de pied d’appui. « Hodor.
— Un repli du rocher, voilà tout ce que je vois, commenta Meera.
— Il y a là un passage. Abrupt et tortueux au départ, une gouttière à travers le rocher. Si vous pouvez l’atteindre, vous serez en sécurité.
— Et vous ?
— La caverne est sous protection. »
Meera étudia la fissure dans le flanc de colline. « Il ne doit pas y avoir plus de mille pas d’ici à là-bas. »
Non, pensa Bran, mais tous vont montant. La colline était escarpée et très boisée. La neige avait cessé trois jours plus tôt, mais rien n’avait fondu. Sous les arbres, le sol portait une nappe blanche, encore nette et intacte. « Il n’y a personne, lança Bran, bravement. Regardez la neige. Aucune trace de pas.
— Les marcheurs blancs avancent avec légèreté sur la neige, réfuta le patrouilleur. Tu ne trouveras pas d’empreintes qui marquent leur passage. » Un corbeau descendit des hauteurs pour se percher sur son épaule. Une douzaine des gros volatiles noirs seulement restait avec eux. Les autres avaient disparu en chemin ; à chaque aube, quand ils se levaient, il y en avait moins. « Viens, croassa l’oiseau. Viens, viens. »