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Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
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Là-dessus, il rigole, assez fort, pour souligner le ridicule de cette hypothèse.

— Vous le croisiez simplement ici et là…

— De temps en temps, je le rencontrais au café quand je m’arrêtais pour dire bonjour. Je connais encore pas mal de monde là-bas. Je suis né à Clichy, il est né à Clichy, on a été à l’école ensemble.

— À Clichy.

— Voilà. On était comme qui dirait des copains de Clichy. Ça vous va ?

— Très bien ! Très très bien.

Louis replonge dans son dossier, affairé, soucieux.

— Pascal et Alex étaient aussi des « copains de Clichy » ?

— Non, eux n’étaient pas des « copains de Clichy » ! Oh et puis vous commencez à m’emmerder avec vos histoires de Clichy ! Si vous…

— On se calme.

C’est Camille qui a dit ça. Il n’a pas élevé la voix. Comme un gamin qu’on a installé avec des dessins au fond du bureau pour l’occuper, on avait fini par l’oublier.

— On vous pose des questions, dit-il, vous donnez des réponses.

Thomas s’est retourné vers lui mais Camille ne lève pas la tête, il continue de dessiner. Il ajoute seulement :

— C’est comme ça que ça se passe, ici.

Il lève enfin les yeux, éloigne son dessin à bout de bras pour le juger en le penchant légèrement et il ajoute, le regard juste au-dessus de la feuille, pointant Thomas :

— Et si vous recommencez, je vous colle un outrage à personne dépositaire de l’autorité publique.

Camille pose enfin son dessin sur la table et, juste avant de se pencher de nouveau dessus, il ajoute :

— Je ne sais pas si je suis clair.

Louis laisse passer une seconde.

Vasseur a été cueilli à froid. Il regarde tour à tour Camille et Louis, la bouche légèrement entrouverte. L’atmosphère rappelle les fins de journée d’été, quand l’orage s’annonce brutalement, que personne ne l’a vu arriver et que, tout à coup, on se rend compte qu’on est sorti sans précaution, que le ciel est déjà noir et qu’on est encore loin de la maison. On dirait que Vasseur va remonter le col de sa veste.

— Et donc ? demande Louis.

— Donc, quoi ? répond Vasseur, désorienté.

— Alex et Pascal Trarieux étaient-ils, eux aussi, des « copains de Clichy » ?

Quand il parle, Louis fait toutes les liaisons. Même dans les situations les plus tendues. Là, il a clairement prononcé : « eux z’aussi ». Tout à son dessin, Camille dodeline de la tête, admiratif, ce type est vraiment incroyable.

— Non, Alex n’a pas vécu à Clichy, dit Vasseur. On a déménagé, elle avait, je ne sais pas moi, quatre, cinq ans.

— Alors comment a-t-elle rencontré Pascal Trarieux ?

— Je ne sais pas.

Silence.

— Donc, votre sœur rencontre votre « copain » Pascal Trarieux par le plus grand des hasards…

— Faut croire.

— Et elle se fait appeler Nathalie. Et elle le tue à Champigny-sur-Marne à coups de manche de pioche. Et ça n’a aucun rapport avec vous.

— Qu’est-ce que vous voulez exactement ? C’est Alex qui l’a tué, pas moi !

Il s’énerve, sa voix monte dans les aigus puis il s’arrête aussi soudainement qu’il a commencé. Très froid, il articule lentement :

— Pourquoi vous m’interrogez, d’abord ? Vous avez quelque chose contre moi ?

— Non ! s’empresse Louis. Mais vous allez comprendre. Après la disparition de Pascal, son père, Jean-Pierre Trarieux, se lance à la recherche de votre sœur. On sait qu’il la retrouve, qu’il l’enlève pas très loin de chez elle, qu’il la séquestre, qu’il la torture, qu’il veut sans doute la tuer. Elle parvient miraculeusement à s’échapper, on connaît la suite. Or, ce qui nous intéresse, c’est justement ça. Il est déjà étonnant qu’elle sorte avec son fils sous un nom d’emprunt. Qu’a-t-elle donc à cacher ? Mais largement aussi surprenant, c’est de savoir comment Jean-Pierre Trarieux parvient à la retrouver ?

— Je ne sais pas.

— Eh bien, nous, nous avons une hypothèse.

Une phrase comme celle-là, Camille en ferait tout un effet. Ça pèserait comme une menace, une accusation, ça serait saturé de sous-texte. Avec Louis, ça apparaît simplement comme une information. Ils ont opté pour une stratégie. C’est l’avantage avec Louis, son côté soldat anglais, ce qui est décidé, il le fait. Rien ne peut le distraire, ni l’arrêter.

— Vous avez une hypothèse, répète Vasseur. On peut savoir ?

— M. Trarieux a rendu visite à toutes les relations de son fils qu’il a pu retrouver. Il leur montrait une photo de mauvaise qualité où l’on voit Pascal accompagné de Nathalie. Enfin, d’Alex. Mais de tous ceux qu’il a interrogés, il n’y a que vous qui pouviez y reconnaître votre sœur. Et nous pensons que c’est exactement ce qui s’est passé. Et que vous lui avez donné son adresse.

Pas de réaction.

— Or, poursuit Louis, vu l’état d’excitation de M. Trarieux et son attitude ouvertement violente, ça revenait à une autorisation de passage à tabac. Au minimum.

L’information fait tranquillement le tour de la pièce.

— Pourquoi j’aurais fait ça ? demande Vasseur, sincèrement intrigué.

— Justement, nous aimerions le savoir, monsieur Vasseur. Son fils, Pascal, avait, dites-vous, un QI d’oursin. Le père n’était guère plus évolué et il n’était pas nécessaire de l’observer bien longtemps pour comprendre ses intentions. Je dis que c’est comme si vous aviez condamné votre sœur à se faire tabasser. Mais, en fait, il était facile de voir qu’il pouvait même la tuer. C’est ce que vous vouliez, monsieur Vasseur ? Qu’il tue votre sœur ? Qu’il tue Alex ?

— Vous avez des preuves ?

— Haaaa !

Là, c’est Camille de nouveau. Son cri a commencé comme une exclamation de joie et finit par un rire admiratif :

— Ha ha ha, ça, j’adore !

Vasseur se retourne.

— Quand un témoin demande si on a des preuves, reprend Camille, c’est qu’il ne conteste plus les conclusions. Il cherche simplement à se mettre à l’abri.

— Bon.

Thomas Vasseur vient de prendre une décision. Il le fait calmement, en posant les deux mains bien à plat sur le bureau, devant lui. Il les y laisse et les regarde fixement en disant :

— Est-ce que vous pouvez me dire ce que je fais ici, s’il vous plaît ?

Voix puissante, la phrase s’achève comme un ordre. Camille s’est levé, plus de dessin, plus de ruse, plus de preuve, il s’avance et se plante devant Thomas Vasseur.

— Alex, vous avez commencé à la violer à quel âge ?

Thomas lève la tête.

— Ha, c’est ça ?

Il sourit.

— Vous ne pouviez pas le dire plus tôt ?

Alex, enfant, tient son journal de manière très épisodique. Quelques lignes ici et là puis plus rien pendant longtemps. Elle n’écrit même pas toujours sur le même cahier. On trouve un peu de tout, dans les affaires jetées dans le conteneur, un cahier de brouillon dont elle n’a couvert que les six premières pages, un carnet à couverture rigide qui montre un cheval au galop dans un soleil couchant.

Écriture enfantine.

Camille lit seulement ceci : « Thomas vient dans ma chambre. Presque tous les soirs. Maman le sait. »

Thomas s’est levé.

— Bien. Maintenant, messieurs, si vous permettez…

Il fait quelques pas.

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