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Alex

Электронная книга - «Alex». Краткое содержание книги:

Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne.Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.
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— Et ça se passait comment entre Thomas et sa sœur ? a demandé Camille.

— Oh, très bien, a dit Mme Prévost. Il s’est toujours beaucoup occupé de sa sœur.

« Thomas vient dans ma chambre. Presque tous les soirs. Maman le sait. »

Thomas regarde sa montre avec agacement.

— Vous avez trois enfants…, dit Camille.

Thomas sent le vent tourner. Réticent.

— Oui, trois.

— Il y a des filles dans le paquet ? Deux, je crois, non ?

Il se penche sur le dossier ouvert devant Louis.

— C’est ça. Camille, tiens, comme moi ! Et Élodie… Ça leur fait quel âge maintenant, à ces petites puces ?

Thomas serre les dents, se tait. Louis décide de meubler le silence, il pense qu’une diversion s’impose :

— Donc Mme Zanett…, commence-t-il, il n’a pas le temps d’achever.

— Neuf et onze ans ! interrompt Camille.

Il a posé l’index sur une page du dossier, victorieux. Son sourire se referme brutalement. Il se penche vers Thomas.

— Et vos filles, monsieur Vasseur, vous les aimez comment ? Je vous rassure, l’amour paternel n’est pas puni par la loi.

Thomas serre les dents, on voit ses maxillaires se contracter.

— Sont-elles instables ? Ont-elles besoin d’autorité ? Quoique, parfois, besoin d’autorité, chez les petites filles, c’est souvent un besoin d’amour. Tous les papas savent ça…

Vasseur fixe Camille un long moment puis la pression semble retomber d’un seul coup, il sourit au plafond et pousse un profond soupir.

— Vous êtes vraiment lourd, commandant… Pour un homme de votre taille, c’est même surprenant. Penser que je vais céder à vos provocations. Que je vais vous mettre mon poing dans la gueule et vous donner l’occasion de…

Il élargit le cercle :

— Vous n’êtes pas seulement mauvais, messieurs, vous êtes médiocres.

Là-dessus, il se lève.

— Vous faites un pas hors de ce bureau…, dit Camille.

À cet instant, plus personne ne sait où on en est. Le ton a monté, tout le monde est debout, même Louis, c’est bloqué.

Louis cherche l’issue.

— Mme Zanetti, à l’époque où vous descendiez dans son hôtel, avait Félix Manière comme petit ami. M. Manière était plus jeune. Ils avaient une bonne douzaine d’années de différence. Vous-même, vous aviez quoi, dix-neuf, vingt ans.

— On ne va pas tourner autour du pot. La Zanetti, c’était une vieille salope ! Tout ce qu’elle faisait dans la vie, la seule chose qui l’intéressait, c’était s’envoyer des jeunes. Elle a dû éponger la moitié de sa clientèle, moi, elle m’a sauté dessus à peine la porte ouverte.

— Et donc, conclut Louis, Mme Zanetti connaissait M. Félix Manière. C’est toujours un peu le même système, Gattegno, que vous connaissiez, connaissait Praderie que vous ne connaissiez pas et Mme Zanetti, que vous connaissiez, connaissait M. Manière que vous ne connaissiez pas.

Louis se tourne alors vers Camille, inquiet :

— Je ne suis pas certain d’être très clair.

— Non, pas très clair, confirme Camille, soucieux lui aussi.

— Je m’en doutais, je vais clarifier.

Il se tourne vers Vasseur.

— Vous connaissiez directement ou indirectement toutes les personnes que votre sœur a assassinées. Et comme ça ? ajoute-t-il en se tournant vers son chef.

Pas emballé, Camille :

— Écoute, Louis, je ne veux pas être désobligeant mais ta formulation n’est pas parfaitement limpide.

— Vous trouvez ?

— Oui, je trouve.

Vasseur tourne la tête de droite à gauche, quelle bande de cons…

— Tu permets ?

Louis fait un geste de grand seigneur. Camille :

— En fait, monsieur Vasseur, votre sœur, Alex…

— Oui ?

— Combien de fois vous l’avez vendue ?

Silence.

— Je veux dire : Gattegno, Praderie, Manière… on n’est pas certains de les avoir tous, vous comprenez. Donc on a besoin de votre aide, parce que vous, en tant qu’organisateur, vous savez, forcément, combien vous en avez invité à venir se servir de la petite Alex.

Vasseur est outré.

— Vous traitez ma sœur de putain ? Vous n’avez vraiment aucun respect pour les morts !

Un sourire se dessine ensuite sur son visage :

— Dites-moi, messieurs, vous comptez vous y prendre comment pour prouver ça ? Vous allez faire témoigner Alex ?

Il laisse les flics apprécier son humour.

— Vous allez appeler les clients à la barre ? Ça ne va pas être facile. Sont pas très frais, à ce que j’ai compris, les soi-disant clients, hein ?

Cahier ou carnet, Alex ne note jamais les dates. Les textes sont vagues, elle a peur des mots, même seule, devant son petit carnet, elle n’ose pas. C’est à se demander si elle les connaît, les mots. Elle écrit :

Jeudi, Thomas est venu avec son copain Pascal. Ils ont été à l’école ensemble. Il a l’air vraiment bête. Thomas m’a fait mettre debout, devant lui, il m’a fait ses yeux. Son copain rigolait. Après, dans la chambre, il rigolait encore, il rigole tout le temps, Thomas a dit tu vas être bien sage avec mon ami. Après c’était dans la chambre, son ami, je le voyais rigoler au-dessus de moi, même quand j’avais mal comme si il pouvait pas s’arrêter de rigoler. Je ne voulais pas pleurer devant lui.

Camille l’imagine bien, le crétin, en train de besogner la petite fille, en rigolant. On devait pouvoir lui faire croire n’importe quoi, qu’elle aimait ça, peut-être même. Somme toute, avant tout, et bien plus que sur Pascal Trarieux, ça en dit long sur Vasseur.

— C’est pas tout ça, dit Thomas Vasseur en se tapant sur les cuisses, mais il se fait tard. On a fait le tour, messieurs ?

— Encore un point ou deux, s’il vous plaît.

Thomas consulte ostensiblement sa montre, il hésite longuement et accède à la requête de Louis.

— Bon, d’accord mais alors vite fait, on va s’inquiéter à la maison.

Il croise les bras, je vous écoute.

— Je vous propose de faire le point sur nos hypothèses, dit Louis.

— Parfait, moi aussi j’aime que les choses soient nettes. Essentiel, la clarté. Surtout avec les hypothèses.

Il semble vraiment content.

— Lorsque vous couchez avec votre sœur, Alex a dix ans, vous dix-sept.

Vasseur, préoccupé, cherche le regard de Camille puis celui de Louis.

— Nous sommes bien d’accord, messieurs, que nous faisons simplement le point de vos conjectures !

— Tout à fait, monsieur Vasseur ! dit aussitôt Louis. Il s’agit ici de nos hypothèses et je vous demande seulement de nous dire si elles renferment des contradictions internes… des impossibilités… ce genre de choses.

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