Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 376
Перейти на страницу:

Les deux pouvoirs se soutiennent mutuellement, un système extraordinairement stable se met en place, solidement ancré dans la réalité terrestre, tout en œuvrant pour le dessein de Dieu. Au XIXe siècle, le spécialiste de Joseph de Volok note : « […] La justice et l’administration ne sont que l’incarnation de la vérité de Dieu sur la terre, et il ne saurait donc être question d’une stricte répartition des fonctions entre pouvoirs étatique et religieux24. » Au milieu du XXe siècle, un chercheur soviétique écrit, approbateur, que « le supérieur de Volokalamsk était incontestablement et objectivement favorable à un pouvoir centralisé, contre l’émiettement féodal »25.

La place de Joseph de Volok dans l’histoire russe est définie par sa « théorie du pouvoir des souverains moscovites ». Mais cette théorie n’eût sans doute pas acquis une telle importance – et ne l’eût pas gardée au fil des siècles – sans ses farouches partisans. L’historien du XIXe siècle M. Diakonov relève un fait capital : « […] Joseph… est à la tête d’une école et d’un parti que ses propres adversaires ont baptisés de son nom, qualifiant ses partisans de très maléfiques et pernicieux moines joséphiens26. » Au supérieur du monastère de Volokalamsk revient donc la gloire d’avoir fondé le premier parti russe, celui des « joséphiens ». Et que ceux-ci fussent, selon l’expression de l’historien, « très maléfiques et pernicieux », est parfaitement secondaire. L’important est que Joseph ait disposé d’une école et créé un parti.

Joseph de Volok élabore la théorie d’un État puissant, autocratique. « Joséphien » zélé, Philothée, moine de Pskov, donne à cet État un dessein. Dans son épître à Vassili III, fils d’Ivan et de la princesse byzantine Sophie, il formule le programme messianique de Moscou. Évoquant la première Rome rongée par le paganisme et finalement tombée, puis la seconde anéantie par les coups des infidèles, il a cette prophétie : deux Rome sont tombées, la Troisième est solide et il n’en sera pas de quatrième. L’histoire s’est accomplie : tous les royaumes orthodoxes sont réunis « dans ton unique royaume ». Et « dans la cité de Moscou sauvée par Dieu », l’Église, dans la cathédrale de l’Assomption (cathédrale conciliaire de Moscou, au sens propre et idéal du terme), apparaît plus éclatante que le soleil et rayonne sur l’univers entier ». Les prophéties de Philothée connaissent la plus vaste diffusion en Russie et, jusqu’au règne de Pierre le Grand, elles entrent mot pour mot – « Moscou, Troisième Rome » – dans le rite de couronnement des tsars moscovites.

La seule foi chrétienne authentique est l’orthodoxie, l’unique gardienne de la foi est Moscou, incarnée par le souverain autocrate. La conception du pouvoir des souverains moscovites a pour fondement les succès remportés par Ivan III en politique extérieure et intérieure. En 1487, le chevalier allemand Nicolas Poppel rapporte à Nuremberg qu’au cours d’un voyage en Europe du Nord-Est, il a découvert la présence d’un État fort, indépendant : la Moscovie. L’empereur Frédéric III et les princes du Saint-Empire romain germanique l’écoutent, ébahis. Les marchands et les géographes connaissaient, bien sûr, l’existence de la grande-principauté de Moscou. Mais les informations concernant la puissance du jeune État et son indépendance arrachée au khan tatar, sont une surprise. Une bonne surprise, au demeurant, car aux frontières de l’empire, les Jagellons polonais font pression. Or, au dire de Poppel, la Moscovie est une ennemie de longue date de la Lituanie et de la Pologne. Le chevalier voyageur est aussitôt dépêché à Moscou, où il arrive en 1489, en qualité d’ambassadeur impérial. Frédéric III propose une alliance entre la fille d’Ivan et un de ses neveux, le markgrave Albert, lui offrant en échange le titre de roi. À la stupéfaction de l’émissaire impérial, la proposition est orgueilleusement refusée. Poppel rapporte, au nom du grand-prince, que les souverains moscovites, « nommés par Dieu », « n’ont jamais voulu d’investiture de personne et n’en veulent pas davantage aujourd’hui ». Un ambassadeur moscovite, dépêché à son tour auprès de l’empereur Frédéric III, déclare la même année à Francfort qu’il ne siérait pas au grand-prince d’accorder la main de sa fille à un simple markgrave, que le seul parti qui lui conviendrait serait Maximilien, l’héritier de l’empereur.

Au moment où Nicolas Poppel effectue son premier voyage, six ans se sont écoulés depuis que Moscou a formellement cessé d’être assujettie à la Horde d’Or. Huit ans plus tôt, Ivan III soumettait Novgorod, Moscou prenait en main les contacts avec l’Occident et déclarait son intention de prendre part à la lutte pour la suprématie dans la Baltique. L’Occident ne comprend pas encore l’importance de cette nouvelle force, il n’en mesure pas l’envergure.

3 Moscou et le monde

La période mérovingienne russe commence avec l’anéantissement du joug tatar (1480) et se poursuit jusqu’aux derniers Rurik et aux premiers Romanov, jusqu’à Pierre le Grand (1689-1725).

Oswald SPENGLER1.

Célèbre auteur du Déclin de l’Occident2, essai de morphologie de l’histoire mondiale – ainsi que Spengler qualifie son ouvrage –, le philosophe allemand émet l’hypothèse selon laquelle l’histoire russe des XVe-XVIe siècles correspondrait à l’histoire de France au temps des Mérovingiens (Ve-VIIIe siècles). En d’autres termes, l’histoire russe serait « en retard » sur l’histoire occidentale de quelque huit ou dix siècles. Spengler insiste : « Je conseille à chacun de lire l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours (avant 591), puis les chapitres correspondants du vieux Karamzine, en particulier tout ce qui concerne Ivan le Terrible, Boris Godounov et Chouïski. On ne saurait trouver plus de ressemblances. » L’auteur du Déclin de l’Occident songe ici aux incessantes guerres intestines menées par les rois francs et aux conflits les opposant à l’extérieur, qu’il juge analogues à la lutte des princes moscovites contre les princes patrimoniaux, puis au Temps des Troubles. On peut à loisir trouver des points communs entre le règne de Clovis (481-511) et celui d’Ivan III, mais ils n’expliquent pas grand-chose et ne démontrent rien.

L’idée de l’arriération de la Russie n’appartient pas à Oswald Spengler : il s’est contenté de l’exprimer clairement et de façon convaincante. Les voyageurs et diplomates, les artisans et mercenaires qui affluent, au XVe siècle, dans la principauté de Moscou, fournissent de très nombreux témoignages du « retard » de la Moscovie sur l’Occident. Les habitants de cet État en plein essor semblent eux-mêmes confirmer cette impression ; à ceci près qu’ils interprètent cette « arriération » comme une « différence », une « dissemblance ». Un sentiment qui ne quittera jamais la conscience russe. Ce peuple qui se rattache au monde chrétien – mais à sa branche orthodoxe – veut à la fois être partie intégrante du monde occidental, et demeurer à l’extérieur. La nécessité de rattraper l’Occident dans certains domaines, et avant tout celui des armes, est bien souvent perçue comme une volonté d’imiter les « Latins », ennemis de l’Église et de la vraie foi. Attirance et répulsion, intérêt et mépris, ce mélange de sentiments contradictoires définit les rapports de Moscou avec le monde extérieur. Mais ces sentiments déterminent aussi l’attitude du monde à l’égard de Moscou. Moscou fascine et effraie. Sous le règne d’Ivan III et de son successeur, les étrangers sont très nombreux à faire leur apparition dans la cité russe. On leur aménage un quartier spécial : la Nemetskaïa sloboda (le Faubourg des Allemands).

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)