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Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants

Электронная книга - «Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants». Краткое содержание книги:

Le kopje (mine de diamants) de Nelson’s Fountain était, ce jour-là, plus que jamais, plein de bruit et d’animation. À l’incessante activité habituellement déployée par les diggers de toute race, de toute couleur, avait brusquement succédé une sorte de frénésie dont un observateur attentif et de sang-froid eût promptement deviné la cause.
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– Nous sommes pressés, riposta Albert. Nous avons sur les talons une centaine de démons déchaînés avec lesquels nous désirons ne pas entrer en pourparlers.

– C’est que, moi aussi, je suis pressé. Tenez, gentlemen, troc pour troc. J’ai besoin d’un cheval, cédez-le-moi.

– Vous voulez rire...

– Non. Je sais qui vous êtes, d’où vous venez, et probablement où vous allez.

» J’ai disposé de votre bateau.

– Mille tonnerres ! s’écria Alexandre furieux. Vous avez fait de belle besogne. Mais vous voulez donc nous faire écharper !

– Non. Je vais vous sauver. J’ai conduit tout à l’heure deux Européens, vos compagnons, à cette petite île que vous voyez au milieu du courant, accrochée à l’extrême rebord de la barre rocheuse.

– Nos compagnons ?...

– Oui. Une espèce de missionnaire et un grand gaillard qui m’a paru, si je ne me trompe être un mineur.

» J’ai ramené l’embarcation, puis je l’ai cachée...

– Où l’avez-vous cachée ?

– Donnez-moi un cheval. Il est temps encore. Je saute en selle et j’emmène à ma suite la meute hurlante qui accourt à vous.

– C’est bien, dit Alexandre. Voici mon cheval. Où est le bateau ? N’essayez pas de nous tromper. Car, avant que vous ayez fait seulement trois cents mètres, je me charge de vous envoyer dans le dos une balle de huit à la livre.

– Inutile de me menacer. Je suis pris si vous ne me secourez pas, et réciproquement.

» Le bateau est là, à cent pas à peine dans cette touffe d’herbes géantes. Les rames sont plantées debout dans la vase, à l’avant.

– Albert, Joseph, pied à terre, reprit Alexandre en armant sa carabine. Courez à l’endroit indiqué, si vous trouvez l’embarcation, parée à marcher, appelez-moi.

» Sinon, je vous tue, vous qui nous aurez perdus.

L’homme haussa imperceptiblement les épaules, sans toutefois montrer son visage toujours hermétiquement enveloppé.

Deux cris joyeux retentirent bientôt :

– Le bateau... Voici le bateau... Et les rames.

– C’est bien, monsieur. Partez.

L’inconnu tira de sa ceinture un long bowie-knife, trancha sans mot dire le jarret des chevaux laissés par Albert et Joseph, et s’élança sur celui d’Alexandre.

– Pardonnez-moi, monsieur, cette besogne de boucher, mais la mutilation que je fais subir à ces pauvres bêtes, assure mon salut.

Un coup de vent écartait en même temps son couvre-nuque, et Alexandre pétrifié, apercevait un visage tellement semblable au sien, qu’il lui semblait voir sa propre image reflétée dans une glace.

Les mineurs se rapprochaient tumultueusement. Le temps pressait. Albert et Joseph avaient déjà pris place dans le bateau.

– Partez, monsieur, reprit l’inconnu. C’est la seconde fois que je devrai la vie à des Français et je ne l’oublierai pas.

– Mais, qui êtes-vous donc ?

– Les uns me regardent comme un bandit... quelques-uns, mais bien peu, voudraient faire de moi un héros, mais je suis plus modeste.

» N’importe ! La sanglante renommée qui s’attache à mon nom pourra vous attirer bien des déboires, car vous me ressemblez étrangement.

– Seriez-vous donc ?...

– Sam Smith, le Bushranger !

IV

Mosi oa tounya ou « la fumée qui tonne là-bas ». – Le Zambèze. – L’ancien empire du Monomotapa et l’Ophir de Salomon. – La chute Victoria. – Les îles du Haut-Zambèze. – Splendeurs de la nature. – L’île du Jardin. – Alexandre devenu canotier. – Joseph trouve sa vengeance incomplète. – Albert prétend, et avec raison, que son ami est du bois dont on fait les explorateurs. – Pendant l’échouage. – La légende des Batokas. – Sacrifices aux Barimos. – Les Pilons des Dieux. – Que signifie l’alignement de deux acacias, d’une île, et d’une aiguille basaltique.

Les émouvantes péripéties traversées par nos héros nous ont, jusqu’à présent, empêché de mentionner une particularité caractéristique, spéciale au lieu où se sont déroulées les premières scènes de leurs nouvelles aventures.

Cette particularité a pour objet un grondement sourd, continu, que l’on commence à percevoir nettement à seize kilomètres du point situé par 25° 41’ de longitude Est, et 17° 41’ 54’’ de latitude Sud, et qui devient d’autant plus intense que l’on approche davantage du Zambèze.

Ce grondement auquel d’épaisses colonnes de nuées planant sans cesse au même point, comme les fumées d’un cratère, pourraient faire attribuer une origine volcanique, est au contraire, produit par ce Niagara Sud-africain, appelé Mosi oa tounya « la fumée qui tonne là-bas », par les indigènes, et que Livingstone a baptisé, du nom de sa souveraine, cataractes Victoria.

Quel que soit le désir de l’auteur de décrire le plus tôt et le plus fidèlement possible cet admirable spectacle, il demandera au lecteur la faveur d’un temps d’arrêt bien court, afin de dire relativement au grand fleuve de l’Afrique Australe, quelques mots indispensables à la suite de notre histoire.

Le Zambèze, dont la source principale se trouve, d’après l’illustre voyageur anglais, un peu au-dessous du point où le 22° de longitude Est du méridien de Greenwich coupe le onzième parallèle Sud, descend du Nord au Sud, en obliquant légèrement vers l’Est, jusqu’à Seshéké, situé à environ cent vingt-cinq kilomètres des chutes Victoria. Il remonte ensuite vers le Nord-Est, mais sans dépasser 15° de latitude Sud, qu’il suit presque parallèlement pendant près de trois degrés et demi, et sans s’en écarter de plus de 40’. Il traverse alors le 33° méridien et oblique franchement vers le Sud-Est, pour se jeter dans le canal de Mozambique par plusieurs deltas, s’étendant entre les dix-huitième et dix-neuvième parallèles Sud et 36°, 37° de longitude Est.

De sa source à son embouchure, le Zambèze qui forme deux sinuosités représentant assez bien un S placé transversalement, offre un développement d’environ deux mille cinq cents kilomètres. Il porte, dans sa partie supérieure, le nom de Liambye, jusqu’à Seshéké où il prend l’appellation de Zambèze jusqu’à son embouchure.

Les noms d’Ambezi, Odjimbezi, Lonambedji, Louambezi, qu’il reçoit suivant les dialectes des peuples dont il traverse le territoire, ont contribué à répandre sur lui une obscurité que l’infatigable patience de Livingstone a en partie dissipée.

Le haut Zambèze ou Liambye, arrose le pays des Barotsés, des Banyétis et des Makololos dont Seshéké est la principale ville. Après avoir reçu un peu au-dessus de cette primitive cité le cours du Chobé, il se précipite d’une hauteur énorme dans cette fissure basaltique dont nous allons donner tout à l’heure la description, traverse le pays des Batokas, des Bapimpés, des Basizoulous, des Batougas et des Banyai, et baigne les établissements portugais de Tété et de Senna. Ses affluents très nombreux sont encore peu connus. Les plus importants sont, sur la gauche, le Nadschita, le Kafoué, le Loangwa dont le confluent est à Soumbo, et le Schiré qui sort du lac Nyassa. Sur la rive droite, ce sont la Liba, le Chobé, le Guaye et le Louje. Il se jette enfin dans le canal de Mozambique par quatre bouches principales formant un delta, et dont les plus importantes sont nommées Milambé, Kougoué, Louabo oriental et Monsélo.

Comme la plupart des fleuves africains, le Zambèze, obstrué de roches et coupé de cataractes, n’est pas navigable sur tout son parcours, bien que pendant la saison des pluies, les bateaux puissent franchir des points inaccessibles lors de la saison sèche. Telle la chute, de Kébrabâsa la plus importante après la cataracte Victoria, à laquelle les crues périodiques du fleuve donnent une hauteur de vingt-cinq mètres au-dessus de l’étiage. Elle pourrait, ainsi que celle de Moroumba, située en amont, être facilement dépassée par des embarcations qui auraient ainsi directement accès dans le Zambèze supérieur.

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