Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]
Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]

Электронная книга - «Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]». Краткое содержание книги:

Majipoor, planète géante, abrite des dizaines de milliards d’habitants, humains, Hjorts, Métamorphes, Vroons, Skandars et autres étrangers. Parce que les métaux y sont rares, la technologie y est presque absente. Mais on y excelle dans les arts et les aménités de la vie. Jeune saute-ruisseau, Hissune est entré au service du Pontife de Majipoor. Il a accès au Registre des Ames où des millions d’habitants de Majipoor ont déposé au fil de milliers d’années des enregistrements de leurs souvenirs.
II suffit de prendre une capsule, de la glisser dans une fente spéciale et, d’un seul coup, c’est comme si on était devenu la personne qui a fait l’enregistrement.
Hissune en prend une et une autre et une autre encore, et c’est comme s’il voyageait à travers les continents démesurés, les océans interminables de Majipoor, comme s’il explorait les plaines, les déserts, les montagnes, les villes, les palais et les âmes aussi.
1 ... 55 56 57 58 59 60 61 62 63 ... 94
Перейти на страницу:

Il la peignit jour après jour, jusqu’à ce qu’il ait utilisé toutes ses toiles qu’il accrochait partout à l’intérieur de la hutte. Sarise et le dwikka, Sarise dans la prairie, Sarise sur le fond laiteux du brouillard vespéral, Sarise au crépuscule, verte sur l’arrière-plan pourpre. Il lui était impossible de préparer plus de toiles, mais il essaya. Cela n’avait pas vraiment d’importance. Ils commencèrent à partir ensemble pour de longues promenades d’exploration, descendant un cours d’eau puis un autre, s’enfonçant dans des parties reculées de la forêt, et elle lui montrait de nouveaux arbres et de nouvelles fleurs et les animaux de la jungle, lézards aux longues dents, vers dorés fouisseurs, lourds et sinistres amorfibots passant la journée à dormir dans des lacs fangeux. Ils se parlaient peu ; le moment de répondre aux questions était passé et les mots n’étaient plus utiles.

Les jours se succédaient, et les semaines, et dans cette contrée sans saisons il était difficile de mesurer le temps. Il s’écoula peut-être un mois, peut-être six. Ils ne rencontraient personne. Elle lui confia que la jungle était remplie de Métamorphes, mais ils gardaient leurs distances et elle espérait qu’ils les laisseraient seuls à jamais.

Un après-midi de crachin tenace, il sortit pour inspecter ses pièges, et quand il revint une heure plus tard, il comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas. Au moment où il atteignait la hutte, quatre Métamorphes en sortirent. Il était sûr que l’un d’eux était Sarise, mais il n’aurait su dire lequel.

— Attendez ! s’écria-t-il quand ils passèrent devant lui.

Il courut après eux.

— Que lui voulez-vous ? Lâchez-la ! Sarise ? Sarise ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?

Un instant, l’un des Métamorphes oscilla et il vit la jeune fille aux cheveux auburn, mais rien qu’un instant ; et ce furent de nouveau quatre Métamorphes glissant comme des fantômes vers les profondeurs de la jungle. La pluie devint plus forte et une épaisse nappe de brouillard s’étira devant lui, interdisant toute visibilité. Nismile s’arrêta à la lisière de la clairière, tendant désespérément l’oreille pour entendre des bruits par-dessus le crépitement de la pluie et le halètement sonore du cours d’eau. Il s’imagina entendre quelqu’un pleurer ; il crut entendre un cri de douleur, mais cela aurait pu être n’importe quelle autre sorte de bruit de la forêt. Il n’avait aucun espoir de suivre les Métamorphes dans cette zone impénétrable d’épais brouillard blanc.

Il ne revit jamais Sarise, ni aucun autre Métamorphe. Il espéra pendant quelque temps rencontrer des Changeformes dans la forêt et se faire tuer par eux avec leurs petits poignards polis, car la solitude était intolérable. Mais cela ne se produisit pas, et quand il devint évident qu’il vivait dans une sorte de quarantaine, isolé non seulement de Sarise – si elle était encore en vie – mais également coupé de tout commerce avec le peuple Métamorphe, il se sentit incapable de rester plus longtemps dans la clairière près du cours d’eau. Il roula ses tableaux de Sarise, démonta soigneusement sa hutte et entreprit le long et périlleux voyage qui allait le ramener à la civilisation. Il atteignit le pied du Mont du Château une semaine avant son cinquantième anniversaire. Il découvrit qu’en son absence lord Thrayn était devenu Pontife et que le nouveau Coronal était lord Vildivar, un homme de peu d’inclination pour les arts. Nismile loua un atelier de peintre à Stee sur la rive du fleuve et se remit à exercer son art. Il ne travaillait que de mémoire : des scènes sombres et inquiétantes de la vie de la jungle, montrant souvent des Métamorphes tapis au second plan. Ce n’était pas le genre d’œuvres susceptible de lui assurer une popularité sur la planète riante et éthérée qu’était Majipoor et Nismile eut beaucoup de peine à trouver des acheteurs au début. Mais à la longue ses peintures lui valurent la faveur du duc de Qurain qui avait commencé à se lasser de radieuse sérénité et de perfection des proportions. Sous le patronage du duc, les œuvres de Nismile devinrent à la mode et pendant la dernière partie de sa vie tout ce qu’il produisait se vendait facilement.

Il était beaucoup imité mais jamais avec succès et il était l’objet de nombreux essais critiques et études biographiques.

— Vos tableaux sont si tumultueux et si étranges, lui dit un jour un érudit. Avez-vous inventé une méthode pour travailler à partir des rêves ?

— Je ne travaille que de mémoire, répondit Nismile.

— Une mémoire marquée par la souffrance, si je puis me permettre de hasarder une opinion.

— Pas du tout, répliqua Nismile. Tout mon travail est conçu pour m’aider à recréer une période de joie, une période d’amour, les moments les plus heureux et les plus précieux de ma vie.

Son regard se perdit dans le vide, au-delà de son interlocuteur, vers des brumes lointaines, épaisses et douces comme de la laine, qui formaient des volutes entre des bouquets d’arbres hauts et minces reliés par un réseau enchevêtré de plantes grimpantes.

VII. Crime et châtiment

Cet épisode le ramène au début de ces explorations des archives. Exactement comme Thesme et le Ghayrog, une autre idylle dans la foret, l’amour entre un humain et un non-humain. Pourtant les similitudes ne sont que superficielles, car c’étaient des gens très différents dans des circonstances très différentes. À l’issue de cette histoire, Hissune estime avoir compris de manière raisonnablement satisfaisante le peintre d’âme Therion Nismile – dont il paraît que certaines œuvres sont encore exposées dans les galeries du Château de lord Valentin – mais la Métamorphe reste un mystère pour lui, un mystère peut-être aussi grand qu’elle l’avait été pour Nismile. Il vérifie dans le catalogue s’il existe des enregistrements d’âmes de Métamorphes, mais c’est sans étonnement qu’il découvre qu’il n’y en a aucun. Les Changeformes refusent-ils les enregistrements, est-ce le dispositif qui est incapable de recueillir les émanations de leur esprit, ou bien sont-ils tout simplement bannis des archives ? Hissune ne le sait pas et il lui est impossible de le découvrir. Avec le temps, se dit-il, toutes les questions recevront une réponse. En attendant, il y a beaucoup d’autres choses à découvrir. Les activités du Roi des Rêves, par exemple – il lui faut en apprendre beaucoup plus long sur ce sujet. Depuis mille ans, la tâche de fouailler l’esprit des criminels dans leur sommeil incombe aux descendants des Barjazid. Hissune se demande comment cela s’effectue. Il furète dans les archives et la chance lui offre bientôt l’âme d’un hors-la-loi, camouflé sous les traits banals d’un commerçant de la cité de Stee…

Le crime fut étonnamment facile à commettre. Le petit Gleim était debout devant la fenêtre ouverte de la petite chambre à l’étage de l’auberge de Vugel où Haligome et lui avaient convenu de se rencontrer. Haligome était près du lit. La discussion était difficile. Haligome demanda une fois de plus à Gleim de réfléchir.

— Vous perdez votre temps et me faites perdre le mien, dit Gleim en haussant les épaules. Vos arguments ne valent absolument rien.

C’est à ce moment-là que Haligome eut l’impression que Gleim et Gleim seul se dressait entre lui-même et la tranquillité qu’il estimait mériter, que Gleim était son ennemi, son tourmenteur, son persécuteur. Haligome marcha calmement vers lui, si calmement que Gleim ne fut manifestement pas le moins du monde alarmé, et, d’un mouvement lent, il poussa subitement Gleim par-dessus l’appui de la fenêtre.

Gleim eut l’air stupéfait. Il resta comme suspendu en l’air pendant un moment extraordinairement long, puis il tomba vers la rivière au cours rapide qui coulait au bord de l’auberge, frappa la surface de l’eau en éclaboussant à peine et fut promptement entraîné vers les contreforts lointains du Mont du Château. En quelques secondes, il avait disparu.

1 ... 55 56 57 58 59 60 61 62 63 ... 94
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)