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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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— Elle le désirait tellement ce petit, son premier. Tu te souviens, Iza, comme elle était heureuse de se savoir enceinte ? Ne peux-tu rien faire ? demanda Ayla.

— Je ferai ce que je pourrai. Mais tu sais, Ayla, il est des circonstances devant lesquelles nous sommes impuissantes, répondit la guérisseuse. Tout le clan se sentit concerné par l’accouchement prématuré de la compagne de Goov. Les femmes firent leur possible pour la réconforter, tandis que les hommes attendaient, anxieux, à quelque distance. Ils avaient perdu un trop grand nombre des leurs au cours du tremblement de terre pour ne pas espérer voir le clan se renouveler. Si les enfants constituaient pour le moment de nouvelles bouches à nourrir, ils subviendraient plus tard aux besoins de leurs parents devenus vieux. Aussi se sentaient-ils profondément affligés à la pensée qu’Ovra n’accoucherait probablement pas d’un enfant vivant.

Goov, quant à lui, était beaucoup plus préoccupé par l’état de santé de sa compagne que par celui de l’enfant. Il ne supportait pas de la voir souffrir et se lamentait de se trouver impuissant à la soulager. De son côté, Ovra était peinée d’être la seule femme du clan à ne pas avoir d’enfant. Même Iza, en dépit de son âge, en avait un.

Droog, pour sa part, comprenait mieux que personne les sentiments de Goov ; il les avait lui-même éprouvés envers la mère de ce dernier. Le vieil homme s’était peu à peu habitué à sa nouvelle famille qu’il appréciait grandement. Il espérait même intéresser le petit Vorn à la taille des outils ; quant à Ona, elle faisait sa joie, surtout depuis qu’elle était sevrée et commençait à imiter à sa manière le comportement des adultes.

Ebra et Uka étaient assises auprès d’Ovra, tandis qu’Iza préparait les potions. Uka, qui s’était réjouie de la maternité de sa fille, lui tenait la main avec compassion. Oga était allée préparer le repas pour Brun, ainsi que pour Grod et Broud, après avoir proposé à Goov de se joindre à eux. Mais celui-ci avait décliné son offre, car il se sentait incapable d’avaler une bouchée. Il préféra se rendre au foyer de Droog, où Aba réussit à lui faire grignoter quelques morceaux de viande.

Oga, qui s’inquiétait pour Ovra, n’avait pas le cœur à ce qu’elle faisait, et au moment où elle servait aux hommes un bol de soupe brûlante, elle trébucha et renversa le liquide bouillant sur le bras et l’épaule de Brun. Celui-ci poussa un hurlement et se releva en se tordant de douleur. Un silence pesant s’abattit sur l’assemblée.

— Oga ! Espèce d’abrutie ! aboya Broud en gesticulant comme un forcené.

— Ayla, va soigner Brun, je ne peux pas laisser Ovra maintenant, dit Iza.

Broud s’avança vers sa compagne, les poings serrés, prêt à la corriger.

— Non, Broud, s’interposa Brun. C’est un accident, cela ne servirait à rien de la battre.

Oga, recroquevillée aux pieds de Broud, tremblait de peur et de honte.

L’angoisse étreignait Ayla. Jamais encore il ne lui était arrivé de devoir soigner le chef du clan. Elle se précipita au foyer de Creb où elle prit un bol en bois, puis courut à l’entrée de la caverne. Elle se présenta bientôt aux pieds de Brun, tenant l’écuelle pleine de neige.

— C’est Iza qui m’envoie. Elle doit rester au chevet d’Ovra. Le chef se laisserait-il soigner par la petite fille qui est devant lui ? demanda-t-elle après que Brun l’eut autorisée à parler.

Brun acquiesça. Il n’était pas convaincu des capacités d’Ayla comme guérisseuse, mais les circonstances ne lui laissaient pas d’alternative. Ayla recouvrit fébrilement de neige la brûlure à vif, et sentit aussitôt les muscles de Brun se détendre au contact de la fraîcheur apaisante. Puis elle courut chercher des feuilles de menthe sèches qu’elle trempa dans de l’eau chaude pour les ramollir. Revenue auprès de son patient, elle lui appliqua le cataplasme sur le bras. La respiration de Brun se fit beaucoup plus régulière et, si la brûlure le faisait encore souffrir, la douleur avait sensiblement décru. Il adressa un signe de tête approbateur à la fillette, qui poussa un soupir de soulagement.

Quelques instants plus tard, Ebra vint prévenir son compagnon que le fils d’Ovra était mort-né. Brun hocha la tête et jeta un coup d’œil en direction de la jeune femme. Et c’était un garçon ! pensa-t-il. Elle doit en avoir le cœur brisé, elle avait tellement désiré cet enfant ! Néanmoins, malgré toute sa compassion, il ne fit aucun commentaire, personne n’étant autorisé à parler de ce malheur. Mais Ovra comprit les sentiments de Brun à son égard lorsque, quelques jours plus tard, il se présenta à leur foyer pour lui recommander de bien se reposer. Si les hommes avaient coutume de se réunir fréquemment au foyer de Brun, le chef se rendait très rarement chez les autres membres du clan, et il était encore plus exceptionnel qu’il adressât la parole à une femme. Aussi touchée fût-elle par ce témoignage de sollicitude, Ovra demeurait néanmoins inconsolable.

Iza tint à ce qu’Ayla continue de soigner les brûlures de Brun, et le clan constata avec plaisir que la blessure de leur chef se cicatrisait parfaitement. Quant à Ayla, elle fut désormais moins impressionnée en présence de Brun. Après tout, il n’était qu’un homme.

12

Tandis que le long hiver touchait à sa fin, le rythme de la vie du clan s’accélérait à l’unisson de la nature renaissante. Avec l’adoucissement de la température, chacun se sentait impatient de sortir de la léthargie dans laquelle l’avait confiné la saison froide. Iza distribua à la ronde une potion à base d’armoise commune, de feuilles sèches de reine-des-bois et de parelle[7], qu’elle administra aux jeunes comme aux vieux, afin de leur communiquer une vigueur nouvelle.

Ce troisième hiver passé dans la caverne ne s’était pas révélé trop pénible. La seule perte à déplorer était l’enfant mort-né d’Ovra, ce qui en fait ne comptait guère puisque le bébé n’avait pas été nommé ni reconnu. Iza, qui n’avait plus besoin d’allaiter son enfant, avait bien supporté les froids. Creb, pour sa part, n’avait pas plus souffert que de coutume. Aga et Ika étaient de nouveau enceintes, à la grande satisfaction de tous. Les premières pousses furent cueillies et une chasse fut prévue en vue d’un festin printanier destiné à rendre grâce aux esprits qui avaient ressuscité la nature et permis au clan de traverser sans encombre un autre hiver.

Ayla éprouvait une infinie reconnaissance envers son totem. L’hiver avait été pour elle à la fois rude et plaisant. Si elle détestait Broud plus férocement que jamais, elle avait du moins réussi à se contenir devant lui. Et puis elle avait pris grand plaisir à apprendre comment préparer les remèdes d’Iza. Plus elle avançait dans ses connaissances, plus elle désirait savoir. Elle était impatiente d’aller cueillir des herbes, mais cette fois pour leur usage propre, et non plus comme un prétexte à s’éloigner de la caverne. Enfin, elle attendait avec une fiévreuse impatience le départ des vents froids et des blizzards pour se mettre à chasser.

Dès que le temps le lui permit, Ayla prit la direction des bois et des collines. Désormais, elle ne cachait plus sa fronde dans la petite grotte derrière les noisetiers. Elle la gardait sur elle, dissimulée dans un des replis de sa fourrure ou sous une couche de feuilles au fond de son panier. Au début, elle eut du mal à retrouver le coup de main et à ajuster son tir. Les animaux se révélaient prestes et agiles, et les cibles mouvantes autrement plus difficiles que les cibles immobiles. Il lui fallut aussi se défaire de la fâcheuse habitude qu’avaient les femmes de faire du bruit, quand elles partaient en cueillette, pour effrayer les bêtes qui pouvaient se trouver clans les parages. Combien de fois s’en voulut-t-elle d’avoir averti un animal de sa présence en le voyant disparaître dans un fourré. Mais elle était déterminée, et elle apprit vite.

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7

ou Patience crépue. Plante voisine de l’oseille, à racines toniques. (NScan)

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