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Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
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Si j’étais plus jeune, pensait Zoug, et encore capable de chasser, je la prendrais pour compagne le moment venu. Elle aura bientôt besoin d’un compagnon et, laide comme elle est, elle risque d’avoir le plus grand mal à en trouver un. Mais elle est jeune, forte et respectueuse. J’ai des parents dans d’autres clans ; si je m’en sens la force, j’irai au prochain Rassemblement, et je parlerai en sa faveur. Ses propres désirs ne comptent pas, mais je comprendrais très bien qu’elle n’ait pas envie de demeurer ici lorsque Broud sera le chef.

J’espère que je ne serai plus de ce monde quand Brun cédera sa place, songeait encore Zoug, qui n’avait pas oublié l’agression de Broud. Il n’aimait pas ce garçon et le trouvait cruel envers cette fillette pour laquelle il se prenait peu à peu d’affection. Elle méritait d’être mise au pas mais la sévérité elle-même avait des limites que Broud dépassait de beaucoup. Oui, je parlerai en sa faveur, et si je ne peux me déplacer, j’enverrai un message. Si seulement elle n’était pas si laide...

La situation d’Ayla, aussi pénible fût-elle, n’était pas totalement déplaisante. Les activités s’étaient singulièrement ralenties, et les corvées devenaient rares. Broud lui-même avait du mal à trouver quelque travail à lui donner. Avec le temps, il commença de se lasser et, faute de recevoir la moindre opposition, il relâcha son emprise. Une autre raison aida également Ayla à trouver l’existence supportable.

Au début de l’hiver, cherchant de bonnes raisons de garder Ayla dans les limites protectrices du foyer de Creb, Iza avait décidé de commencer à lui enseigner la préparation et l’utilisation des plantes. Le désir d’apprendre de son élève obligea vite Iza à organiser des leçons régulières, et même à regretter de ne pas s’y être prise plus tôt, tandis qu’elle prenait pleinement conscience de l’intelligence d’Ayla, si différente de celle du Peuple du Clan.

Si Ayla avait été sa propre fille, elle n’aurait eu qu’à lui rafraîchir la mémoire et faire resurgir les souvenirs enfouis dans son esprit et lui apprendre à les utiliser. Mais Ayla devait enregistrer la somme des connaissances qu’Uba avait héritées à sa naissance. Aussi Iza était-elle obligée de revenir maintes fois sur le même sujet et de lui poser des questions pour s’assurer qu’elle avait bien compris. Iza tirait son savoir de sa mémoire aussi bien que de sa propre expérience et elle s’étonnait elle-même de l’étendue de ses connaissances. Aussi le handicap de la fillette lui apparaissait-il parfois comme insurmontable, et elle aurait peut-être abandonné si Ayla ne s’était montrée aussi curieuse et avide d’apprendre. Par ailleurs, Iza était bien déterminée à lui procurer une position assurée dans le clan, et les leçons se poursuivaient régulièrement tous les jours.

— Avec quoi soigne-t-on les brûlures, Ayla ?

— Euh... avec une quantité égale de fleurs d’hysope, de verge d’or et de rudbeckie séchées et réduites en poudre. Puis on les humecte pour en faire un cataplasme que l’on recouvre d’un bandage. Quand il est sec, il faut l’humidifier de nouveau en versant de l’eau froide sur le bandage, récita-t-elle précipitamment. Les fleurs et les feuilles de menthe sont excellentes contre les brûlures par l’eau bouillante ; il faut les mouiller et les appliquer à l’endroit douloureux. Les racines de lis des marais font aussi une bonne lotion contre les brûlures.

— Très bien, quoi d’autre ?

La fillette réfléchit quelques instants.

— L’hysope géant aussi. Mâcher les feuilles et la tige pour en faire un cataplasme ou alors humecter les feuilles sèches. Et... ah oui ! les fleurs de chardons jaunes, bouillies. Les appliquer en lotion après les avoir fait refroidir.

— C’est un remède excellent contre toutes les maladies de la peau, Ayla. Et n’oublie pas que les cendres de prêle mélangées à de la graisse font aussi un onguent efficace contre les brûlures.

Ayla commença également à se charger de la préparation des repas sous la direction d’Iza. Elle apprit sans déplaisir à se plier aux exigences que l’âge imposait à Creb. Elle se donna du mal pour moudre ses céréales suffisamment fin afin que ses dents abîmées puissent les mâcher plus facilement. Elle coupait les noix en petits morceaux avant de les lui servir. Iza lui apprit à préparer des potions analgésiques et des cataplasmes pour le soulager de ses rhumatismes, et Ayla se spécialisa dans la préparation de ces remèdes pour les autres membres du clan dont les maux empiraient invariablement avec leur réclusion hivernale dans la caverne humide et froide.

Pour la première fois Ayla assista la guérisseuse, et leur premier patient fut Creb.

C’était le milieu de l’hiver. Les lourdes chutes de neige obstruaient l’entrée de la caverne sur une hauteur de plus de trois mètres. Ce mur de neige isolait l’intérieur de la grotte où l’on entretenait du feu en permanence, mais le vent s’engouffrait par la large ouverture au-dessus de la congère. Creb était de fort méchante humeur, passant d’un silence têtu à des grognements bougons. Son comportement décontenançait Ayla, mais Iza avait deviné que le vieil homme souffrait d’un mal de dents particulièrement douloureux.

— Creb, pourquoi ne me laisses-tu pas regarder cette dent ? demanda Iza.

— Ce n’est rien qu’une mauvaise dent qui me fait souffrir un peu. Crois-tu que je ne puisse pas supporter la douleur, femme ? aboya Creb.

— Oui, Creb, répondit Iza, la tête baissée.

Le vieil homme s’en voulut aussitôt de sa rudesse.

— Iza, je sais bien que tu cherches à m’aider.

— Si tu me laissais voir, je pourrais peut-être te donner quelque chose qui te soulagerait. Mais il faut que je t’examine pour cela.

— Qu’y a-t-il donc à voir ? dit-il par gestes. Une mauvaise dent n’est qu’une mauvaise dent. Fais-moi donc plutôt une infusion d’écorce de saule, grommela Creb, puis il s’assit sur sa fourrure et détourna la tête.

Iza s’en fut préparer l’infusion en secouant la tête d’un air de dépit.

— Femme ! appela Creb un instant plus tard. Et cette infusion ? C’est bien long. Comment pourrais-je méditer avec cette douleur ?

Iza se précipita avec une coupe en os, tout en faisant signe à Ayla de la suivre.

— Voici l’infusion, mais je doute qu’elle te soit d’un grand secours, Creb. Veux-tu me laisser voir cette dent ?

— D’accord, d’accord, Iza. Voilà, regarde.

Il ouvrit la bouche et désigna de son index la dent malade.

— Vois-tu comme le trou est profond, Ayla ? La gencive est enflée, et infectée. J’ai peur qu’il ne faille arracher cette dent, Creb.

— L’arracher ! Tu demandes à la voir pour savoir ce qu’il faut me donner comme médecine. Tu n’as pas parlé de l’arracher. Eh bien, maintenant que tu l’as vue, donne-moi donc quelque chose contre la douleur, femme !

— Oui, Creb, dit Iza. Bois donc cette infusion de saule. Ayla observait l’échange avec des yeux emplis de stupeur.

— Tu disais que cette infusion ne me serait d’aucun secours, fit remarquer Creb.

— C’est vrai. Tu pourrais mastiquer un bout de racine de lis des marais, mais là encore je ne pense pas que ce soit très efficace.

— Ah ! Tu fais une fameuse guérisseuse ! Même pas fichue de soigner un simple mal de dents, bougonna Creb.

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