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Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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Tout autour de lui, les soldats de la 78e continuent à grimper comme une meute enragée, franchissant les obstacles en hurlant. L’effet de surprise étant maintenant dissipé, les tirs provenant de la crête semblent s’organiser davantage, faisant mouche plus souvent. Tancrède n’a pu vu beaucoup de ses hommes tomber, mais il sait que peu atteindront la ligne de crête. Il jette un rapide regard circulaire pour trouver Liétaud. Le jeune Classe 3 se trouve à une trentaine de mètres sur la gauche parmi les premiers rangs. Comme d’habitude, la fatigue ne semble pas avoir prise sur lui ; il grimpe la pente à grandes enjambées en arrosant la crête de décharges T-farad tout en zigzaguant de manière à ne pas offrir une cible trop facile.

Inspirant un grand coup, Tancrède s’élance à nouveau, manque de déraper sur une pierre rendue glissante par la pluie, retrouve son équilibre en bloquant l’autre pied sur un rocher et repart en hurlant comme ses hommes.

Engilbert suit le mouvement général depuis les rangs arrière, l’écran dirSat replié afin de pouvoir utiliser son arme. Il sert ainsi de soutien aux troupes les plus exposées en harcelant les ennemis de ses tirs en arc de cercle. Il a très peu de chance de toucher quiconque, mais son rôle consiste davantage à gêner l’unité adverse qu’à en réduire les effectifs.

Au terme de vingt minutes de combats acharnés, ce qui reste de la 78e atteint enfin la crête. Ils ne sont plus que seize.

L’affrontement devient alors sauvage. Les hommes se jettent les uns sur les autres, roulant dans la boue en d’âpres étreintes, tentant de détourner la gueule d’un canon s’approchant un peu trop de leur flanc ou de leur tête, les uns luttant pour gagner quelques mètres de terrain, les autres pour les conserver.

Le lieutenant Van Nizan est totalement désemparé. Comment une situation si simple pour son unité a-t-elle pu basculer aussi rapidement dans un tel chaos ? Quelques minutes plus tôt, ses hommes étaient encore en train de vider leurs chargeurs en contrebas comme au stand de tir, et maintenant, voilà qu’ils se retrouvent engagés dans un combat au corps à corps beaucoup plus périlleux. Même si cela ne les empêchera pas de gagner, Van Nizan sait qu’ils y perdront beaucoup de points.

Par-dessus tout, il est humilié. Il n’aurait pas dû attendre si longtemps avant de tenter un encerclement. Il sait que la réputation de Tancrède l’a empêché de prendre une décision et cela le met en rage. Au diable cet homme et ses tactiques impossibles ! Aucun soldat sensé ne serait monté à l’assaut de la crête ! Personne ne pouvait prévoir une chose pareille.

Soudain, voilà que cet ennemi exaspérant apparaît, franchissant les derniers mètres de la côte le visage empreint d’une ardeur guerrière. Il bondit de roc en roc, déchargeant son arme sur les soldats de la 34e comme sur de simples cibles en carton, esquivant les coups et les tirs sans la moindre difficulté apparente. Le combat le transfigure. Certains hommes cessent même de combattre en le voyant évoluer sur le champ de bataille, saisis par le spectacle de cet homme à côté duquel les autres paraissent gauches et lourds.

Fou de rage, Van Nizan s’élance vers Tancrède, fermement décidé à tout tenter pour l’arrêter. Il court à vive allure pour couper sa trajectoire, contourne un bloc imposant qui le cache à sa vue pendant un court instant puis émerge à nouveau de l’autre côté sans que Tancrède ait remarqué sa course. Van Nizan le met en joue puis tire en rafale. Mais l’autre se déplace trop vite et des touffes d’étincelles jaillissent sur les pierres autour de lui sans que les décharges T-farad ne l’atteignent. Un soldat de la 34, plus près que son chef, se met en chasse de Tancrède à son tour.

Pestant contre l’essoufflement qui l’empêche de viser correctement, Van Nizan se précipite dans les pas du lieutenant normand et grimpe d’un bond au somment d’un rocher. Il ajuste à nouveau Tancrède et tire. Mais cette fois, celui-ci avait anticipé la manœuvre. Il se retourne en pleine course et saisit par le col le soldat qui tentait vainement de le suivre. Pilant brutalement, il laisse son inertie faire l’effort à sa place et propulse le soldat ébahi devant lui. Le malheureux est aussitôt fauché par la rafale de son propre lieutenant qui n’a pas eu le temps de réajuster son tir.

En trois grandes enjambées, Tancrède est sur Van Nizan. Il saute sur son rocher et le heurte en plein plexus. Van Nizan est projeté au sol et atterrit dans un creux étroit entre deux blocs. Il a le souffle coupé et les oreilles qui bourdonnent. Son champ de vision est totalement obstrué par les rocs et la seule chose qu’il voit, c’est Tancrède de Tarente qui l’ajuste avec son arme du haut de son perchoir. Il est frappé par le calme que reflète le visage du Méta-Guerrier. Tous les muscles de son corps se contractent dans l’attente de la décharge fatale qui va bientôt le terrasser. Le temps se dilate et cet instant semble durer une éternité.

À l’arrière, Dudon arrive péniblement au terme de l’ascension. Il suit de près Engilbert qui court quelques mètres devant lui. Les hasards du combat l’ont poussé peu à peu sur une position désaxée par rapport au front principal. Il a donc essuyé peu de tirs directs et jubile à l’idée de jaillir dans la mêlée dès qu’il aura franchi les derniers mètres.

Subitement, Engilbert se retourne en lui faisant de grands signes et lui crie quelque chose. Perturbé par le bruit de sa propre respiration, Dudon ne saisit pas les mots du répartiteur. Soudain, une gerbe bleue explose derrière Engilbert, le projetant plusieurs mètres plus bas, droit sur lui. Le choc frontal les catapulte sur un groupe de rochers saillants. Le jeune soldat, pris entre le corps massif du répartiteur et l’enclume minérale derrière lui, expulse violemment l’air de ses poumons et reste sonné quelques secondes.

Son fusil T-farad dégringole plus bas, heurtant plusieurs pierres au passage, puis s’immobilise dans un creux du terrain. Personne ne remarque qu’un homme le ramasse, ouvre la trappe située sous l’arme, tire le verrou de blocage afin de réinitialiser le système de sécurité, puis le bascule en mode guerre. Un voyant d’alerte se met à clignoter en émettant un bip strident. D’un geste rapide, l’homme fracasse alors l’afficheur sur un rocher comme si l’arme était tombée dessus et le signal sonore s’arrête aussitôt.

Dudon parvient enfin à repousser le corps imposant d’Engilbert, désormais inerte. Le tir que le répartiteur a reçu en plein milieu du dos lui a été fatal. Dudon se relève avec peine, vérifie rapidement qu’il n’a pas de fracture, descend jusqu’à son arme, la ramasse, puis repart à l’assaut, plus déterminé que jamais. Quelques pas lui suffisent pour atteindre la crête.

Il saute sur un roc, lève son arme et vise deux soldats de la 34e qui canardent ses amis en restant à l’écart de la mêlée. Comme il a appris à l’entraînement que le meilleur moyen de toucher quelque chose avec une arme automatique est de tirer une rafale sur le sol et de remonter vers la cible, il vise plusieurs mètres devant les hommes. Mais cette fois, lorsque les décharges T-farad atteignent le sol, au lieu des habituelles gerbes de particules bleues caractéristiques du mode entraînement des armes, ce sont de fulgurantes bulles d’énergie d’un blanc bleuâtre qui se produisent. Une série d’explosions claque dans l’air. Le souffle fauche une dizaine d’hommes alentour et une brèche déchire le sol dans un fracas de pierres brisées et de métal tordu.

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