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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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« Fais-moi reculer encore ces gens ! » cracha Randolph à Morrison. Et comme ce dernier se tournait pour s’exécuter, il ajouta : « Reculez, tout le monde ! Donnez-leur de l’air ! »

Morrison hurla à son tour : « Officiers, tous en ligne ! Repoussez-les ! S’il y en a qui résistent, les menottes ! »

La foule commença à battre lentement en retraite. Barbie s’attarda. « Mr Everett… Rusty… avez-vous besoin d’aide ? Ça ira ?

— Ça ira », répondit Rusty.

Et son visage dit à Barbie tout ce qu’il avait besoin de savoir : l’assistant allait bien, il n’avait qu’un nez en sang. Le gosse, lui, n’allait pas bien du tout, et n’irait plus jamais bien, même s’il s’en sortait. Rusty posa un nouveau tampon sur l’orbite sanguinolente du gamin et remit la main du père dessus. « La nuque. Appuyez fort. Fort. »

Barbie commença à reculer, mais Rory, à ce moment-là, se mit à parler.

3

« C’est Halloween. Vous ne pouvez pas… on ne peut pas… »

Rusty, qui roulait un nouveau morceau de chemise en boule pour en faire une compresse, resta pétrifié. Il se retrouva soudain dans la chambre de sa fille, entendant Janelle crier, C’est la faute de la Grande Citrouille !

Il regarda Linda. Elle avait entendu, elle aussi. Elle ouvrait de grands yeux dans un visage qui avait perdu toutes ses couleurs.

« Linda ! aboya Rusty. Ton talkie-walkie ! Appelle l’hôpital ! Dis à Twitchell de prendre l’ambulance…

— Le feu ! » hurla Rory Dinsmore d’une voix suraiguë, tremblante. Lester le regardait comme Moïse avait sans doute dû regarder le Buisson ardent. « Le feu ! Le bus est en feu ! Tout le monde crie ! Faites gaffe à Halloween ! »

Le silence s’était fait dans la foule qui écoutait le garçon délirer. Big Jim lui-même l’entendit alors qu’il rejoignait l’attroupement et commençait à se frayer un chemin au milieu.

« Linda ! hurla Rusty, ton talkie-walkie ! On a besoin de l’ambulance ! »

Elle sursauta et décrocha le talkie-walkie de sa ceinture.

Rory tomba tête la première dans l’herbe, secoué par des spasmes.

« Qu’est-ce qui lui arrive ? » (Le père.)

— Oh Seigneur Jésus, il va mourir ! » (La mère.)

Rusty retourna le corps agité de tremblements et de secousses (essayant de ne pas penser à sa fille, ce faisant, mais c’était bien entendu impossible) et lui redressa le menton pour dégager les voies aériennes.

« Allez, papa, dit Rusty. Ne me laissez pas tomber maintenant. Appuyez sur la nuque. Compression de la plaie. Il faut arrêter l’hémorragie. »

La compression risquait d’enfoncer encore plus le fragment qui avait emporté l’œil du gamin, mais Rusty s’en occuperait plus tard. À condition, bien entendu, que le gosse ne meure pas avant, là, dans l’herbe.

De tout près — et pourtant de si loin —, l’un des soldats finit par dire quelque chose. Il avait à peine vingt ans et paraissait terrifié et désolé. « On a essayé de l’arrêter. Il ne nous a pas écoutés. Nous ne pouvions rien faire. »

Pete Freeman, son Nikon pendant contre son genou au bout de sa lanière, adressa un sourire plein d’une singulière amertume au jeune guerrier. « Je crois que nous le savons. Et si nous ne le savions pas avant, maintenant on en est sûrs. »

4

Avant que Barbie ait le temps de se fondre dans la foule, Mel Searles l’avait empoigné par le bras.

« Lâchez-moi », dit Barbie d’un ton calme.

Searles montra les dents — sa façon de sourire. « Dans tes rêves, branleur. » Puis il éleva la voix : « Chef, hé, chef ! »

Peter Randolph se tourna d’un geste impatient vers lui, sourcils froncés.

« Ce type s’est interposé pendant que j’essayais de sécuriser la scène. Je peux l’arrêter ? »

Randolph ouvrit la bouche, peut-être pour dire ne me fais pas perdre mon temps. Puis il regarda autour de lui. Jim Rennie avait finalement rejoint le petit groupe qui entourait Rusty Everett. Rennie eut pour Barbie le regard d’un reptile qu’on vient de réveiller sur sa pierre, puis il se tourna vers Randolph et hocha légèrement la tête.

Mel s’en aperçut. Son sourire s’élargit. « Jackie ? Officier Wettington, je veux dire. Je peux t’emprunter une paire de menottes ? »

Junior et le reste des auxiliaires souriaient aussi. C’était mieux que de regarder le gosse qui pissait le sang, beaucoup mieux que de rembarrer des chanteurs d’hymnes tarés et des excités porteurs de panneaux. « Remboursé avec tous les intérêts, Baaarbie », dit Junior.

Jackie Wettington paraissait mal à l’aise. « Pete — chef, je veux dire —, je crois que ce type ne faisait qu’essayer d… »

Randolph la coupa :

« Mets-lui les menottes. On verra plus tard ce qu’il essayait de faire ou pas. En attendant, je veux qu’on ferme tout ce cirque. Vous vous êtes bien amusés et voyez ce qui est arrivé ! Et maintenant, rentrez chez vous ! »

Jackie détachait une paire de menottes en plastique de sa ceinture (elle n’avait aucune intention de les confier à Mel Searles, elle les passerait elle-même à Barbie) lorsque Julia Shumway éleva la voix. Elle se tenait juste derrière Randolph et Big Jim (en fait, Big Jim l’avait même bousculée pour arriver sur le lieu où se déroulait l’action).

« Je m’abstiendrais de faire ça, chef Randolph, à moins que vouliez voir le département de police de Chester’s Mill épinglé en première page duDemocrat. » Elle arborait son sourire de Joconde. « Alors que vous venez juste de prendre vos fonctions.

— De quoi vous parlez ? » demanda Randolph.

Son froncement de sourcils s’était accentué et son visage offrait une série de plis du plus mauvais effet.

Julia brandit son appareil photo — une version un peu plus ancienne de celui de Peter Freeman. « J’ai un bon nombre de photos de Mr Barbara venant à l’aide de Rusty Everett pour s’occuper de l’enfant blessé, deux ou trois de l’officier Searles éjectant Mr Barbara sans la moindre raison valable… et une de l’officier Searles donnant un coup de poing à Mr Barbara. Également sans la moindre raison valable. Je ne suis pas une très grande photographe, mais celle-là est particulièrement réussie. Voulez-vous la voir, chef Randolph ? Vous pouvez ; il s’agit d’un appareil numérique. »

L’admiration que Barbie éprouvait déjà pour Julia ne fit qu’augmenter, parce qu’il était à peu près sûr qu’elle bluffait. Si elle avait bien pris des photos, pourquoi tenait-elle encore le cache dans sa main gauche, comme si elle venait juste de l’enlever ?

« Elle ment, chef, protesta Mel. Il a essayé de me frapper. Demandez à Junior.

— Je crois que mes photos montreront que le jeune Mr Rennie était occupé à contrôler la foule et vous tournait le dos quand vous avez frappé Mr Barbara », répliqua Julia.

Randolph la foudroyait du regard. « Je pourrais saisir cet appareil, dit-il. En tant que preuve matérielle.

— Vous le pourriez certainement, admit-elle d’un ton joyeux, et Pete Freeman vous immortaliserait en train de le faire. Après quoi, vous pourriez prendre aussi l’appareil de Pete… mais toutes les personnes présentes ici en seraient témoins.

— De quel côté êtes-vous dans cette affaire, Julia ? » intervint Big Jim.

Il arborait son sourire féroce — le sourire du requin sur le point d’arracher une bonne bouchée de quelque fesse rebondie de nageur. Julia lui rendit sourire pour sourire, ses yeux aussi innocents et candides que ceux d’une enfant.

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