Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— Monsieur, dit Barbie, vous vous faites une idée complètement fausse de la situation ici. » Il passa la main dans ses cheveux. Ce foutu téléphone portable lui faisait mal à l’oreille. « C’est comme si vous compreniez ce que signifie le Dôme, mais pas les conséquences qu’il a sur la vie ici. Et ça ne remonte même pas à trente heures.
— Alors aidez-moi à comprendre.
— Vous me dites que cette nomination est la volonté du Président. Imaginez juste un instant que je l’appelle et que je lui dise qu’il peut embrasser mon joli cul tout rose ? »
Julia le regarda, horrifiée, et cette expression donna des idées à Barbie.
« Supposons carrément que je sois un agent dormant d’al-Qaida et que je prépare un attentat contre lui — pan dans la tête. Qu’est-ce que vous en dites ?
— Lieutenant Bar… — pardon, colonel Barbara, vous en avez assez dit. »
Barbie n’en avait pas l’impression. « Est-ce qu’il pourrait envoyer le FBI pour m’arrêter ? Les services secrets ? Cette bonne vieille Armée rouge ? Mon, m’sieur, il pourrait pas.
— Nous avons des plans pour remédier à cela, comme je viens de vous l’expliquer. »
Cox avait perdu son ton décontracté et plein de bonne humeur ; c’était plutôt celui d’un vieux briscard grognon parlant à un autre.
« Et si ça marche, n’hésitez pas à envoyer l’agence fédérale de votre choix pour m’arrêter. Mais si nous continuons à être coupés du reste du monde qui m’écoutera ici, d’après vous ? Mettez-vous bien ça dans la tête : cette ville a fait sécession. Non pas seulement des États-Unis, mais du monde entier. Il n’y a rien que nous puissions y faire, il n’y a rien que vous puissiez y faire.
— Nous essayons de vous aider, dit calmement Cox.
— À vous entendre, je vous croirais presque. Mais les autres, ici, le croiront-ils ? Quand ils cherchent à savoir quel genre de soutien ils reçoivent en échange de leurs impôts, qu’est-ce qu’ils voient ? Des soldats qui montent la garde en leur tournant le dos. C’est un sacré message, non ?
— Vous parlez beaucoup pour quelqu’un qui dit non.
— Je ne dis pas non. Mais je suis à deux doigts d’être arrêté, et me proclamer commandant temporaire ne va pas m’aider.
— Supposons que j’appelle le premier conseiller… comment s’appelle-t-il, déjà… Sanders… et que je lui explique…
— C’est exactement ce que je vous dis — vous ne comprenez rien à la situation. C’est, encore une fois, comme en Irak, sauf que ce coup-ci vous êtes à Washington au lieu d’être sur le terrain et que la situation vous échappe aussi complètement qu’aux autres ronds-de-cuir. Écoutez-moi bien, monsieur : disposer de quelques renseignements est pire que de ne disposer d’aucun.
— Les leçons mal apprises sont les plus dangereuses, intervint Julia d’une voix rêveuse.
— Si ce n’est pas Sanders qu’il faut appeler, qui ?
— James Rennie. Le deuxième conseiller. C’est lui le chef de meute, ici. »
Il y eut un silence. Puis Cox reprit la parole : « On pourrait vous rendre Internet. Certains d’entre nous estiment que l’avoir coupé était une réaction intempestive.
— Pourquoi estimez-vous ça ? demanda Barbie. Est-ce que vous ne savez pas, vous et vos potes, que si vous nous laissez l’accès au Net, la recette de pain aux airelles de tante Sarah va finir par sortir à un moment ou un autre ? »
Julia se redressa et articula en silence : Ils essaient de couper Internet ? Barbie tendit un doigt vers elle — attendez.
« Écoutez-moi un instant, Barbie. Supposez que nous appelions ce Rennie et que nous lui disions que nous jugeons préférable de couper Internet, désolés, situation de crise, mesures extrêmes et tout le baratin. Vous pourriez alors le convaincre de votre utilité en nous faisant changer d’avis. »
Barbie réfléchit. Ça pouvait marcher. Un moment, en tout cas. Ou pas.
« De plus, ajouta Cox avec enthousiasme, vous pourriez leur donner l’autre information que je vous ai confiée. Pour sinon sauver des vies, au moins épargner aux gens la peur de leur vie, sans aucun doute.
— On rétablit aussi les lignes téléphoniques, dit Barbie.
— Ça sera difficile. Je vais peut-être pouvoir vous maintenir Internet, mais… écoutez, mon vieux. Il y a au moins cinq paranos graves, genre Curtis LeMay[15], qui siègent au comité supposé présider ce bordel et pour eux, tous les habitants de Chester’s Mill sont et resteront des terroristes jusqu’à ce qu’on ait prouvé le contraire.
— Et quelles attaques pourraient bien lancer ces supposés terroristes contre les États-Unis ? Un attentat suicide pendant la messe à la Congo ?
— Vous prêchez un converti, Barbie. »
Ce qui était très probablement la vérité, bien entendu.
« Acceptez-vous ?
— Il faudra attendre que je vous rappelle. Ne faites rien avant. Je dois d’abord avoir un entretien avec la veuve de l’ancien chef de la police. »
Mais Cox insista. « Garderez-vous pour vous notre discussion de marchands de tapis ? »
Une fois de plus, Barbie fut stupéfait de constater à quel point même un Cox — quasiment un libre-penseur, selon les normes militaires — comprenait mal les transformations qu’avait déjà provoquées le Dôme. Ici, la culture du secret à la sauce Cox n’avait plus aucun sens.
Les États-Unis contre nous, pensa Barbie. C’est eux contre nous, maintenant. À moins que leur idée de dingue n’aboutisse.
« Il va de toute façon falloir que je vous rappelle plus tard, monsieur. Je n’ai plus de batterie. » Mensonge qu’il fit sans le moindre remords. « Et vous attendrez d’avoir de mes nouvelles avant de parler à qui que ce soit d’autre.
— N’oubliez pas, le Big Bang est prévu pour treize heures, demain. Si vous voulez vous maintenir en état de marche, vous avez intérêt à rester à l’écart. »
Se maintenir en état de marche… encore une phrase dépourvue de sens sous le Dôme. Sauf si c’était pour continuer à alimenter son générateur en propane.
« On en reparle », dit Barbie. Il referma le téléphone avant que Cox puisse ajouter quelque chose. La 119 était presque complètement dégagée, à présent, mais DeLesseps était toujours là, adossé, bras croisés, à sa Chevrolet Nova de collection. Lorsque Julia passa devant la Nova, Barbie remarqua un autocollant sur lequel on lisait : AU CUL, À L’HERBE OU AU PÉTROLE, PERSONNE NE ROULE GRATOS. Il y avait aussi un gyrophare de police posé sur le tableau de bord. Le contraste, pensa-t-il, résumait tout ce qui allait maintenant de travers à Chester’s Mill.
Pendant le trajet, Barbie raconta à Julia tout ce que Cox lui avait dit.
« Ce qu’ils veulent faire n’est pas tellement différent de ce que le gosse vient d’essayer, dit Julia d’un ton consterné.
— Un peu différent, tout de même, observa Barbie. Le gamin a essayé avec un fusil. Eux, ils vont balancer un missile de croisière. Une sorte de Big Bang, comme ils disent. »
Elle eut un sourire. Mais pas son sourire habituel : hésitant, empreint de stupéfaction, celui-ci lui donnait soixante ans au lieu de quarante-trois. « Je crois que je vais préparer un nouveau tirage plus tôt que je ne pensais. »
15
Général d’aviation, responsable du Strategic Air Command pendant la guerre froide et quelque peu tête brûlée.