Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Et quel spectacle étrange et varié ! Un vrai cirque à trois pistes, avec les citoyens ordinaires de Chester’s Mill dans les rôles-titres. Lorsque Barbie arrive avec Rose et Anse Wheeler (le restaurant est à nouveau fermé, réouverture pour le dîner — rien que des sandwichs, zéro plat chaud), ils restent bouche bée, silencieux. Julia Shumway et Peter Freeman prennent des photos. Julia s’arrête un instant, le temps d’adresser à Barbie un sourire qui, bien que séduisant, est comme tourné vers l’intérieur.
« Drôle de spectacle, hein ? »
Barbie sourit. « Et comment. »
Sur la première des trois pistes du cirque sont rassemblés les habitants ayant répondu à l’appel des affichettes posées par l’Épouvantail et son équipe. La manifestation est un succès, avec près de deux cents personnes, et les soixante panneaux fabriqués par les gamins (le plus populaire : LAISSEZ-NOUS SORTIR, BORDEL !) ont disparu en un tournemain. Heureusement, nombreux sont ceux qui ont fabriqué le leur. Le préféré de Joe est celui qui représente la carte de Chester’s Mill derrière des barreaux de prison. Lissa Jamieson ne se contente pas de brandir le sien, elle l’agite agressivement. Jack Evans est là, pâle, le visage fermé. Son panneau est un collage de photographies representant la femme qui s’est vidée de son sang hier, avec une question pour toute légende : QUI A TUÉ MA FEMME ? Joe l’Épouvantail est désolé pour Mr Evans… mais son panneau est sensationnel ! Si les journalistes pouvaient le voir, ils en chieraient de bonheur.
Joe a organisé les manifestants de manière à ce qu’ils tournent au plus près du Dôme, dont les limites sont matérialisées par les oiseaux morts côté Chester’s Mill (ceux du côté de Motton ont été enlevés par les militaires). Le fait de décrire un cercle donne l’occasion à chacun de ses manifestants (mes manifestants, pense Joe) d’agiter son panneau en direction des gardes postés là, le dos résolument tourné (exaspérant). Joe a également distribué des textes de chansons. Il les a écrites avec Norrie Calvert, l’idole de Benny Drake, question planche à roulettes. Norrie n’est pas seulement la reine du skate d’enfer, elle est capable de trouver des rimes simples mais fortes, vu ? L’un de ses refrains dit : Ha-ha-ha ! Hé-hé-hé ! Chester’s Mill faut libérer ! Un autre : Bande de fous ! Bande de fous ! Avouez donc que c’est vous ! Joe — à contrecœur — avait rejeté un autre chef-d’œuvre de Norrie qui disait : Bas les bâillons ! Bas les bâillons, c’est la presse que nous voulons, bande de couillons ! « Nous devons rester politiquement corrects », lui avait-il dit. En même temps, il se demande si Norrie Calvert a l’âge d’être embrassée. Et s’il serait capable de mettre la langue, dans ce cas. Il n’a jamais embrassé de fille, mais s’ils doivent tous crever de faim comme des insectes coincés sous un Tupperware, il devrait peut-être embrasser cette nana tant qu’il est encore temps.
Sur la deuxième piste, on trouve l’assemblée de prières du pasteur Coggins. Ce sont les vrais envoyés de Dieu. Et, dans une remarquable manifestation de détente ecclésiastique, une douzaine d’hommes et de femmes du chœur de la Congo ont été rejoindre celui du Christ-Rédempteur. Ils chantent « Une puissante forteresse est notre Dieu », et un bon nombre de non-affiliés qui connaissent cette hymne se sont joints à eux. Leurs voix s’élèvent vers le ciel d’un bleu immaculé, dominées par les exhortations glapissantes de Lester et les cris d’encouragement montant de l’assemblée — les amen et les alléluia qui viennent ponctuer le chant en un contrepoint parfait (mais pas harmonieux, ce serait aller trop loin). L’assemblée de prières ne cesse de s’élargir, d’autres habitants la rejoignent, tombent à genoux et posent temporairement leur panneau à terre pour pouvoir tendre leurs deux mains suppliantes. Les soldats leur ont tourné le dos ; Dieu, peut-être pas.
Mais c’est la piste centrale du cirque qui est la plus vaste et la plus spectaculaire. Romeo Burpee a dressé sa grande tente des super-soldes d’été nettement en arrière du Dôme et à une soixantaine de mètres de l’assemblée de prières, choix d’emplacement effectué après avoir vérifié d’où vient le peu de brise qui souffle. Il est impératif que la fumée de son bataillon de plaques Hibachi atteigne ceux qui prient comme ceux qui manifestent. Sa seule concession à l’aspect religieux de l’après-midi est d’avoir obligé Toby Manning à arrêter sa sono (McMurtry vociférant de sa voix nasillarde) ; ça ne s’accordait pas très bien avec « Que Tu es Grand, Seigneur » ou avec « Quand Jésus viendra ». Les affaires vont bon train et ne pourront que s’améliorer. De cela Romeo est sûr. Les hot-dogs — qui dégèlent directement pendant la cuisson — vont peut-être tordre quelques boyaux, plus tard, mais ils diffusent une odeur parfaite dans le chaud soleil de l’après-midi ; des odeurs de fête foraine et non de tambouille carcérale. Les gosses courent dans tous les sens en brandissant leurs moulins à vent et menacent de mettre le feu à l’herbe du champ avec leur pétards datant du 4-Juillet. Des gobelets en carton vides, ayant contenu soit une boisson à base de poudre de citron (ignoble) soit du café (plus ignoble encore) jonchent le sol. Plus tard, Romeo enverra Toby payer un gamin, peut-être l’un des fils Dinsmore, pour tout ramasser — dix dollars devraient faire l’affaire. Toujours important d’entretenir de bonnes relations avec les gens de la communauté. Pour le moment, cependant, Romeo Burpee est totalement concentré sur sa caisse enregistreuse de fortune, un simple carton (ayant contenu des rouleaux de papier toilette) posé sur un autre. Il prend les bons gros billets verts et rend de la petite monnaie argentée : c’est comme ça que les Américains font des affaires, mon lapin. Il demande quatre dollars par hot-dog et bon sang, ça marche. Il s’attend à en avoir déstocké dans les trois mille avant ce soir, peut-être beaucoup plus.
Et regardez ! Voici Rusty Everett ! Il a réussi à s’échapper, en fin de compte ! On est content pour lui ! Il regrette presque de ne pas avoir pris le temps de passer chercher les filles — elles se seraient certainement amusées et la vue de tous ces gens en train de prendre du bon temps aurait peut-être atténué leur peur — l’excitation, cependant, aurait peut-être été trop forte pour Jannie.
Il repère Linda en même temps qu’elle le repère, et elle se met à lui adresser des signes frénétiques, sautant pratiquement sur place. Ses courtes tresses — la coiffure Fliquette Sans Peur qu’elle adopte généralement pour travailler — lui donnent l’air d’une majorette. Elle est en compagnie de Rose, la sœur de Twitchell, et du cuistot du restaurant. Rusty est un peu surpris ; il pensait que Barbara avait quitté la ville. L’homme avait pris Big Jim Rennie à rebrousse-poil. Une bagarre de bar, voilà ce que Rusty a entendu dire, mais il n’était pas de service lorsque ses participants sont venus se faire retaper. C’était aussi bien : il avait eu son compte d’amochés du Dipper’s.
Il prit sa femme dans ses bras, l’embrassa sur la bouche, embrassa Rose sur la joue. Serra la main du cuistot, les présentations faites.
« Regardez-moi ces hot-dogs, gémit Rusty. Oh là là…
— Vous pouvez préparer vos pots de chambre, Doc », dit Barbie, et tous se mettent à rire.
C’est stupéfiant de pouvoir rire dans de telles circonstances, mais ils ne sont pas les seuls et, mon Dieu, pourquoi pas ? Si vous ne pouvez pas rire quand les choses vont mal — rire et faire un peu le clown —, c’est que vous êtes mort ou souhaiteriez l’être.