Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
Un incident précipita le cours des événements. Une douzaine de jeunes gens skiaient ensemble laissant Thorby s’exercer sur une pente douce, lorsqu’un homme glissa vers lui en chasse-neige et s’arrêta. Les gens allaient et venaient nuit et jour dans la propriété. Le nouveau venu s’appelait Joël de la Croix.
— Salut, Thor.
— Salut, Joe.
— Je veux te parler depuis un moment. J’ai une idée dont je voudrais discuter avec toi, quand tu prendras la suite. Peut-on fixer un rendez-vous sans qu’une armada de secrétaires m’envoient promener ?
— Quand je prendrai la suite ?
— Ou, plus tard, à ta convenance. Je veux parler au patron. Après tout, tu es l’héritier. Je ne tiens pas à en discuter avec Weemsby… Même s’il acceptait de me recevoir. – Il eut l’air ennuyé. – Tout ce que je demande, c’est dix minutes. Disons cinq si je n’arrive pas à t’intéresser au départ. « Parole de Rudbek », n’est-ce pas ?
Thorby s’efforçait de comprendre. Prendre la suite ? Héritier ? Il répondit prudemment :
— Je ne veux pas faire de promesses tout de suite, Joël.
De la Croix haussa les épaules.
— D’accord, mais penses-y. Je peux prouver que mon projet est rentable.
— J’y penserai, acquiesça le jeune homme.
Il chercha Leda, la prit à part et lui raconta ce que Joe avait dit. Elle prit un air sérieux.
— Ce n’est pas grave, puisque tu n’as rien promis. Joël est un brillant ingénieur. Il vaudrait mieux demander à Papa.
— Ce n’est pas ce que je veux dire. Que signifie : « prendre la suite » ?
— Eh bien, mais c’est ce que tu vas faire, un de ces jours ?
— Prendre la suite de quoi ?
— De tout. Après tout, c’est toi, Rudbek de Rudbek.
— Que veux-tu dire par « tout » ?
— Eh bien… – Elle balaya d’un geste la montagne, le lac et la ville de Rudbek au-delà. – Tout. Rudbek. Des tas de choses. Celles qui t’appartiennent personnellement, comme l’élevage de moutons en Australie, la maison à Majorque. Tous les intérêts financiers. Rudbek Associés comprend de nombreuses entreprises, ici et sur d’autres planètes. Je ne peux pas te les décrire, mais elles sont à toi, ou peut-être à « nous », parce que toute la famille a des participations dedans. Mais tu es Rudbek de Rudbek. L’héritier, comme l’a dit Joe.
Thorby la regarda, la bouche sèche. Il passa sa langue sur ses lèvres et dit :
— Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ?
Elle parut affligée.
— Mais, mon cher Thor, nous t’avons laissé prendre ton temps. Papa ne voulait pas t’inquiéter.
— Eh bien, je suis inquiet maintenant. Il vaudrait mieux que je parle à oncle Jack.
John Weemsby était présent au dîner ce soir-là, mais beaucoup d’invités l’étaient aussi. Comme ils s’en allaient, il prit Thorby à part.
— Leda me dit que tu te fais du souci.
— Pas exactement. J’aimerais être au courant de certaines choses.
— Tu vas l’être. J’espérais que tu allais en avoir assez de tes vacances. Allons dans mon bureau.
Ils s’y rendirent. Weemsby renvoya le secrétaire de l’équipe du soir, et commença :
— Maintenant, que désires-tu savoir ?
— Je veux savoir, reprit le garçon lentement, ce que cela veut dire être « Rudbek de Rudbek ».
L’homme écarta les mains.
— Tout… et rien. Tu es le chef titulaire de la compagnie à présent… si ton père est mort.
— Y a-t-il le moindre doute ?
— Je ne pense pas. Mais toi, tu es revenu.
— Admettons qu’il soit mort, que suis-je ? Leda pense que je possède tout. Que veut-elle dire ?
Weemsby sourit.
— Tu connais les filles. Elles n’y connaissent rien aux affaires. La propriété de nos entreprises est répartie, pour la plupart, entre tous nos employés. Mais, si tes parents sont morts, tu prends possession des actions de Rudbek Associés, ce qui te donne un intérêt, et parfois le contrôle, dans d’autres affaires. Je ne peux pas te donner le détail maintenant. L’équipe juridique le fera. Je suis un homme pratique, trop occupé à prendre des décisions pour me préoccuper de savoir qui possède chaque action. Mais cela me rappelle que… tu n’as pas encore eu l’occasion de dépenser de l’argent, mais tu en as peut-être envie.
Weemsby ouvrit un tiroir, sortit une liasse.
— Voici un mégaboc. Préviens-moi quand tu auras tout dépensé.
Thorby parcourut les billets. Il connaissait la valeur de la monnaie terrienne : cent dollars faisaient un crédit, qu’il se représentait comme cinq miches de pain, un truc que le Subrécargue lui avait appris, mille crédits faisaient un super-crédit, et mille super-crédits un mégaboc. C’était tellement simple que la Famille l’utilisait dans sa comptabilité pour convertir les autres monnaies.
Mais chaque billet valait dix mille crédits… Il y avait cent billets.
— Ai-je hérité tout ceci ?
— Oh, c’est juste de l’argent de poche, des chèques en réalité. Tu les changes aux distributeurs dans les magasins ou dans les banques. Tu sais comment faire ?
— Non.
— Ne place ton pouce sur la zone sensibilisée que lorsque tu introduis l’empreinte dans le distributeur. Demande à Leda de te montrer. Si cette fille pouvait gagner tout l’argent qu’elle dépense, toi et moi, nous n’aurions pas besoin de travailler. Mais, puisque nous sommes obligés de le faire, travaillons donc un peu. – Il sortit un dossier, et étala des papiers. – Ce n’est pas difficile. Tu dois juste signer au bas de chaque page avec l’empreinte de ton pouce à côté. Ensuite, j’appellerai Beth pour que ces documents soient notariés. Nous pouvons ouvrir chacun à la dernière page. Je vais les tenir, ces satanées feuilles s’enroulent.
Weemsby avait préparé un papier qui attendait la signature de Thorby, qui hésitait. Au lieu de signer, il voulut prendre le document, Weemsby ne le lâcha pas.
— Que se passe-t-il ?
— Si je dois signer, il vaudrait mieux que je le lise avant.
Il pensait à quelque chose sur lequel Grand-mère avait toujours insisté à n’en plus finir.
L’homme haussa les épaules.
— Ce sont des affaires de routine que le juge Brader a préparé pour toi. – Il replaça le document sur les autres, attacha la pile et referma le dossier. – Ces papiers m’autorisent à faire ce que je fais déjà. Il faut bien que quelqu’un se charge de toutes les corvées.
— Pourquoi dois-je signer ?
— C’est une mesure de précaution.
— Je ne comprends pas.
Weemsby soupira.
— Le fait est que tu ne comprends rien aux affaires. Personne ne te le reproche d’ailleurs. Tu n’en as pas eu la possibilité. C’est pour cela que je travaille comme un nègre, les affaires n’attendent pas. – Il hésita. – Voici la façon la plus simple de t’expliquer la situation. Quand ton père et ta mère sont partis pour une seconde lune de miel, ils durent désigner quelqu’un pour agir à leur place pendant leur absence. Leur choix se porta sur moi, ce qui allait de soi, puisque j’étais leur directeur général, et celui de ton grand-père avant sa mort et leur départ. Je restai donc coincé au bureau pendant qu’ils se promenaient. Oh, je ne me plains pas. On ne refuse pas ce genre de service à un membre de la famille. Malheureusement ils ne sont jamais revenus, alors je suis resté avec le bébé dans les bras.
« Mais maintenant tu es de retour et nous devons nous assurer que tout est en ordre. D’abord, il faut que tes parents soient reconnus morts juridiquement. Tu n’hériteras pas avant que cela soit fait, ce qui prendra un certain temps. Alors je suis ton directeur général, ainsi que celui de toute la famille, et je n’ai aucun papier de toi me donnant qualité pour agir. Ces documents le font.