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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Il y avait huit ou dix personnes, deux d’entre elles étaient un homme aux cheveux gris plein d’assurance et une jeune femme. Chacun portait des vêtements dont la valeur dépassait largement le salaire annuel d’un soldat de la Garde. Thorby ne s’en rendit pas tellement compte dans le cas de l’homme, mais son œil de Commerçant le dénota tout de suite chez la femme. Il fallait beaucoup d’argent pour avoir l’air aussi innocemment provocatrice.

Selon lui, l’effet était gâché par sa coiffure toute en hauteur, une pièce montée verte mélangée d’or. Il jeta un coup d’œil à la coupe de ses vêtements. Il avait vu de belles dames à Jubbulpore où le climat permettait de ne s’habiller que pour le plaisir de l’ornementation, mais ici on ne montrait pas la peau de la même façon. Thorby réalisa avec ennui qu’il allait devoir encore une fois s’habituer à de nouveaux usages.

L’homme avec un air d’importance vint à sa rencontre à sa sortie de l’ascenseur.

— Thor ! Bienvenue à la maison, mon garçon ! s’écria-t-il en saisissant la main du jeune homme. – Je suis John Weemsby. Combien de fois t’ai-je fait sauter sur mes genoux. Tu peux m’appeler oncle Jack. Voici ta cousine Leda.

La fille aux cheveux verts plaça ses mains sur les épaules de Thorby et l’embrassa. Lui, il était beaucoup trop étonné pour retourner le baiser.

— C’est merveilleux de te retrouver de nouveau, Thor, dit-elle.

— Maintenant voici tes grands-parents, annonça Weemsby. Le professeur Bradley… Et ta grand-mère Bradley.

Bradley était plus âgé que Weemsby, droit et mince, avec un peu d’estomac, et une barbe bien taillée. Il était habillé comme Weemsby : une veste de jour ordinaire, des collants rembourrés, une cape courte ; mais ses vêtements étaient moins luxueux. La femme avait un visage doux et des yeux bleus vifs. Ses habits ne ressemblaient en rien à ceux de Leda, mais paraissaient lui aller. Elle embrassa Thorby du bout des lèvres et lui dit gentiment :

— C’est comme si mon fils revenait à la maison.

Le vieil homme lui serra la main vigoureusement.

— C’est un miracle, mon garçon ! Tu es le portrait identique de notre fils, ton père. N’est-ce pas, ma chérie ?

— Tout à fait !

On lui posa des questions auxquelles il répondit du mieux qu’il put. Il se sentait troublé et terriblement intimidé. C’était plus gênant de faire la connaissance de ces étrangers qui affirmaient être des parents consanguins que d’être adopté par Sisu. Ces vieux étaient ses grands-parents ? Thorby n’arrivait décidément pas à y croire, même si pourtant il supposait que c’était vrai.

A son grand soulagement, l’homme (Weemsby ?) qui affirmait être oncle Jack dit poliment mais avec autorité :

— Il vaudrait mieux rentrer. Je parie que ce garçon est fatigué. Je vais l’amener à la maison, n’est-ce pas ?

Les Bradley murmurèrent en signe d’agrément. Le groupe se dirigea vers la sortie. Les autres personnes dans la pièce, tous des hommes auxquels Thorby n’avait pas été présenté, sortirent avec eux. Dans le corridor, ils se dirigèrent vers un passage roulant qui accéléra tellement que les murs se mirent à défiler à toute allure. Il ralentit quand ils arrivèrent à l’autre bout, des kilomètres plus loin, pensa le jeune homme. Il s’arrêta complètement pour qu’ils puissent le quitter.

L’endroit était public. Le plafond était haut et les murs se perdaient dans la foule. Thorby reconnut l’atmosphère d’une base de décollage. Les hommes silencieux qui les accompagnaient se déplacèrent de façon à leur frayer un passage à travers la foule en la contenant. Le groupe passa en ligne droite sans faire attention aux autres. Plusieurs personnes essayèrent de franchir le barrage, un homme y réussit. Il glissa un microphone devant Thorby et dit rapidement :

— Monsieur Rudbek, quelle est votre opinion sur… ?

Un garde l’empoigna, et Weemsby reprit :

— Plus tard, plus tard ! Appelez mon bureau. Vous aurez toute l’histoire.

On pointa des caméras sur eux, mais de très haut et de très loin. Ils gagnèrent un autre couloir, une grille se ferma derrière eux. Le passage roulant les déposa devant un ascenseur qui les emmena dans un petit aéroport fermé. Un véhicule les attendait, et un plus petit encore derrière, tous deux fins, lisses, des ellipsoïdes aplatis. Weemsby s’arrêta.

— Ça va aller ? demanda-t-il aux Bradley.

— Oh, bien sûr, répondit le professeur.

— La voiture vous a donné satisfaction ?

— Tout à fait. Ce fut une promenade très agréable. Et ce sera pareil au retour.

— Alors, nous allons nous saluer. Je vous appellerai, dès qu’il sera trouvé. Vous comprenez ?

— Evidemment. Nous attendrons avec impatience de le voir.

Thorby fut embrassé par sa grand-mère et reçut une tape sur l’épaule de son grand-père. Puis il embarqua dans le grand véhicule avec Weemsby et Leda. Le navigateur salua l’homme d’abord, puis Thorby qui réussit à lui rendre son salut.

Weemsby s’arrêta dans le hall central.

— Allez donc en avant, les enfants, profiter de la course. J’ai des coups de téléphone à donner.

— Certainement, Papa.

— Excuse-moi, Thor. Les affaires continuent. Oncle Jack est de retour au charbon.

— Bien sûr, oncle Jack.

Leda le conduisit vers l’avant ; ils s’assirent dans une bulle transparente. La voiture s’éleva verticalement et ils se trouvèrent à plusieurs milliers de pieds du sol. Elle fit tournoyer la poussière au-dessus de la plaine déserte. Ensuite ils prirent la direction nord vers les montagnes.

— Tu es bien installé ? s’enquit Leda.

— Très bien. Euh, sauf que je suis sale et débraillé.

— Il y a une douche vers l’arrière du salon. Mais on sera bientôt à la maison. Profite donc du voyage.

— D’accord.

Thorby ne voulait rien manquer de la fabuleuse Terre. Il décida qu’elle ressemblait à Hekate, non, plutôt à Woolamurra. Excepté qu’il n’avait jamais vu autant d’immeubles. Les montagnes…

Il regarda de nouveau.

— Qu’est-ce que c’est que cette chose blanche ? De l’alu ?

— Eh bien, c’est de la neige. Ce sont les Sangre de Cristos.

— La neige, répéta le garçon. C’est de l’eau glacée.

— Tu n’en as jamais vu auparavant ?

— J’en ai entendu parler. Ce n’est pas comme je l’avais imaginé.

— C’est de l’eau glacée, mais pas exactement non plus, c’est comme du duvet. – Elle se rappela la recommandation de son père : il ne fallait s’étonner de rien. – Tu sais, je crois que je vais t’apprendre à skier.

Leda passa un bon moment à expliquer à Thorby en quoi consistait le ski et pourquoi les gens le pratiquaient. Le garçon le classa dans les activités qu’il essaierait peut-être, mais probablement pas. Leda avait dit « qu’on risquait seulement de se casser la jambe ». Et cela s’appelait un plaisir ? En outre elle avait parlé de froid. Dans l’esprit de Thorby, le froid était lié à la faim, aux coups et à la peur.

— Je pourrai peut-être apprendre, fit-il dubitatif. Mais cela m’étonnerait.

— Je t’assure que tu le peux ! – Elle changea de sujet. – Ne m’en veux pas d’être curieuse, Thor, mais tu as un léger accent.

— Je ne le savais pas.

— Je ne voulais pas te vexer.

— Tu ne m’as pas vexé. J’ai dû le prendre à Jubbulpore. C’est là que j’ai vécu le plus longtemps.

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