Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
Rudbek Associés possédait des parts dans d’autres entreprises, c’est là que les choses se compliquaient.
Entreprises Galactiques, Société d’Escompte Galactique, Transports Galactiques, Métaux Interstellaires, Conseillers Fiscaux des Trois Planètes (qui opéraient sur vingt-sept planètes), Laboratoires Havermeyer (qui exploitaient aussi bien des péniches, que des boulangeries, et des stations de recherches), la liste était interminable. Ces sociétés, trusts, cartels, établissements financiers semblaient aussi emmêlés qu’un plat de spaghettis. Thorby apprit qu’il possédait (à travers ses parents) un intérêt dans une société appelée « Honace Frères » à travers une chaîne de six entreprises : 18 % de 31 % de 43 % de 19 % de 44 % de 27 %, c’était une part si microscopique qu’il en perdit la trace. Mais ses parents détenaient directement sept pour cent d’Honace Frères. Le résultat était le suivant : son intérêt indirect d’un vingtième d’un pour cent contrôlait la société mais ne rendait pas grand-chose, par contre les sept pour cent de ses parents ne contrôlaient rien, mais rendaient cent quarante fois leur valeur.
Il commença à s’apercevoir que le contrôle et la propriété étaient deux notions qui n’avaient que peu de rapport l’une avec l’autre. Il avait toujours pensé qu’elles ne faisaient qu’un : on possédait une sébile, une veste, donc on la contrôlait ! C’était évident !
La convergence, la divergence, et l’entrecroisement de toutes ces entreprises l’embrouillaient et le dégoûtaient. C’était aussi complexe que l’ordinateur d’un aiguilleur mais sans la logique froide de la machine. Il essaya de construire un diagramme, mais ne réussit pas à le faire marcher. La propriété de chaque entité était liée à des titres ordinaires, à des titres privilégiés, à des obligations, à des émissions de capital et de dividendes, à des valeurs aux noms étranges et aux fonctions indéterminées. Parfois une société possédait une partie d’une autre directement, et une partie d’une autre encore à travers une troisième, ou deux compagnies pouvaient détenir chacune une partie de l’autre, et quelquefois détenait une partie d’elle-même comme un poisson qui se mordait la queue. C’était absurde.
Ce n’était pas des « affaires » au sens où l’entendait la Famille… Qui vendait, achetait, faisait des bénéfices. C’était un jeu idiot avec des règles insensées.
Quelque chose l’inquiétait. Il ne savait pas que Rudbek construisait des vaisseaux spatiaux. Entreprises Galactiques contrôlait les Transports Galactiques, dont l’une des nombreuses activités était la construction d’astronefs. Sur le moment, il éprouva une pointe de fierté, puis découvrit avec un malaise grandissant (c’était quelque chose dont le colonel Brisby avait parlé, que Pop avait prouvé) que « le plus grand » ou « un des plus grands » armateurs était associé à l’esclavage.
Il voulut se persuader qu’il était idiot. Ce splendide bureau ne ressemblait en rien à ce commerce malfaisant. Mais en s’assoupissant une nuit, il fut réveillé en sursaut par une vision d’horreur qui ne manquait pas d’ironie : le petit esclave galeux et terrorisé était le propriétaire de la soute puante du vaisseau dans lequel il était enfermé.
C’était un cauchemar, il le chassa. Mais du coup, il perdit tout le plaisir qu’il trouvait dans son travail.
Un après-midi, il était en train d’étudier un long mémorandum du service juridique, soi-disant un résumé des intérêts de Rudbek Associés, et s’aperçut qu’il était obligé de s’arrêter. Il semblait que l’auteur avait fait exprès de tout embrouiller. Le texte aurait été aussi compréhensible en Chinois ancien, plutôt en Sargonais avec beaucoup de mots mandarins.
Il renvoya Dolorès et resta assis la tête dans les mains. Pourquoi, mais pourquoi ne l’avait-on pas laissé dans la Garde ? Il y était heureux, comprenait le monde dans lequel il vivait.
Puis il se redressa et fit quelque chose qu’il avait remis sans cesse. Il rendit visite à ses grands-parents qui l’attendaient depuis longtemps car il s’était senti obligé d’apprendre d’abord son nouveau métier.
Il était le bienvenu, à n’en pas douter ! « Dépêche-toi, mon garçon, nous t’attendons avec impatience. » Ce fut un merveilleux voyage à travers la prairie et l’imposant Mississippi (qui était pourtant tout petit vu de haut), à travers les campagnes émaillées de villes jusqu’à la petite ville endormie de Valley View, où les trottoirs n’étaient pas roulants et où le temps lui-même semblait s’être ralenti. La maison de ses grands-parents était plutôt grande pour Valley View, mais intime par rapport aux salles majestueuses de Rudbek.
Mais il ne put se détendre pendant son séjour. Il y avait toujours des invités aux repas : le président de l’université et les chefs de département, et encore beaucoup d’autres entre les repas. Certains l’appelaient « Rudbek de Rudbek », d’autres plus incertains « M. Rudbek », d’autres enfin, satisfaits de leurs faux renseignements sur la manière dont les familiers s’adressaient au nabab, disaient simplement « Rudbek ». Sa grand-mère papillonnait, ravie comme peut l’être toute maîtresse de maison, et son grand-père un peu raide l’appelait haut et fort « mon garçon ».
Thorby fit de son mieux pour leur faire honneur. Il réalisa rapidement que ce qui comptait, ce n’était pas ce qu’il disait, mais le fait de parler à Rudbek.
Le lendemain soir, il réussit à parler à ses grands-parents, sa grand-mère ayant accepté à contrecœur de n’inviter personne. Il avait besoin d’un conseil.
D’abord, ils échangèrent des renseignements. Le jeune homme apprit que son père, en épousant la fille unique de son grand-père Rudbek, avait pris le nom de sa femme.
— C’est compréhensible, lui affirma le grand-père Bradley. Rudbek doit avoir un Rudbek. Martha était l’héritière, mais Creighton devait présider aux conseils d’administration, aux sommets, et à table aussi. J’avais espéré que mon fils suivrait la même voie que moi, l’histoire. Mais quand il s’est marié, je ne pouvais que me réjouir pour lui.
L’aventure malheureuse vécue par Thorby et ses parents était la conséquence d’une tentative honnête de la part de son père d’être Rudbek de Rudbek au sens plein du terme. Il s’efforçait d’inspecter le plus possible de l’empire commercial.
— Ton père a toujours été consciencieux. Quand ton grand-père Rudbek est mort, il a terminé son apprentissage, si l’on peut dire. Creighton a donné à John Weemsby autorité pour diriger les affaires à sa place. John, tu dois le savoir, est le deuxième mari de la sœur cadette, Aria, de ton autre grand-mère. Leda est la fille de Aria, de son premier mariage.
— Non, je ne savais pas.
Thorby traduisit la parenté dans le langage de Sisu… pour arriver à la conclusion étonnante que la jeune fille était dans l’autre moitié ! Mais de telles choses n’existaient pas ici. Oncle Jack n’était pas son « oncle », mais comment dire ?
— John avait servi de secrétaire et de factotum à ton grand-père. Il était le meilleur choix, bien sûr. Il connaissait tous les rouages mieux que personne, sauf ton grand-père lui-même. Après nous être remis du choc de la perte dramatique, nous nous sommes rendu compte que la vie continuait et que John pouvait faire aussi bien que Rudbek lui-même.
— Il a été tout simplement merveilleux, s’exclama la vieille femme.
— Oui, c’est vrai. Je dois admettre que ta grand-mère et moi avions pris l’habitude de vivre sur un grand pied après le mariage de notre fils. Le salaire d’un professeur d’université n’a jamais été ce qu’il devrait être. Creighton et Martha étaient très généreux. Nous aurions pu avoir des difficultés financières après avoir réalisé que notre fils était parti sans espoir de retour. Mais John nous a assuré de ne pas nous inquiéter. Il a veillé à ce que nous bénéficiions des mêmes avantages qu’avant.