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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Thorby se gratta la joue.

— Si je n’ai pas encore hérité, pourquoi en as-tu besoin ?

Weemsby sourit.

— C’est ce que je me suis demandé. Mais le juge Bruder pense qu’il vaut mieux mettre les choses au clair. Etant donné que tu es majeur…

— Majeur ?

Le jeune homme n’avait jamais entendu ce terme avant.

Dans la Famille, l’âge était lié au travail que l’on pouvait effectuer.

Weemsby s’expliqua.

— Oui. Depuis le jour où tu as fêté ton dix-huitième anniversaire, tu es majeur, ce qui simplifie grandement les choses. Cela veut dire que tu n’as pas à être placé sous tutelle judiciaire. Nous avons déjà l’autorisation de tes parents, nous allons ajouter la tienne. Ainsi cela n’a plus aucune importance combien de temps le tribunal va mettre pour décider si tes parents sont morts et régler les testaments. Le juge Bruder, moi-même et tous les autres, nous continuerons le travail pour éviter une interruption… qui pourrait coûter plusieurs milliers de mégabocs. Tu as compris maintenant ?

— Je crois.

— Bien. Alors terminons-en.

Weemsby se mit à ouvrir le dossier.

Grand-mère recommandait toujours de lire avant de signer, et ensuite d’y réfléchir.

— Oncle Jack, je veux lire ces documents.

— Tu ne les comprendras pas.

— Probablement pas. – Thorby prit le dossier. – Mais je dois apprendre.

L’homme voulut le prendre à son tour.

— Ce n’est pas nécessaire.

Le jeune homme se sentit gagné par une vague d’entêtement.

— Tu as bien dit que le juge Bruder a préparé ces papiers pour moi ?

— Oui.

— Alors je veux les emmener chez moi et tâcher de les comprendre. Si je suis « Rudbek de Rudbek », je devrai savoir ce que je fais.

Weemsby hésita, puis haussa les épaules.

— Fais-le. Tu découvriras que j’essaie simplement de continuer à ta place ce que j’ai fait jusqu’à présent.

— Mais il n’empêche que je dois comprendre ce que je signe.

— Très bien ! Bonne nuit.

Thorby s’endormit en lisant. Le langage était déconcertant, mais les documents semblaient dire ce qu’oncle Jack lui avait expliqué. Ils donnaient à John Weemsby les directives pour continuer les affaires courantes d’une organisation complexe. Il eut un sommeil rempli de termes tels que « les pleins pouvoirs par procuration », « toute espèce d’entreprise », « opérer et effectuer des versements », « révocable seulement par consentement mutuel », « renoncement à apparaître en personne », « confiance pleine et entière », et « voter le mandat à toutes les assemblées générales et/ou à toutes les réunions au sommet, annuelles et extraordinaires ».

En s’assoupissant il réalisa qu’il n’avait pas demandé à voir les autorisations données par ses parents.

A un certain moment pendant la nuit, il crut entendre la voix impatiente de Grand-mère :

— Alors réfléchis ! Si tu ne comprends pas le document et les lois d’après lesquelles il va être appliqué, alors ne signe donc pas ! Quel que soit le profit que tu sembles pouvoir en tirer. Un commerçant paresseux ou trop pressé court à la ruine.

Il se tourna dans son sommeil agité.

18

Presque personne ne descendait pour le petit déjeuner à Rudbek. Mais Thorby n’avait pas été éduqué à le prendre au lit. Il mangeait seul dans le jardin, profitant des délices du soleil brûlant de la montagne, de la luxuriance des fleurs tropicales et de la merveille du paysage de neige qui l’entourait. La neige le fascinait ; il n’avait jamais rien rêvé de plus beau.

Mais le lendemain matin, Weemsby entra dans le jardin quelques instants après Thorby. On plaça hâtivement une chaise et un couvert.

— Du café seulement, dit-il. Bonjour Thor.

— Bonjour oncle Jack.

— Alors tu as bien examiné les papiers ?

— Comment ? Oh, oui. En fait, je me suis endormi dessus.

Weemsby sourit.

— Le droit fait plus d’effet qu’un somnifère. Tu as pu constater par toi-même que je t’ai bien dit ce qu’ils contenaient ?

— Euh, je crois.

— Tant mieux. – Weemsby posa sa tasse et dit à un domestique : – Passez-moi une ligne intérieure. Thor, tu m’as irrité hier soir.

— Je suis désolé.

— Mais je me rends compte que tu as raison. Il faut que tu lises tout ce que tu dois signer. J’aimerais avoir le temps de faire la même chose ! Je dois faire confiance à mon personnel pour tout ce qui concerne les affaires courantes ou bien je n’aurais jamais le temps de m’occuper de la politique de l’entreprise… J’avais supposé que tu ferais de même avec moi. Mais la prudence est toujours louable. – Il parla dans l’interphone : – Carter, allez chercher les papiers dans l’appartement de Rudbek. Le jardin.

Thorby se demanda si Carter arriverait à les trouver. Il avait un coffre dans son bureau, mais il n’avait pas appris à s’en servir. Il les avait caché derrière des livres. Il était sur le point de le dire, mais oncle Jack parlait.

— Voici quelque chose sur lequel je voudrais que tu jettes un œil… C’est l’inventaire de tes biens immobiliers, ceux que tu possèdes, ou que tu posséderas, quand l’affaire des testaments sera réglée. Ces propriétés n’ont rien à voir avec les affaires.

Le jeune homme la parcourut avec stupéfaction. Possédait-il vraiment une île nommée Pitcairn à quinze quelque chose sud et à cent trente ouest (quelle que soit la signification de ces termes) ? Un dôme sur Mars ? Un pavillon de chasse dans le Yukon ? Où se trouvait le « Yukon » et pourquoi chasser là-bas ? Il fallait se trouver dans l’espace pour chasser. Quelles étaient toutes ces autres choses ?

Il en chercha une en particulier.

— Oncle Jack ? Et Rudbek ?

— Mais tu es assis dessus ?

— Oui… Mais est-ce que cela m’appartient ? Leda affirme que c’est à moi.

— Eh bien, oui. Mais il est inaliénable, c’est-à-dire que ton grand-père a fait en sorte que l’on ne puisse jamais le vendre… De façon à ce qu’il y ait toujours un Rudbek à Rudbek.

— Ah.

— J’ai pensé que cela te ferait plaisir de faire le tour de tes propriétés, et j’ai fait mettre une voiture à ta disposition. Celle qui nous a amenés ici te convient-elle ?

— Comment ? Mon Dieu, oui !

— Bien. Elle appartenait à ta mère et je n’ai pas eu le courage de la vendre. Mais j’y ai fait installer les dernières nouveautés technologiques. Tu pourrais convaincre Leda de venir avec toi. Elle connaît la plupart de ces endroits. Emmène aussi des amis, vous ferez un pique-nique. Reste aussi longtemps que tu le désires. Nous trouverons un chaperon pour vous accompagner.

Thorby posa le papier.

— Je le ferai sans doute, oncle Jack… plus tard. Mais maintenant je devrais commencer à travailler.

— Comment ?

— Combien de temps faut-il pour apprendre le droit ?

Le visage de Weemsby s’éclaira.

— Je comprends. Le style très particulier des avocats a dû te troubler. Il faut quatre ou cinq ans.

— Vraiment ?

— Pour toi, ce serait deux ou trois ans à Harvard ou dans une autre bonne école de commerce.

— J’ai besoin de cela ?

— Absolument.

— Euh… Tu dois le savoir mieux que moi…

— Je le devrais effectivement !

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