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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Il les a même augmentés, ajouta-t-elle avec insistance.

— Eh bien, oui. Toute la famille, nous nous considérons comme membres de la famille, bien que nous portions fièrement un nom bien à nous, toute la famille est satisfaite de la gestion de John.

Thorby n’était pas passionné par les vertus d’« oncle Jack ».

— Vous m’avez dit que nous avions quitté Akka pour l’Extrême-Etoile, et nous n’y sommes jamais arrivés, n’est-ce pas ? Cela se trouve très loin de Jubbul.

— Je crois. L’université ne possède qu’un petit écran galactique, et il est difficile de concevoir que ce qui n’a que quelques centimètres, mesure en réalité des centaines d’années-lumière.

— Cent soixante-dix années-lumière dans le cas présent.

— Voyons, combien cela peut-il faire de kilomètres ?

— Cela ne se mesure pas ainsi, pas plus qu’on ne mesure le canapé sur lequel tu es assis en microns.

— Allons, allons, ne sois pas pédant.

— Je ne le suis pas, Grand-père. Je pensais que cela faisait un long trajet entre l’endroit où j’ai été capturé et celui où j’ai été vendu pour la dernière fois. Je l’ignorais.

— Je t’ai déjà entendu utiliser le terme de « vendu ». Tu dois comprendre qu’il n’est pas correct. Après tout, le servage tel qu’il est pratiqué dans la Sargonie n’est pas de l’esclavage pur et simple. Il dérive de l’ancien système de « castes » hindou. C’est un ordre social, établi sur des obligations mutuelles dans les deux sens. Tu ne peux pas l’appeler esclavage.

— Je ne vois pas d’autre terme pour traduire le mot sargonais.

— Moi, j’en vois plusieurs. Je ne connais pas le Sargonais… Ce n’est pas très utile pour les études. Mais, mon cher Thor, tu n’es pas un étudiant en histoire des civilisations. Donne-moi quelque crédit sur mon propre terrain.

— Eh bien… – Thorby se sentit rabroué. – Je ne connais pas parfaitement l’Anglais Systématique, ni l’histoire. Je ne sais pas grand-chose en histoire.

— Sans doute. Je suis le premier à admettre mes lacunes.

— Mais je ne peux pas traduire cette expression autrement. On m’a acheté et j’étais un esclave !

— Allons, mon garçon.

— Ne contredis pas ton grand-père, chéri. Ce n’est pas bien.

Le jeune homme ferma la bouche. Il avait déjà mentionné ses années passées à mendier pour réaliser que sa grand-mère horrifiée trouvait qu’il s’était couvert de honte, sans toutefois le dire ouvertement. Et son grand-père aussi, qui savait beaucoup de choses, gardait son opinion toute faite, même si Thorby racontait les faits sous un autre angle. Il en conclut que c’était l’apanage des aînés d’avoir toujours raison et qu’on ne pouvait rien y faire. Il écouta cependant le vieil homme discourir sur l’histoire des Neuf Mondes. Ces propos ne s’accordaient pas avec ce que croyaient les Sargonais, mais s’apparentaient d’assez près avec ce que lui avait appris Pop, sauf ce qui concernait l’esclavage. Il se sentit soulagé quand la conversation fut ramenée sur Rudbek et son organisation. Il avoua ses difficultés.

— Rome n’a pas été bâtie en un seul jour, Thor.

— On dirait que je ne vais jamais y arriver ! J’envisage de retourner dans la Garde.

Son grand-père fronça les sourcils.

— Ce ne serait pas très avisé.

— Pourquoi donc ?

— Si tu n’as pas de talent pour les affaires, il y a d’autres professions tout à fait honorables.

— Ce qui signifie que la Garde ne l’est pas ?

— Hum… Ta grand-mère et moi, nous sommes des pacifistes convaincus. Il est indéniable qu’il n’existe aucune justification morale au fait de donner la mort à un être humain.

— Aucune, acquiesça fermement sa femme.

Le jeune homme se demanda ce que Pop penserait de cela ! Sornettes, il savait, lui ! Pop leur ferait la peau pour sauver un chargement d’esclaves.

— Que fais-tu quand un pirate te tombe dessus ?

— Un quoi ?

— Un bandit. Tu en as un à tes trousses et qui se rapproche à grands pas.

— Eh bien, tu t’enfuis, j’imagine. La morale interdit de se battre. On ne gagne rien avec la violence.

— Mais tu ne peux pas t’enfuir. Il est plus rapide. C’est toi ou lui.

— Alors tu te rends, cela fait échouer son objectif… Comme l’a prouvé l’immortel Gandhi.

Thorby soupira profondément.

— Je suis désolé, mais cela ne fait rien échouer du tout. Il faut se battre. Les pirates prennent des esclaves. J’en ai brûlé un et j’en suis fier.

— Comment ? Brûlé ?

— Je l’ai touché avec un missile atomique à tête chercheuse. Il a explosé en flammes dans l’espace.

La vieille femme eut un hoquet scandalisé. Puis le grand-père reprit avec une certaine raideur :

— Thor, je crains que tu n’aies reçu de mauvaises influences. Ce n’est sans doute pas de ta faute. Mais tu as beaucoup d’idées fausses sur les faits eux-mêmes et dans tes jugements. Maintenant, sois logique. Si tu l’as « brûlé », comme tu dis, comment sais-tu qu’il avait l’intention (je te cite) de « prendre des esclaves » ? Qu’en aurait-il fait ? Rien du tout.

Thorby se tut définitivement. Cela faisait une grande différence de quel côté de la Place on se trouvait pour juger de quelque chose… Il fallait avoir un certain statut pour être écouté. C’était une règle universelle.

L’homme continuait :

— Nous n’allons pas en dire davantage sur ce sujet. Quant à l’autre, je te donnerai le même conseil qu’à ton défunt père : si le commerce ne t’intéresse pas, tu n’as pas besoin de t’en occuper. Mais t’enfuir pour t’enrôler dans la Garde, non, mon garçon ! Ce romantisme puéril ne convient pas. Enfin, tu n’as pas besoin de te décider avant longtemps. John est un régent très compétent. Rien ne presse. – Il se leva. – Je le sais, car j’en ai parlé avec John. Il est prêt en toute humilité à porter le fardeau des responsabilités encore quelque temps… Ou très longtemps, au besoin. Maintenant, il faut aller au lit. L’aube est proche.

Thor partit le lendemain matin avec l’assurance polie que cette maison était la sienne, ce qui lui fit suspecter qu’elle l’était vraiment. Il gagna Rudbek City. Sa décision était prise, mûrie par une nuit sans sommeil. Il voulait vivre dans un vaisseau, reprendre l’uniforme de Pop. Il n’avait vraiment pas le style d’un patron milliardaire.

D’abord, il fallait faire quelque chose : obtenir les documents signés par ses parents, les comparer avec ceux préparés pour lui (son père devait être au courant des dispositions à prendre), et les signer, pour qu’oncle Jack puisse travailler librement après son départ. Grand-père avait raison sur un point : John connaissait le métier, et lui non. Il devrait lui être reconnaissant, le remercier avant de partir. Puis, adieu la Terre, en route pour le lieu où les gens parlaient le même langage que lui !

Il appela au bureau d’oncle Jack dès qu’il arriva. On lui dit qu’il n’était pas en ville. Il décida d’écrire un mot pour lui expliquer les choses plus clairement. Il fallait saluer Leda. Puis il appela le service juridique et demanda qu’on lui sorte du coffre les autorisations de ses parents, et qu’on les lui amène à son bureau.

A la place des documents, il vit arriver le juge Bruder.

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