Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
— Gardez vos conclusions pour vous. La bagarre a-t-elle continué ?
— Non, mon commandant. On nous a séparés.
— Très bien, Baslim, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?
— Rien, mon commandant.
— Est-ce bien ce qui s’est passé ?
— Oui, mon commandant.
Brisby cessa de penser. Sa mâchoire était contractée. Il était en colère ; un sentiment qu’il ne se permettait pas d’exprimer au mât. Il se sentait abandonné. Tout de même, il devait y avoir autre chose.
Au lieu de rendre la sentence, il dit :
— Mettez-vous sur le côté. Colonel Stancke…
— Oui, mon commandant ?
— Y avait-il d’autres témoins ? Je veux les entendre.
— Ils attendent dehors.
— Très bien.
Thorby fut reconnu coupable et condamné à trois jours au pain et à l’eau, à l’isolement, sentence suspendue, trente jours de probation ; grade suspendu.
Décibel Peebie fut reconnu coupable (les membres du tribunal n’insistèrent pas quand Brisby énonça toutes les charges que l’on pouvait trouver contre lui) d’« Incitation à la violence, spécification : usage de termes péjoratifs à l’encontre d’un autre soldat de la Garde en se référant à sa race, sa religion, son lieu de naissance, ou sa situation avant son enrôlement, le vaisseau étant…» et condamné à trois jours au pain et à l’eau, à l’isolement, sentence suspendue, réduction d’un grade, quatre-vingt-dix jours de probation en référence au pain et à l’eau, à l’isolement, seulement.
Le colonel et le vice-colonel rentrèrent dans le bureau de Brisby, qui avait l’air maussade. Il détestait par-dessus tout rendre la justice.
— Dommage que tu aies dû épingler le petit Baslim, dit Stancke. Je crois qu’il était justifié.
— Bien sûr, il avait raison. Mais l’« Incitation à la violence » n’est pas une excuse à la violence. Rien ne l’est.
— Tu devais le faire. Mais je n’aime pas ce Peebie. Je vais étudier soigneusement ces notes d’efficacité.
— Fais-le. Mais, bon sang, Stinky, j’ai l’impression d’avoir commencé la bagarre, moi-même.
— Comment ?
— Avant-hier, j’ai dû annoncer à Baslim que nous n’avions pas pu l’identifier. Il est sorti dans un état de choc. J’aurais dû écouter l’officier psychologue. Ce garçon a gardé des stigmates qui le rendent irresponsable de ses actes. Je veux dire qu’il n’a pas le bon stimulus. Je suis content qu’il s’agissait seulement de purée de pommes de terre et non d’un couteau.
— Allons, chef ! La purée ne peut être considérée comme une arme mortelle.
— Tu n’étais pas là quand il a reçu la mauvaise nouvelle. Il est malheureux de ne pas savoir qui il est.
Le visage poupin de Stancke prit un air pensif.
— Patron ? Quel âge avait le gamin quand il a été capturé ?
— Hein ? Kris pense qu’il devait avoir quatre ans.
— Commandant, dans la forêt vierge où tu es né, à quel âge a-t-on pris tes empreintes digitales, déterminé ton groupe sanguin, photographié tes rétines et le reste ?
— Eh bien, quand j’ai commencé l’école.
— Moi aussi. Je parie qu’ils attendent aussi longtemps dans la plupart des endroits.
Brisby cligna des yeux.
— C’est pour cette raison qu’ils n’ont rien trouvé sur lui.
— Peut-être. Mais sur Riff, ils prennent l’identité d’un bébé avant même qu’il sorte de la salle d’accouchement.
— Chez moi, c’est pareil. Mais…
— Evidemment. C’est une pratique répandue. Mais comment ?
Le colonel pâlit et donna un coup de poing sur son bureau.
— Les empreintes des pieds ! Nous ne les avons pas envoyées. – Il appuya brutalement sur l’interphone. – Eddie ! Faites venir Baslim sur-le-champ !
Thorby enlevait tristement le galon qu’on lui avait permis de porter pendant si peu de temps. Il était effrayé par l’ordre péremptoire, cela ne présageait rien de bon.
Mais il se dépêcha. Brisby lui lança un regard furibond.
— Baslim, enlevez vos chaussures !
— Mon commandant ?
— Enlevez vos chaussures !
La réponse à la missive qui fournissait les empreintes de Thorby au Bureau du Personnel, remettant en cause l’échec des recherches sur son identité, arriva quarante-huit heures plus tard, au moment où Hydra faisait son approche finale sur Ultima Thule. Le colonel le décoda quand le vaisseau eut accosté.
« SOLDAT THORBY BASLIM IDENTIFIE PERSONNE DISPARUE THOR BRADLEY RUDBEK TERRE PAS HEKATE TRANSFERER RUDBEK LE PLUS VITE POSSIBLE PAR VAISSEAU COURRIER SUR TERRE PARENT PROCHE PRENDRA EN CHARGE ARRIVEE REPETE LE PLUS VITE POSSIBLE – CHEF DU BUREAU DU PERSONNEL »
Brisby exultait.
— Le colonel Baslim ne se trompe jamais. Vivant ou mort, il ne se trompe jamais !
— Chef…
— Comment ?
— Lis-le encore une fois. Remarque qui il est.
Brisby relut le message, puis ajouta d’une voix enrouée :
— Pourquoi ces choses arrivent-elles toujours à Hydra ?
Il alla vers la porte et l’ouvrit.
— Eddie !
Thorby resta sur la merveilleuse planète Ultima Thule seulement deux heures et vingt-sept minutes. Ce qu’il vit de ce fameux paysage se borna au champ entre le Hydra et le vaisseau-courrier Ariel. Trois semaines plus tard, il était sur la Terre. Il en avait le vertige.
17
Magnifique Terre, Mère des Mondes ! Quel poète, qu’il ait ou non eut le privilège d’y aller, n’a pas tenté d’exprimer la nostalgie des hommes pour le berceau de l’humanité… Pour ses vertes collines, ses ciels ornés de nuages, ses océans tumultueux, son charme maternel et chaleureux.
Thorby eut sa première vision de la Terre légendaire à travers l’écran du C.G.H. Ariel. Le capitaine N’Gangi, commandant du courrier augmenta la puissance et fit ressortir les ombres pointues des pyramides d’Egypte. Le garçon n’en réalisa pas la signification historique, et ne regarda pas du bon côté. Mais il était content de voir une planète de l’espace, n’ayant jamais bénéficié de ce privilège avant.
Cependant le voyage fut ennuyeux. Le courrier était très rapide et peu chargé, avec un équipage de trois ingénieurs, trois astrogateurs, qui se trouvaient généralement à leur poste de garde ou au lit. Il débuta fort mal, car le capitaine N’Gangi était irrité par l’ordre du Hydra de transporter un passager. Les courriers n’aiment pas emmener des voyageurs, la poste doit atteindre sa destination.
Mais Thorby se tint à carreau, servit les repas précuits, et passa le plus clair de son temps à piocher dans la bibliothèque (un tiroir sous la couchette du capitaine). Lorsqu’ils approchèrent de Sol, le commandant avait surmonté sa mauvaise humeur… pour la retrouver en recevant l’ordre d’atterrir sur le terrain des Entreprises Galactiques au lieu de la Base de la Garde. Toutefois N’Gangi serra la main de Thorby en lui donnant sa décharge et la lettre de change du comptable.
Au lieu de descendre l’échelle de corde (les courriers n’ont pas de treuil), un ascenseur monta jusqu’au jeune homme. Il s’arrêta au niveau de la porte et permettait de sortir aisément. Un homme dans l’uniforme des Entreprises Galactiques vint à sa rencontre.
— Monsieur Rudbek ?
— C’est moi… j’imagine.
— Par ici, je vous prie, monsieur Rudbek.
L’ascenseur les emmena sous terre dans un magnifique salon. Thorby, débraillé et pas trop propre, après avoir passé des semaines entassé dans une boîte en acier, ne se sentait pas à l’aise. Il regarda autour de lui.