Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 52 53 54 55 56 57 58 59 60 ... 376
Перейти на страницу:

Une nouvelle guerre commence. La Lituanie appelle à la rescousse l’Ordre de Livonie ; Moscou a de son côté les khans de Crimée et de Kazan. En mai 1500, les armées moscovites font irruption en Lituanie. En juillet, sur les bords de la Vedrocha, elles mettent en déroute l’armée d’Alexandre ; les détachements tatars prennent Briansk, Viazma, Dorogobouj, Poutivl, franchissent la Vistule et s’enfoncent à l’intérieur de la Pologne. En 1501, l’armée moscovito-tatare bat à nouveau les Lituaniens et l’emporte sur les chevaliers de Livonie, commandés par le grand-maître von Plettenberg. Au plus fort du conflit (1501), Alexandre est élu roi de Pologne et restaure l’Union polono-lituanienne. Toutefois, la noblesse lituano-russe refuse de la reconnaître. En 1503, Alexandre signe un armistice de six ans avec Moscou : Ivan III conserve toutes ses conquêtes occidentales.

La politique extérieure d’Ivan III, qui élargit considérablement le territoire de la principauté de Moscou, est l’exemple même de « l’impérialisme défensif ». À la fin du XVe siècle, le grand-prince moscovite peut, à plein droit, se qualifier de « souverain de toute la Russie ». Les victoires matérielles – territoriales – reçoivent ainsi un fondement idéologique.

2 La « Troisième Rome »

Deux Rome sont tombées, la troisième est solide et il n’en sera pas de quatrième.

Philothée de Pskov.

La célèbre prophétie du moine Philothée est formulée dans son Épître au grand-prince Vassili Ivanovitch, le fils d’Ivan III. Mais les quarante-trois ans de règne d’Ivan III ont réuni les conditions permettant de faire de Moscou la « Troisième Rome. La première de ces conditions est extérieure à la Moscovie : c’est la chute de Byzance et la prise de Constantinople, en 1453, par le sultan Mehmet II. La fin de l’empire orthodoxe a un terrible impact en Russie. D’un côté, on y voit l’annonce de la fin du monde, de l’autre un châtiment pour l’acceptation, en 1438-1439, au concile de Ferrare-Florence, de l’Union visant à fondre les Églises chrétiennes d’Orient et d’Occident. Cet accord, au demeurant, n’avait été que temporaire, Byzance n’ayant pas tardé à rejeter l’Union ; mais Moscou ne pouvait pardonner la plus petite hésitation.

L’opinion se répand peu à peu que « le souverain russe a vocation à remplacer l’empereur byzantin, que les Russes sont appelés à succéder aux Grecs et à prendre la première place parmi les peuples orthodoxes, parce qu’ils sont meilleurs chrétiens qu’eux1 ». L’auteur de la biographie de Philothée note que « ni à l’ouest de l’Europe ni même en Grèce, nul ne tira, de l’Union de Florence et de la chute de Constantinople, la même conclusion que les Russes érudits2 ». En Russie, cette conclusion est exprimée et diffusée par le biais des textes littéraires. Après la chute de Constantinople, le Récit de la prise de Tsargrad devient populaire dans la Rus. Son auteur, Nestor-Iskander, Russe converti à l’islam, a pris part au siège et à l’assaut de la capitale impériale. Son récit attire d’autant plus l’attention qu’il évoque la prophétie de Léon le Sage, annonçant que Tsargrad sera libérée des infidèles par le peuple des Rus. Pour Nestor-Iskander, il ne fait aucun doute qu’il s’agit des Russes. Son interprétation est reprise avec enthousiasme en Russie, comme la preuve que les Russes seront les libérateurs de Constantinople. D’autres textes paraissent, qui font de Moscou l’héritière politique de Byzance. L’Histoire de Babylone, les Récits sur les princes de Vladimir proposent une généalogie des empereurs byzantins parfaitement fantaisiste. Mise au point par des moines russes, elle fait des princes moscovites les descendants directs des maîtres de Babylone, dont l’héritage fut transmis à Byzance. Ivan le Terrible s’appuiera à son tour sur les Récits, pour affirmer que sa lignée remonte à l’empereur romain Auguste. Des calculs très précis sont effectués : avant sa mort, Auguste avait partagé le monde entre les membres de sa famille ; son frère Prus avait reçu les territoires compris entre la Vistule et le Niemen (la terre des Prusses), « or, de Prus descendait, à la quatorzième génération, le grand souverain Rurik ».

La conception politique de l’autocratie moscovite et de « Moscou, Troisième Rome » naît dans les monastères. Cela s’explique par le fait qu’ils sont alors l’unique lieu de savoir, mais aussi parce qu’ils représentent une force réelle, impliquée depuis longtemps dans la vie politique, par leur action spirituelle et leurs missions. Les monastères apparaissent dans la Rus peu après l’adoption du christianisme ; à compter du XIe siècle, leur nombre augmente rapidement. Le « joug » tatar est une période de puissant développement de la vie monastique : en un siècle et demi (du XIVe au milieu du XVe), cent quatre-vingts nouveaux monastères sont ainsi édifiés3. Certains abritent jusqu’à trois cents moines, d’autres seulement cinq ou six, voire deux. Les fondateurs en fixent parfois la règle, mais les fondements de la vie quotidienne des moines de l’ancienne Russie sont les mêmes partout. À la tête de la communauté se trouve le supérieur, ainsi qu’un concile formé des « meilleurs frères ». Le plus souvent, le supérieur est élu par le concile, mais il peut également être nommé par l’évêque diocésain, si le monastère en dépend. Les supérieurs des principaux monastères sont confirmés dans leurs fonctions, voire directement nommés par le grand-prince. Si l’accès au monastère est libre, seuls ceux qui apportent une contribution matérielle sont considérés comme des membres à part entière de la communauté ; ceux qui viennent les mains vides et demandent à être accueillis « pour l’amour de Dieu », ne participent pas à la vie du monastère et sont des moines errants – un phénomène très caractéristique de la Vieille Russie.

Les contributions reçues et l’action colonisatrice des moines (ils s’installent en des lieux isolés où ils sont rejoints par des laïcs, une colonie apparaît ainsi) augmentent les domaines des monastères. Leurs votchinas s’agrandissent aussi par des cadeaux des princes, des dons privés, des héritages, des achats de terres. Nous ne disposons d’informations sur les biens des monastères – outre des terres, ils possédaient des maisons, des auberges, des étuves, des ateliers de saunaison… – que depuis le milieu du XVIIe siècle ; ils gèrent alors, selon certaines sources, quelque quatre-vingt-trois mille familles paysannes qui leur appartiennent en propre. Le statut juridique de ces possessions est défini par des chartes, qui énumèrent leurs privilèges. Lorsqu’il s’agit d’avantages financiers, ces chartes portent le nom tatar de tarkhans ; lorsqu’elles attestent de privilèges juridiques, ce sont des chartes d’immunité. Les chartes sont accordées par les khans tatars, les princes de Moscou (et les princes patrimoniaux), les autorités de Novgorod et les métropolites. Les monastères ont le pouvoir de faire venir des gens sur leurs terres ; si leurs paysans sont exemptés des redevances et de la taille, ils prélèvent eux-mêmes certains impôts à la place du gouvernement. Ils bénéficient d’un autre atout important : le droit d’exercer la justice sur leurs domaines ; ils ne dépendent pas de la justice civile ou religieuse : les monastères sont l’affaire du grand-prince.

1 ... 52 53 54 55 56 57 58 59 60 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)