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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Brisby s’efforçait de se rassurer. On lui avait notifié de ne pas laisser le jeune homme avoir accès à des secteurs stratégiques du vaisseau le jour même où ils avaient quitté Hekate, quand il espérait qu’on l’identifierait tout de suite. Il garda cette information pour lui en se basant sur la conviction que le colonel Baslim ne se trompait jamais et que l’affaire serait éclaircie.

Lorsque Thorby fut muté au Contrôle de Combat, Brisby était inquiet en voyant l’ordre passer sur son bureau. C’était une zone de « sécurité » que l’on ne faisait pas visiter. Puis il conclut qu’un homme sans formation spéciale ne pouvait pas y apprendre grand-chose qui puisse réellement affecter la sécurité, et qu’il utilisait déjà le gamin dans un secteur beaucoup plus brûlant. Il apprenait des choses importantes : le vieil homme avait utilisé la couverture d’un mendiant unijambiste pour cacher un double jeu… Mais en plus, il avait vraiment été mendiant. Avec le gamin, ils n’avaient vécu que sur les aumônes. Brisby admira une telle perfection d’artiste. Ce devrait être un exemple pour les autres agents.

Mais le Vieux avait toujours brillé.

Le commandant laissa donc Thorby au contrôle de combat. Il omit seulement de rendre cette promotion permanente de façon à ce que le changement de classe ne soit pas envoyé au Bureau du Personnel. Il avait hâte donc de recevoir le résultat de l’enquête sur l’identité de Thorby.

Son officier en second était avec lui, quand il arriva enfin. Il était codé, mais Brisby reconnut le matricule du garçon. Il l’avait marqué tant de fois sur les rapports pour la Division « X ».

— Regarde, Stinky ! Nous allons savoir qui est notre enfant trouvé. Prends la machine, le coffre est ouvert.

Dix minutes plus tard, le message était transcrit : « RESULTAT NEGATIF ENQUETE IDENTITE BASLIM THORBY SOLDAT TROISIEME CLASSE TRANSFERT A TOUTE STATION RECEPTRICE RETRANSFERER HEKATE POUR INVESTIGATION – CHEF BUREAU PERSONNEL. »

— Stinky, on est dans le pétrin ?

— Voilà comment la roue tourne, reprit Stancke en haussant les épaules.

— J’ai l’impression d’avoir laissé tomber le Vieux. Il était sûr que le gamin était citoyen de l’Hégémonie.

— Je soupçonne qu’il y a des millions de citoyens qui aurait le plus grand mal à prouver qui ils sont. Le colonel Baslim a peut-être raison, mais on ne peut pas le démontrer.

— Je regrette terriblement d’avoir à le transférer. Je me sens responsable de lui.

— Ce n’est pas de ta faute.

— Tu n’as jamais servi sous les ordres du colonel. Il n’était pas exigeant… Tout ce qu’il demandait c’était la perfection à cent pour cent. Je ne crois pas l’avoir satisfait.

— Arrête de t’en prendre à toi-même. Tu dois accepter le résultat.

— Il vaut mieux en finir tout de suite. Eddie ! Je veux voir l’artilleur Baslim sur-le-champ.

Thorby remarqua que le commandant avait l’air maussade, mais il était souvent ainsi.

— Artilleur Troisième Classe Baslim au rapport, mon commandant.

— Thorby…

— Oui ?

Le garçon était stupéfait. Le colonel utilisait parfois son prénom parce qu’il y répondait quand il était sous hypnose. Mais ce n’était pas le cas présent.

— Le rapport sur ton identité est parvenu.

— C’est vrai ?

Thorby quitta son attitude militaire, en éprouvant un élan de joie. Il allait savoir qui il était !

— Ils ne peuvent pas t’identifier. – Brisby attendit, puis ajouta brutalement : – Tu as compris ?

Le garçon déglutit.

— Oui, mon commandant. Ils ne savent pas qui je suis. Je ne suis… personne.

— Ridicule ! Tu es toujours toi-même.

— Oui, mon commandant. C’est tout ? Je peux disposer ?

— Un instant. Je dois te retransférer sur Hekate. – Il ajouta rapidement en voyant l’expression de Thorby : – Ne t’inquiète pas, ils te laisseront probablement servir ton engagement, si tu le désires. De toute façon, ils ne vont rien te faire, tu n’as rien fait de mal.

— Oui, mon commandant, répéta le garçon d’une voix terne.

Rien et personne… Il avait devant lui l’image aveuglante d’un vieux, vieux cauchemar… Debout sur une estrade, il entendait un crieur faire sa description pendant que des yeux de glace le fixaient. Mais il se reprit et fut tranquille le reste de la journée. Ce ne fut que dans l’obscurité du compartiment qu’il mordit son oreiller en murmurant :

— Pop… Oh, Pop !

L’uniforme de la Garde recouvrait les jambes de Thorby, mais dans les douches, on pouvait voir le tatouage sur sa cuisse gauche. Quand quelqu’un faisait la remarque, Thorby expliquait sans embarras ce qu’il signifiait. Les réactions variaient en allant de la curiosité, à l’incrédulité, à l’étonnement complet à l’idée qu’un homme ait pu vivre la capture, la vente, la servitude, pour redevenir miraculeusement libre ensuite. La plupart des civils ne réalisaient pas que l’esclavage existait toujours. Mais les soldats de la Garde savaient, eux.

Personne n’était désagréable avec lui à ce sujet.

Mais le jour suivant le résultat négatif, Thorby rencontra « Décibel » Peebie dans les douches. Thorby ne lui dit rien. Ils ne s’adressaient pas beaucoup la parole depuis que Thorby n’était plus sous les ordres de Peebie, malgré le fait qu’ils mangeaient à la même table pendant les repas. Ce fut Peebie qui parla.

— Salut, commerçant !

— Salut, fit Thorby en commençant à se laver.

— Qu’est-ce que tu as sur la jambe ? De la crasse ?

— Où ?

— Sur la cuisse. Reste tranquille. Laisse-nous voir.

— Garde tes mains à leur place !

— Ne sois pas si susceptible. Tourne-toi vers la lumière. Qu’est-ce que c’est ?

— La marque d’un esclave, expliqua le garçon brutalement.

— C’est pas vrai ? Tu es esclave alors ?

— Je l’ai été.

— On t’a mis des chaînes, et tu devais embrasser les pieds de ton maître.

— Ne dis pas de bêtises !

— Qui parle ? Tu sais quoi, petit commerçant ? Je connais ce signe, et je crois que tu l’as tatoué toi-même. Pour te vanter. Comme cette histoire du vaisseau que tu as brûlé.

Thorby arrêta sa douche et sortit.

Au dîner, il se servait de purée de pommes de terre, quand il entendit Peebie crier quelque chose. Ses oreilles se fermèrent automatiquement au bruit incessant produit par « Décibel ». Mais celui-ci répéta :

— Hé, l’esclave ! Passe-moi les pommes de terre ! Tu sais qui je veux dire ! Lave-toi les oreilles !

Le garçon lui passa les pommes de terre, le saladier avec, dans une trajectoire parfaite. Le saladier rempli de purée s’adapta exactement au visage de Décibel.

Thorby fut accusé d’avoir « Attaqué un Officier Supérieur, le Vaisseau étant dans l’Espace et Prêt au Combat ». Peebie comparut en tant que témoin plaignant.

Brisby se tenait derrière le bureau du mât de justice, en proie à une forte irritation. Il écouta le récit du sous-officier.

— Je lui ai demandé de me passer les pommes de terre… Il me les a envoyées en pleine figure.

— C’est tout ?

— Eh bien, je n’ai peut-être pas dit : s’il te plaît. Mais ce n’est pas une raison…

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