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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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A la tête de table de Thorby, il y avait son sous-officier, artilleur, 2/c Peebie, surnommé « Décibel ». Un jour, Thorby mangeait sans écouter ce qui se passait autour de lui, en se demandant s’il allait visiter la bibliothèque ou assister à un spectacle stéréo, lorsqu’il entendit son surnom :

— C’est vrai, Commerçant ?

Thorby en était fier, mais pas dans la bouche de Peebie, qui avait un humour très personnel. Il appelait le garçon par son surnom, s’enquérait avec sollicitude si les affaires marchaient bien, et mimait le geste de compter de l’argent. Jusque-là, Thorby avait ignoré ce manège.

— Qu’est-ce qui est vrai ?

— Pourquoi tu ne te laves pas les oreilles de temps en temps ? Ou alors, c’est que tu n’es capable d’entendre que le froissement des billets et le cliquetis des pièces ? Je leur ai dit ce que j’ai dit à l’officier balisticien : le seul moyen d’en descendre un maximum, c’est de poursuivre les pirates, et non d’imiter les commerçants, trop craintifs pour se battre, et trop gros pour courir.

Thorby eut un frémissement.

— Qui t’a dit que les marchands avaient peur de se battre ?

— Fais pas le malin ! Qui a jamais entendu parler d’un bandit grillé par un commerçant ?

Peebie aurait pu être sincère. On ne faisait aucune publicité aux vaisseaux détruits par la Famille, mais Thorby n’en était que plus en colère.

— Moi.

Peebie prit cette affirmation pour une vantardise.

— Ah, vraiment ? Ecoutez ça un peu, les gars. Notre colporteur est un héros. Il a grillé un bandit tout seul, comme un grand ! Raconte-nous donc. As-tu mis le feu à ses cheveux ? Ou versé du potassium dans sa bière ?

— J’ai utilisé, déclara le garçon, un missile à une section Mark XIX, fabriqué par Bethléhem-Antares et armé avec une ogive nucléaire de 20 mégatonnes de plutonium. J’ai tiré en calculant le rapprochement du champ de rayonnement et prévoyant la courbe de collision.

Il y eut un silence. Finalement Peebie le brisa d’un ton glacial :

— Où est-ce que tu as lu ça ?

— C’était inscrit sur la bande après l’affrontement. J’étais aiguilleur en chef à tribord. L’ordinateur à bâbord ne marchait pas. Je suis donc sûr que c’est moi qui l’ai détruit.

— Maintenant il est un officier balisticien ! Colporteur, ne colporte pas tes histoires ici.

Thorby haussa les épaules.

— Je l’étais pourtant. Plutôt un officier chargé du contrôle des armes, d’ailleurs. Je n’ai jamais appris grand-chose sur le matériel lui-même.

— Et modeste avec ça ! Ça ne coûte rien de parler, commerçant.

— Tu dois le savoir toi, Décibel.

Peebie fut arrêté en entendant son surnom. Thorby n’évalua pas les conséquences d’une telle familiarité. Une autre voix doucereuse les interrompit :

— C’est ça, Peebie. Ça ne coûte rien de parler. Maintenant, raconte-nous donc les cartons que tu as fait, toi. Vas-y.

Celui qui venait de parler n’était pas classé, mais il était employé dans le bureau du commandant en second et n’avait donc rien à craindre de Peebie.

Celui-ci devint écarlate.

— Trêve de boniments, grommela-t-il. Baslim, je veux te voir à zéro huit cents au contrôle de combat. On va voir ce que tu sais sur le dépistage et le tir.

Thorby n’avait pas envie d’être testé, car il ne connaissait rien au matériel du Hydra. Mais c’était un ordre. Il affronta donc le sourire ironique de Peebie à l’heure dite.

Son sourire disparut rapidement. Les instruments de ce vaisseau ne ressemblaient en rien à ceux de Sisu, mais le principe était le même. En outre, le sergent artilleur (cybernéticien) ne parut pas trouver anormal qu’un ex-commerçant sache tirer. Il était toujours à la recherche de talent : des gens, capables de manier des ordinateurs pour des problèmes de balistique à des vitesses en dessous de la lumière, étaient aussi rares parmi les soldats de la Garde que dans la Famille.

Il questionna Thorby sur l’appareil qu’il avait utilisé, puis hocha la tête.

— Je n’en ai vu que des diagrammes sur un appareil tandem Dusseldorf. Mais cette approche est dépassée. Enfin, si vous avez pu mettre dans le mille avec cette ferraille, on pourra se servir de vous. – Il se tourna vers Peebie, – Merci, Décibel, je rapporterai à l’officier balisticien. Restez dans les parages, Baslim.

Peebie eut l’air étonné.

— Il a du travail, sergent.

Le sergent Luter haussa les épaules.

— Dis à ton sous-officier chef que j’ai besoin de Baslim ici.

Thorby avait été choqué d’entendre le magnifique ordinateur de Sisu traité de « ferraille ». Mais il comprit rapidement ce que Luter voulait dire. Le cerveau énorme qui se battait pour Hydra était un génie parmi les ordinateurs. Il n’aurait jamais pu le contrôler tout seul, mais il servait bientôt comme artilleur 3/c (cybernéticien) et se trouvait relativement à l’abri des traits d’esprit de Peebie. Il commençait à se sentir dans la peau d’un soldat de la Garde, subalterne mais accepté par ses camarades de bord.

Hydra naviguait au-dessus de la vitesse de la lumière vers le monde du Limbe, Ultima Thule, où il ferait le plein et se mettrait en chasse pour les hors-la-loi. Aucune réponse ne parvint au vaisseau au sujet de l’identité de Thorby. Il était content de son statut dans l’ancien uniforme de Pop, et pensait que Pop serait fier de lui. Sisu lui manquait, mais un vaisseau sans femmes simplifiait la vie. D’ailleurs Hydra n’avait pas un règlement aussi restrictif que Sisu.

Cependant le colonel Brisby ne laissa pas Thorby oublier les motifs de son engagement. Les officiers supérieurs sont très éloignés des recrues en termes d’échelons ; un homme non classé n’aperçoit souvent son commandant qu’aux revues. Mais Brisby appela plusieurs fois le jeune homme dans son bureau.

Il reçut l’autorisation de la Division Exotique de discuter le rapport du colonel Baslim avec le courrier de celui-ci, mais en tenant compte de la situation critique du sujet.

Il commença par prévenir Thorby de la nécessité de se taire. Brisby lui signifia que s’il bavardait, il recevrait la punition la plus sévère que la cour martiale pouvait infliger.

— Mais ce n’est pas le principal. Nous devons être sûrs qu’il n’en sera jamais question. Sinon nous ne pouvons en discuter.

Thorby hésita.

— Comment puis-je savoir que je vais me taire, si je ne sais pas de quoi il s’agit ?

Brisby eut l’air ennuyé.

— Je peux t’en donner l’ordre.

— Bien sûr, mon commandant. Mais même ainsi, serez-vous certain que je ne vais pas risquer de passer en cour martiale ?

— Mais c’est ridicule ! Je veux parler du travail du colonel Baslim. Mais tu as intérêt à garder ton clapet bien fermé, sinon je te mets en pièces de mes propres mains. C’est clair ? Ce n’est pas un jeune morveux qui va me chicaner quand il s’agit du travail du Vieux !

Le garçon parut soulagé.

— Pourquoi ne l’avez-vous pas dit tout de suite, commandant ? Je ne parlerai jamais de quoi que ce soit qui concerne Pop. C’est la première chose qu’il m’a apprise.

— Oh, reprit Brisby avec un sourire. J’aurais dû m’en douter. Ça va.

— Je suppose, ajouta-t-il pensivement, que je peux vous parler en toute liberté.

Le colonel était stupéfait.

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