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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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— Cette cité est pleine de mystères, dit-il après quelques instants de silence. Je m’y sens vraiment mal à l’aise.

— Et moi, je la déteste ! s’écria Konya avec une véhémence inattendue. Je la déteste autant que tu peux détester le peuple de la jungle !

— Pourquoi ? demanda Harruel en se tournant vers lui, l’air étonné.

— C’est une ville morte. Elle n’a pas d’âme.

— Non, dit Harruel, elle vit. Elle est morte et, d’une certaine manière, elle vit. Je la déteste autant que toi, mais pas parce qu’elle est morte. Elle a une étrange manière de vie qui n’est pas la nôtre. Elle a une âme qui n’est pas une âme comme la nôtre. Et c’est pour cela que je la déteste.

— Morte ou vivante, dit Konya, je donnerais n’importe quoi pour la quitter sur-le-champ. Et j’aurais préféré ne jamais l’avoir connue. D’ailleurs nous n’aurions pas dû venir ici, ajouta-t-il d’une voix qui semblait quêter l’approbation d’Harruel.

— Non, Konya, dit Harruel. Ce n’est pas vrai. Nous avons bien fait de venir. La ville renferme des objets qui nous seront très utiles. Tu sais ce que disent les chroniques ; que nous trouverons à Vengiboneeza d’anciens objets des yeux de saphir qui nous aideront à établir notre domination sur la planète.

— Mais nous sommes déjà là depuis plusieurs mois et nous n’avons rien trouvé !

— Koshmar est trop timorée, dit Harruel avec un haussement d’épaules. Hresh est le seul qu’elle autorise à faire des recherches. La ville est immense et ce n’est qu’un enfant. Je pense que, chaque jour, nous devrions tous explorer les coins et les recoins de la cité. Les objets sont cachés quelque part et, un jour ou l’autre, nous les trouverons. Puis nous les emporterons loin d’ici. L’important sera de partir dès que nous aurons trouvé ce que nous sommes venus chercher.

— J’ai pourtant l’impression que Koshmar passerait volontiers le restant de ses jours à Vengiboneeza, dit Konya.

— Qu’elle reste, si elle veut !

— Je voulais dire qu’elle nous obligerait tous à rester. La ville devient pour elle comme un nouveau cocon. Elle n’a aucunement l’intention de partir.

— Il faut partir, dit Harruel. La planète nous attend ! Nous sommes les nouveaux maîtres !

— Je crois quand même que Koshmar ne…

— Qu’importe ce que fait Koshmar ! tonna Harruel.

— Qu’as-tu dit, Harruel ? demanda Konya en écarquillant les yeux de surprise.

— Je dis que nous sommes venus dans cette ville pour apprendre comment gouverner la planète du Printemps Nouveau et qu’il nous faut consacrer toute notre énergie à atteindre ce but. Et qu’ensuite nous devrons partir pour accomplir ailleurs notre destinée. Tu détestes Vengiboneeza et moi aussi. Si Koshmar se plaît ici, elle peut y finir sa vie. Quand le moment viendra, et il viendra bientôt, je guiderai le Peuple hors de la ville !

— Et je te suivrai, dit Konya.

— Oui, je sais que tu le feras.

— Es-tu prêt à emmener tous les autres ?

— Seulement ceux qui auront décidé de partir, répondit Harruel. Seuls les forts et les braves. Les autres peuvent rester, cela m’est complètement égal.

— Alors, tu deviendras le nouveau chef ?

— Le titre de chef est lié à la vie dans le cocon, répondit Harruel en secouant la tête. Et cette vie est terminée. De plus, le chef est toujours une femme. Koshmar peut garder ce titre si cela lui chante, mais il ne lui restera sans doute plus grand monde sur qui exercer son autorité. Moi, je prendrai un autre titre, Konya.

— Quel titre ?

— Je prendrai le titre de roi, dit Harruel.

La longue période de chaleur dont la tribu avait profité depuis son arrivée à Vengiboneeza s’acheva brusquement. Pendant trois jours souffla un violent vent du nord accompagné de bourrasques de pluie glacée. Le ciel vira au noir pour ne plus changer de couleur. La faune ailée luttait rageusement contre le vent. Les oiseaux tentaient de mettre le cap sur l’occident, mais en vain, car le vent les rabattait vers le sud.

— Une nouvelle étoile de mort s’est écrasée sur la Terre, dit Kalide à Delim. Le Long Hiver est de retour.

Delim rapporta ses paroles à Cheysz en ajoutant qu’elle avait entendu dire que la pluie allait bientôt se transformer en neige.

— Nous allons tous mourir de froid, dit Cheysz à Minbain. Il faut nous calfeutrer comme dans le cocon, sinon nous allons mourir quand le Long Hiver reviendra.

Et Minbain fit venir Hresh et lui demanda ce qu’il pensait de tout cela.

— Était-ce un faux printemps que nous avons connu. Ne serait-il pas prudent d’entreposer de la nourriture dans les caves de la ville pour nous permettre d’attendre la fin de la période de gel ?

Elle dit à son fils que la vie à Vengiboneeza avait été si facile que ce devait être un piège des dieux ; que le soleil allait demeurer caché pendant des mois, ou même des années, et qu’ils périraient tous s’ils ne prenaient pas des mesures immédiates. Comme il leur était impossible de retourner dans leur cocon, Vengiboneeza était leur seul refuge. Mais, malgré la splendeur de la cité, elle se demandait si Vengiboneeza pourrait leur fournir un abri suffisant pour le cas où le Long Hiver étendrait à nouveau son emprise sur la planète. Si les yeux de saphir n’avaient pas réussi à survivre dans leur capitale, comment la tribu pourrait-elle le faire ?

— Tu t’inquiètes pour rien, mère, dit Hresh en souriant. Nous ne risquons absolument pas de mourir de froid. Le temps s’est détraqué depuis quelques jours, mais il va bientôt s’améliorer.

Mais la rumeur d’inquiétude qui courait en s’amplifiant dans les rangs de la tribu était parvenue aux oreilles de Koshmar. Et le chef convoqua le chroniqueur.

— Devons-nous vraiment craindre le retour du Long Hiver ? demanda-t-elle, la mine lugubre, la tête penchée sur l’épaule et le regard dur. Est-il vrai que le soleil ne brillera plus pendant encore mille ans ?

— Je pense que ce n’est qu’un gros orage.

— Si le temps est aussi mauvais à Vengiboneeza malgré l’abri des bâtiments, ce doit être terrible ailleurs.

— Peut-être, Koshmar. Mais, dans quelques jours, le soleil et la chaleur seront revenus. J’en ai la conviction.

— La conviction ! La conviction ! C’est d’une certitude absolue dont j’ai besoin ! Il doit bien exister un moyen de le savoir !

Hresh la regarda d’un air gêné. Koshmar avait aménagé un nid douillet pour Torlyri et pour elle dans le petit bâtiment trapu au pied de la tour. Dans la pièce remplie de fleurs séchées, des guirlandes de joncs odorants étaient accrochées aux murs et le sol était recouvert de peaux. Mais le vent glacé faisait trembler les fenêtres et pénétrait dans la pièce par les conduits d’aération. Depuis le début, Koshmar avait affirmé que le Long Hiver était terminé. Elle avait consacré toute son énergie à préparer l’abandon du cocon tribal et à entreprendre la longue marche qui les avait menés à Vengiboneeza. Hresh comprit que Koshmar risquait d’être brisée s’il se révélait qu’elle s’était trompée.

Elle avait le plus urgent besoin d’être rassurée par son chroniqueur qui symbolisait la sagesse. Mais que pouvait-il lui dire ? Comme elle, il ignorait tout des vents et des tempêtes. Il était né et avait vécu dans le cocon où le vent ne soufflait jamais. Thaggoran aurait peut-être pu interpréter les présages et expliquer la situation à Koshmar. Grâce à sa longue pratique des chroniques, Thaggoran avait toujours su faire face à n’importe quelle situation. Mais Thaggoran possédait la sagesse que confère l’âge. Hresh était jeune et avait l’esprit vif, mais ce n’était pas du tout la même chose.

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