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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Mais le jour vint où Hresh se décida enfin à sortir pour la première fois la bourse de velours du coffret sacré. Il la prit et la garda dans le creux de ses mains. Elle était petite, assez pour loger dans la paume de sa main, et elle provoquait une légère sensation de chaleur.

Un fragment d’étoile, disait-on. Mais qu’en était-il au juste ?

Avant le Départ, Hresh ignorait ce qu’était une étoile. Il avait découvert la première nuit la lumière magique de ces points brillants accrochés dans les ténèbres de la voûte céleste. Thaggoran lui avait dit que les étoiles étaient des globes de feu et que si elles avaient été plus proches d’eux elles eussent brûlé avec autant d’ardeur que le soleil. La Pierre des Miracles était-elle véritablement un petit morceau d’étoile ?

Hresh avait appris que les étoiles qui donnaient de la lumière n’étaient pas les seules. Il y avait aussi les étoiles de mort, leurs sœurs errantes et maléfiques qui s’étaient écrasées sur la Grande Planète pour la plonger dans le Long Hiver. Celles-là n’étaient pas des boules de feu, mais, s’il fallait en croire la description des chroniques, des sphères de glace et de pierre. Hresh se prit à soupeser la bourse du Barak Dayir. Était-ce un fragment d’étoile de mort qu’elle contenait ? Il essaya d’imaginer la folle trajectoire de l’étoile, la violence inouïe de l’impact, les nuages de poussière et de fumée obscurcissant le ciel, masquant le soleil et apportant le froid mortel. La toute petite chose qu’il tenait dans sa main était-elle vraiment un fragment de cette étoile monstrueuse ?

Les chroniques enseignaient également que les étoiles lointaines avaient des planètes qui tournaient autour d’elles, de la même manière que la planète sur laquelle vivait le Peuple gravitait autour de son soleil. Et les autres planètes avaient des habitants de nombreuses espèces. Hresh se demanda si la Pierre des Miracles ne venait pas d’une de ces planètes. Il la caressa à travers le velours de la bourse et imagina une autre planète, avec un ciel tout jaune, des rivières charriant de tumultueuses masses d’eau pourpre, un soleil rouge couvert de cendres et six lunes cristallines se mirant dans la nuit sous l’éclat des étoiles.

Mais tout cela n’était que création de son imagination. Hresh avait l’impression d’avancer dans une nuit d’encre en tâtonnant. Il y avait toutes sortes d’informations et d’explications dans les chroniques, mais rien qui pût lui être utile.

Il fît les Cinq Signes. Il invoqua Yissou, puis Dawinno qui lui avait toujours témoigné de la bienveillance. Ensuite, très lentement, la gorge nouée, il sortit le Barak Dayir de son enveloppe de velours en songeant que c’était peut-être la mort qu’il allait prendre dans ses mains. Mais il demeurait d’un calme étonnant.

Si la pierre sacrée devait le tuer, elle le tuerait. Une voix résonnant comme un gong dans son cerveau lui répétait qu’il devait le faire et que, pour lui-même et pour toute la tribu, le moment était venu de tenter à ses risques et périls de percer le mystère de la Pierre des Miracles.

Le Barak Dayir était agréable à regarder, mais sans rien d’extraordinaire. C’était un morceau de pierre polie brune et mouchetée de rouge, plus long que large, dont le bout se terminait en pointe. La pierre qui semblait assez tendre pour être brisée entre deux doigts était en réalité d’une très grande dureté. Elle ressemblait à un petit fer de lance, mais en beaucoup plus décoratif. Sur toute sa longueur, un réseau de minuscules lignes entrelacées formaient un motif si fin que, malgré l’acuité de sa vue, Hresh n’en distinguait pas les détails.

Il garda pendant quelques minutes le Barak Dayir dans sa main gauche, puis le fit passer dans la droite. La pierre dégageait une chaleur plutôt agréable. Elle lui semblait presque bienveillante et ne donnait nullement l’impression de vouloir le tuer. La crainte qu’il en avait s’estompait lentement, mais il continuait de la considérer avec respect.

Et maintenant, que faire d’elle ? Comment faire en sorte qu’elle exauce ses vœux ?

Il l’appliqua contre son oreille, espérant peut-être entendre une voix sortir de la pierre, mais ce fut en vain. Il la serra entre ses mains et la plaqua contre sa poitrine, sans plus de résultat. Il lui parla, lui dit comment il s’appelait et lui révéla qu’il était le successeur de Thaggoran. Mais ce fut en pure perte. Enfin, comme en désespoir de cause, Hresh essaya ce qui paraissait évident et qu’il n’avait pas osé faire : il enroula son organe sensoriel autour de la pierre et fit appel à sa seconde vue.

Et il perçut une musique lointaine et mystérieuse, qui ne provenait pas de la pierre elle-même, mais qui semblait tout autour de lui. La musique envahit son âme tout entière et il se sentit enivré par son harmonie. Il éprouva une sensation cuisante à la racine de la langue et sa fourrure devint légère, légère, comme si elle se détachait de lui pour former d’amples plis arachnéens. L’intensité de ces sensations était telle que Hresh prit peur. Il dénoua précipitamment son organe sensoriel et la musique s’arrêta. Elle reprit quand il enroula derechef son organe sensoriel autour de la pierre sacrée. Mais il ne put y résister plus de quelques secondes et dut de nouveau rompre le contact. Toutes les histoires qui couraient sur le pouvoir du Barak Dayir n’étaient donc pas des inventions. Son pouvoir magique était extraordinaire.

Hresh respira longuement. Il se sentait vidé, au bord du malaise. Mais il avait effectué le premier pas d’un grand voyage qui le mènerait il ne savait où. Il remit avec soulagement la Pierre des Miracles dans sa bourse de velours. Il poursuivrait l’expérience un autre jour. Mais il avait vécu le commencement de quelque chose. Il avait enfin vécu le commencement de quelque chose.

Dans un rêve agité, Harruel se vit en train de prendre entre ses mains les tours de Vengiboneeza, de les arracher du sol, de les briser les unes contre les autres comme autant de brindilles et de répandre dédaigneusement les fragments autour de lui.

Koshmar apparut dans son rêve et le défia de la renverser. Il arracha une haute tour de pierre et la brandit comme une massue, la faisant tournoyer au-dessus de Koshmar avant de l’abattre sur sa tête. Mais, d’un bond, elle esquiva adroitement le coup. Il poussa un rugissement et frappa de nouveau. Mais Koshmar bondit encore de côté. Il la poursuivit dans les rues de la cité jusqu’à ce qu’elle soit acculée entre deux grands bâtiments aux murs noirs. Elle l’attendait calmement, un sourire moqueur aux lèvres.

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