Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Il avait réussi, dans une large mesure, grâce à son discernement et à son opiniâtreté impitoyable. Vers dix heures, ce dimanche matin-là — peu de temps après avoir vu Sam le Poivrot traîné jusqu’à la Casa Flicos —, une nouvelle occasion s’était présentée à lui. Comme cela arrive toujours quand on est en alerte permanente.
Rommie avait observé les enfants qui collaient des affiches. Conçues par ordinateur et d’un aspect très professionnel. Les gosses — la plupart à bicyclette, deux en planche à roulettes — avaient très bien couvert Main Street. Appel à manifester sur la 119. Romeo se demanda qui avait eu cette idée.
Il en arrêta un et lui posa la question.
« Moi, lui répondit Joe McClatchey.
— Sans déconner ?
— Sans déconner. Vraiment. »
Rommie donna un billet de cinq au grand échalas, en dépit de ses protestations, l’enfonçant profondément dans sa poche-revolver. Rommie se dit que les gens iraient à la manifestation du gosse. Ils étaient prêts à faire n’importe quoi pour exprimer leur peur, leur frustration, leur légitime colère.
Peu après avoir renvoyé Joe l’Épouvantail à sa tâche, Romeo entendit des gens parler d’un rendez-vous de prière devant se tenir en début d’après-midi, sous la direction du pasteur Coggins. Même bon Dieu d’heure, même bon Dieu de lieu.
Un signe du ciel, aucun doute. Qui disait : BELLE OCCASION COMMERCIALE.
Romeo retourna dans son magasin où les clients ne se bousculaient pas. Les gens qui faisaient leurs courses aujourd’hui s’étaient plutôt rendus au Food City ou au Mill Gas & Grocery. Sans compter qu’ils étaient minoritaires. La plupart des citoyens de la ville étaient à l’église ou chez eux, collés aux bulletins d’informations de la télé. Toby Manning, assis derrière la caisse, regardait lui-même CNN sur une petite télé à batterie.
« Arrête-moi ce truc et ferme ta caisse, lui dit Romeo.
— Sérieusement, Mr Burpee ?
— Oui. Et sors la grande tente de la remise. Fais-toi aider par Lily.
— Celle pour les super-soldes de l’été ?
— Exactement. Nous allons l’installer au milieu de l’herbe à vaches, là où l’avion de Chuck Thompson s’est écrasé.
— Le champ d’Alden Dinsmore ? Il risque de vous demander quelque chose.
— Eh bien, on lui paiera quelque chose. »
Romeo calculait déjà. Son magasin vendait de tout, y compris des produits d’épicerie à bas prix, et il avait actuellement un bon millier de paquets de saucisses de Francfort Happy Boy à solder ; elle attendaient dans son grand congélateur, derrière le magasin. Il les avait achetées à la maison mère de Happy Boy à Rhode Island (société défunte depuis, suite à un petit problème microbien, mais grâce à Dieu, pas d’E. coli) et avait envisagé de les vendre aux touristes et aux gens du coin pour le pique-nique de la fête nationale. Les ventes n’avaient pas marché aussi bien qu’il l’avait prévu, merci la foutue récession, mais il les avait néanmoins gardées, ces saucisses, s’y accrochant avec un entêtement de singe tenant une noix. Et maintenant, peut-être…
On n’aura qu’à les présenter sur les petits bâtonnets de Taiwan, songea-t-il. J’en ai encore un million, de ces saloperies. Et faudra leur donner un nom sympa, genre Frank-A-Ma-Bob. Sans compter qu’il avait aussi une centaine de cartons de limonade Yummy Tummy et de poudre Limeade, autres articles sur lesquels il s’attendait à avoir des pertes.
« On va aussi emporter tous les Blue Rhino. » Son esprit tournait comme une machine à calculer, à présent, exactement comme Romeo aimait qu’il tournât.
Toby commençait à s’exciter. « Qu’est-ce que vous avez en tête, Mr Burpee ? »
Rommie continua à inventorier tous les trucs qu’il avait et qu’ils s’étaient attendus à devoir passer par pertes et profits. Ces moulins à vent de merde pour les gosses… les pétards et les feux de Bengale qui lui restaient du 4-Juillet… les bonbons frelatés qu’il avait conservés en vue de Halloween…
« Toby, dit-il, nous allons organiser le plus grand pique-nique campagnard jamais vu dans ce patelin. Bouge-toi. On a du boulot. »
9
Rusty faisait la tournée des malades en compagnie du Dr Haskell, à l’hôpital, quand le talkie-walkie que Linda avait tenu à lui faire emporter sonna dans sa poche.
Sa voix était lointaine mais claire. « Rusty ? Va falloir que j’y aille, en fin de compte. D’après Randolph, la moitié de la ville va se retrouver près de la barrière de la 119, cet après-midi — les uns pour une assemblée de prières, les autres pour manifester. Romeo Burpee va monter une tente et vendre des hot-dogs, alors attends-toi à un pic de gastro-entérites dans la soirée. »
Rusty poussa un grognement.
« Je vais être obligée de laisser les filles à Marta, ajouta Linda, sur la défensive et inquiète, en femme qui se rend compte qu’elle ne peut pas se couper en deux pour faire tout ce qu’elle a à faire. Je vais l’avertir, pour Jannie.
— D’accord. »
Il savait que s’il lui avait demandé de rester à la maison, elle l’aurait fait… mais que tout ce qu’il aurait obtenu aurait été de l’angoisser davantage à un moment où leurs inquiétudes commençaient à s’apaiser. Et si une telle foule s’amassait là-bas, elle y serait utile.
« Merci, dit-elle. Merci de comprendre.
— Simplement, n’oublie pas que le chien doit accompagner les filles chez Marta. Tu sais ce qu’a dit le Dr Haskell. »
Ce matin le Dr Haskell — le Wiz — avait joué un rôle important pour les Everett. Il avait joué un rôle important depuis le début de la crise, en réalité. Rusty ne s’y serait jamais attendu, mais il appréciait. Et à voir les poches sous ses yeux et les plis autour de sa bouche, il était clair que le Dr Haskell le payait au prix fort. Il était trop âgé pour affronter une crise médicale ; faire un petit somme dans le salon du deuxième étage était davantage dans ses cordes, ces temps-ci. Sauf que, avec la seule aide de Ginny Tomlinson et de Twitchell, c’était le Dr Haskell et Rusty qui tenaient la boutique. La malchance avait voulu que le foutu Dôme dégringole par une belle matinée de week-end, quand tous ceux qui pouvaient aller se promener l’avaient fait.
Le Dr Haskell, bientôt soixante-dix ans, était néanmoins resté avec Rusty à l’hôpital jusqu’à onze heures, la veille au soir ; Rusty avait dû littéralement le pousser dehors et il avait été de retour dès sept heures, ce matin, au moment où Rusty et Linda arrivaient aussi avec leurs deux filles. Ainsi qu’avec Audrey, qui paraissait accepter avec beaucoup de calme cet environnement nouveau pour elle. Judy et Janelle s’étaient tenues de part et d’autre de la grosse chienne, la touchant pour se rassurer. Janelle paraissait morte de peur.
« C’est quoi, ce chien ? » avait demandé le Dr Haskell. Lorsque Rusty lui eut expliqué ce qui s’était passé, le médecin avait hoché la tête et dit à Janelle : « On va t’examiner, mon lapin.