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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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— Tu n’as pas très bonne mine, Junior. Serais-tu malade, par hasard ? »

Junior le regarda avec des yeux légèrement trop écarquillés. Puis il fit demi-tour pour rejoindre son collègue. Il avait les poings serrés.

6

En période de crise, pour se rassurer, les gens ont tendance à se réfugier dans ce qui leur est familier. Ce qui vaut aussi bien pour les croyants que pour les païens. Il n’y eut aucune surprise pour les fidèles de Chester’s Mill ce matin-là ; Piper Libby parla d’espoir à la Congo, tandis que Lester Coggins évoquait les feux de l’enfer à l’église du Christ-Rédempteur. Les deux églises étaient pleines.

Le texte qui avait servi de point de départ à Piper était tiré de l’évangile de Jean : Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Elle expliqua aux ouailles massées sur les bancs de la Congo que la prière était importante en temps de crise — le réconfort de la prière, la puissance de la prière —, mais qu’il était également important de s’aider mutuellement, de pouvoir compter les uns sur les autres et de s’aimer les uns les autres.

« Dieu nous met à l’épreuve avec des choses que nous ne comprenons pas. Parfois, c’est la maladie. Parfois, c’est la mort inattendue d’une personne aimée. » Elle eut un regard plein de sympathie pour Brenda Perkins, assise la tête inclinée et les mains serrées sur ses genoux, habillée d’une robe noire. « Et aujourd’hui, reprit-elle, c’est une barrière inexplicable qui nous coupe du reste du monde. Nous ne la comprenons pas, mais nous ne comprenons pas non plus la maladie, ni la souffrance, ni la mort inattendue des bonnes personnes. Nous demandons à Dieu pourquoi et, dans l’Ancien Testament, il y a cette réponse que Dieu fit à Job : Où étais-tu quand je fondais la terre ? Mais dans le Nouveau Testament — nouveau et plus éclairé — c’est la réponse que Jésus donne à ses disciples : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. C’est ce que nous devons faire aujourd’hui et tous les jours, jusqu’à ce que cette chose soit terminée : nous aimer les uns les autres. Nous aider les uns les autres. Et attendre que l’épreuve finisse, comme finissent toujours les épreuves imposées par Dieu. »

La citation retenue par Lester Coggins provenait des Nombres (partie de la Bible guère connue pour son optimisme) : Mais si vous ne faites pas ainsi, vous péchez contre l’Éternel ; sachez que votre péché vous atteindra[12].

Comme Piper, Lester évoqua le concept d’épreuve — un grand classique ecclésiastique à chacun des grands sacs d’embrouilles de l’Histoire — mais l’essentiel de son prêche fut consacré à l’aspect infectieux du péché, à la manière dont Dieu traitait ce genre d’infection, qu’il paraissait broyer entre ses doigts comme on écrase un bouton importun jusqu’à ce qu’on en ait fait jaillir le pus, tel du divin Colgate.

Et étant donné que, même dans la lumière limpide de cette belle matinée d’octobre, il restait encore largement convaincu que le péché pour lequel était châtiée la ville était le sien, Lester fut particulièrement éloquent. Il y avait des larmes dans beaucoup d’yeux, et des cris « Oui, Seigneur ! » s’élevaient entre deux « Amen ! » d’un endroit à l’autre. Lorsqu’il était ainsi inspiré au cours d’un prêche, des idées nouvelles lui venaient parfois à l’esprit. Et il en eut une ce jour-là qu’il formula sur-le-champ, sans prendre un instant pour y réfléchir. Il n’avait pas besoin de réfléchir. Certaines choses ont un tel éclat, une telle aura, qu’elles ne peuvent pas ne pas être justes.

« Cet après-midi, je vais aller là où la Route 119 se heurte à la barrière mystérieuse de Dieu, dit-il.

— Oui, Jésus ! » s’écria une femme en pleurs.

D’autres frappèrent des mains ou les levèrent en manière de témoignage.

« J’irai vers deux heures. J’irai me mettre à genoux là, dans le champ de la ferme, ouais, et je supplierai Dieu de nous enlever cette affliction. »

Cette fois, les cris de Oui Seigneur, Oui Jésus etDieu le sait furent plus forts.

« Mais tout d’abord… » Lester leva la main avec laquelle il avait flagellé son dos nu au plus noir de la nuit. « Tout d’abord, je vais prier pour le PÉCHÉ qui a provoqué cette SOUFFRANCE et ce CHAGRIN et cette AFFLICTION ! Si je suis seul, Dieu ne m’entendra peut-être pas. Si je suis avec deux ou trois autres croyants, ou même cinq, Dieu risque toujours de ne pas m’entendre, pouvez-vous dire amen ? »

Ils pouvaient. Ils le firent. Tous levaient les mains à présent, se balançant d’un côté et de l’autre, dans une transe mystique.

« Mais si TOUS vous venez, si nous prions en cercle à genoux dans l’herbe du bon Dieu, sous le ciel bleu du bon Dieu… au su et au vu des soldats qui, paraît-il, montent la garde devant l’œuvre de la main implacable de Dieu… si TOUS vous venez, si TOUS nous prions ensemble, alors nous pourrons peut-être aller jusqu’à la racine du péché, l’exposer à la lumière pour le faire mourir et provoquer un miracle digne de notre Dieu tout-puissant ! VIENDREZ-VOUS ? VIENDREZ-VOUS VOUS AGENOUILLER AVEC MOI ? »

Bien sûr que oui, ils viendraient. Bien sûr que oui, ils se mettraient à genoux. Les gens apprécient une bonne, une honnête réunion de prière quand les temps sont heureux comme quand ils sont durs. Et quand l’orchestre attaqua en swinguant « Whatever My God Ordains is Right » (en si, Lester à la première guitare), ils chantèrent à en soulever le toit.

Jim Rennie était là, bien entendu ; ce fut Big Jim qui prit les dispositions pour les transports.

7

LE SECRET ÇA SUFFIT !
LIBÉREZ CHESTER’S MILL !
MANIFESTEZ ! ! !

OÙ ? Ferme Dinsmore sur la Route 119 (il suffit de trouver l’épave du camion et les agents militaires de l’oppression !).

QUAND ? À 14 heures.

QUI ? Vous, et tous les amis que vous pourrez amener ! Dites-leur qu’il faut raconter ce qui nous arrive aux médias ! Dites-leur que nous voulons savoir qui nous a fait ça !

ET POURQUOI !

Et avant tout, que nous voulons SORTIR DE LÀ ! ! !

C’est notre ville ! Nous devons nous battre pour elle !
NOUS DEVONS LA REPRENDRE ! ! !

Des panneaux seront préparés, mais il vaut mieux amener les vôtres (et rappelez-vous que les grossièretés sont contre-productives).

DRESSEZ-VOUS CONTRE LE POUVOIR !
HARCELEZ LE GOUVERNEMENT !
Le comité de libération de Chester’s Mill

8

S’il y avait quelqu’un en ville qui aurait pu adopter la célèbre formule nietzschéenne « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » comme devise personnelle, c’était bien Romeo Burpee, un dégourdi avec une mèche à la Elvis et des bottes pointues à côtés élastiques. Il devait son prénom à une mère franco-américaine romantique ; son nom de famille à un père yankee pure laine, un radin qui en aurait remontré à Harpagon lui-même. Romeo avait survécu à une enfance de sarcasmes impitoyables — sans parler de quelques corrections — pour devenir l’homme le plus riche de la ville (pas tout à fait… Big Jim était l’homme le plus riche de la ville mais, par nécessité, une bonne partie de sa richesse était dissimulée). Rommie possédait le plus vaste — et le plus rentable — grand magasin de tout l’État. Dans les années 1980, ses investisseurs potentiels lui avaient dit qu’il était cinglé de vouloir afficher un nom aussi moche que Burpee[13]. La réaction de Romeo avait été de dire que si le grainetier Burpee Seed avait très bien fait avec, il devait pouvoir en faire autant. Et aujourd’hui leurs meilleures ventes de l’été étaient des T-shirts sur lesquels on lisait quelque chose comme VIENS BOIRE DU ROTEUX AU ROT HEUREUX. Qu’est-ce que vous dites de ça, les banquiers dépourvus d’imagination ?

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12

Nombres, 32, 23.

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13

Burp = rot.

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