Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
Il se surprit à s’interroger sur le trou qu’il considérait toujours comme « chez lui », si quelqu’un l’avait occupé. Avait-on réparé la porte ? Le tiendraient-ils net et propre comme le désirait Pop ? Que feraient-ils avec la jambe de Pop ?
Dans son sommeil, il rêva de Pop et de Sisu à la fois. Enfin, une fois Grand-mère raccourcie et un vaisseau pirate fonçant droit sur lui, Pop murmura : « Plus de cauchemars, Thorby. Plus jamais, fiston. Rien que des beaux rêves. »
Il dormit alors paisiblement le reste de la nuit, et se réveilla dans cet endroit sinistre au milieu de frakis braillants. Le petit déjeuner était substantiel, mais ne pouvait être comparé à la qualité de ceux de Tante Athéna. Toutefois il n’avait pas faim.
Après le repas, il compatissait silencieusement sur son propre sort, lorsqu’on lui ordonna de se déshabiller ; il fut soumis aux indignités occasionnées par le comportement irrévérencieux des médecins à l’égard de la chair humaine. C’était sa première expérience, il détesta leur façon de le tâter et de le manipuler.
Quand le commandant le fit appeler, Thorby ne fut même pas réconforté en voyant l’homme qui connaissait Pop. C’était la pièce où il avait dû dire « bonnes affaires » à Père. Les pensées qui le hantaient n’étaient guère réjouissantes.
Il écouta nonchalamment ce que Brisby expliquait. Il se réveilla un peu quand il comprit qu’on lui offrait un statut, pas grand-chose, pensa-t-il, mais un statut quand même. Il n’avait jamais pensé que le statut des frakis puisse compter aux yeux des frakis eux-mêmes.
— Tu n’es pas obligé de le faire, conclut Brisby, mais cela simplifierait les choses, en particulier pour ce que le colonel Baslim voulait que je fasse : retrouver ta famille. C’est bien ce que tu désires aussi, n’est-ce pas ?
Thorby était sur le point de dire qu’il savait qui était sa Famille. Mais il comprenait ce que le commandant voulait dire : ses vrais parents, ceux dont il n’avait jamais vraiment été capable d’imaginer l’existence. Etait-il possible qu’il ait des proches avec des liens de sang quelque part ?
— Je pense, répondit-il lentement. Je ne sais pas.
— Hum…
Brisby se demanda ce que l’on pouvait ressentir lorsqu’on n’avait pas de cadre pour sa propre image.
— Le colonel Baslim souhaitait vivement que je retrouve ta famille. Je peux le faire plus facilement, si tu es officiellement un des nôtres. Alors ? C’est soldat de troisième classe… Trente crédits par mois, nourri, logé et la gloire en plus. Juste un peu.
Le garçon le regarda.
— C’est la même Fam… service que celui de mon Pop… du colonel Baslim ? Il en fait partie aussi ?
— Oui, supérieur à toi. Mais c’est le même service. Je crois que tu as commencé à dire « famille ». Nous aimons penser que nous sommes une grande famille. Le colonel Baslim en était un des membres les plus distingués.
— Alors je veux être adopté.
— Enrôlé.
— Quel que soit le mot.
16
Les frakis n’étaient pas mauvais quand on apprenait à les connaître.
Ils avaient leur langage secret, bien qu’ils fussent persuadés de parler l’Interlingua. Thorby ajouta quelques douzaines de verbes et quelques centaines de noms à son vocabulaire en les entendant prononcer. Après cela il se heurta à une langue conventionnelle. Il apprit que l’on respectait son ancienne vie de commerçant, mais la Famille était considérée comme étrange. Il ne discuta pas, les frakis ne pouvaient pas comprendre.
C.G.H. Hydra finit par quitter Hekate, en route pour le Limbe. Juste avant le décollage, un mandat arriva accompagné d’un imprimé du Subrécargue qui indiquait que la lettre de change représentait un quatre-vingts tiers de l’estimation de Sisu entre Jubbulpore et Hekate. C’était comme si, pensa-t-il, il était une fille qu’on échangeait. Le montant élevé de la somme le mit mal à l’aise, en outre il ne trouvait aucune écriture qui comptait ses intérêts sur une action du capital de Sisu. Il trouvait qu’elle aurait dû s’y trouver pour que la comptabilité soit bien nette. Ce n’était pas comme s’il était né sur le vaisseau. Contrairement aux aumônes, le fait de vivre au sein de la Famille avait fait prendre conscience à l’ancien petit mendiant de la valeur de l’argent : les comptes doivent s’équilibrer et les dettes doivent être payées.
Il se demanda ce que Pop penserait de tout cet argent. Il se sentit plus léger en apprenant qu’il pouvait le déposer auprès du commissaire comptable.
La lettre de change s’accompagnait d’un mot chaleureux, lui souhaitant de faire de bonnes affaires où qu’il aille, et signé : « Baisers, Mère ». Cela le réconforta et le déprima en même temps.
Un paquet de tout ce qu’il possédait suivit avec une lettre de Fritz : « Cher Frère, Personne ne m’a soufflé mot des mystérieux événements récents, mais l’atmosphère était tendue autour de notre vieux vaisseau pendant quelques jours. Si ce n’était pas tout à fait impensable, je dirais qu’il y a eu une divergence d’opinions en haut lieu. Moi, je n’ai pas d’opinion, sauf que ton bavardage futile et tes expressions ahuries me manquent. Amuse-toi bien et n’oublie pas de compter ta monnaie. Fritz. P.S. La pièce a été une réussite artistique… Et Loeen est très câline. »
Thorby rangea ses affaires. Il s’efforçait d’être un soldat de la Garde, et ces effets l’embarrassaient. Il découvrit que la Garde n’était pas une corporation fermée comme la Famille. Il ne fallait aucune magie pour en faire partie, il suffisait d’avoir les qualités requises ; personne ne prêtait attention à l’origine d’une recrue, ou à son passé. Le Hydra engageait son équipage sur de nombreuses planètes. Il y avait des machines au Bureau du Personnel pour s’occuper de ces questions. Les camarades de Thorby étaient grands, petits, effilés, râblés, poilus, imberbes, altérés, superficiellement inaltérés. Thorby cadrait pratiquement avec la norme et son origine de Libre Commerçant était une excentricité acceptable. Cette particularité en faisait un soi-disant astronaute, même s’il était une recrue.
Le seul obstacle, c’est qu’il était un bleu : Soldat de la Garde de 3/c. Il le resterait tant qu’il n’aurait pas fait ses preuves, d’autant plus qu’il n’avait pas fait ses classes.
Mais il n’était pas plus handicapé que n’importe quelle recrue dans un uniforme militaire avec un fier esprit de corps[2]. On lui assigna une cabine, un mess, une unité de travail, et un sous-officier borné pour lui donner des ordres. Son travail consistait à nettoyer les compartiments. Son poste de combat à faire le courrier de l’officier balisticien au cas ou les téléphones seraient en panne. Cela signifiait en fait qu’on pouvait lui demander d’aller chercher un café.
En dehors de cela, on le laissait tranquille. Il était libre de se joindre à une discussion à condition de ne pas couper les plus anciens que lui. On l’invitait à jouer aux cartes quand il manquait un joueur. Il n’était pas exclu des potins et enfin il avait le privilège de prêter des pulls et des chaussettes aux anciens quand ils en avaient besoin. Thorby savait ce que représentait le fait d’être subalterne, il l’avait déjà été, ce n’était pas difficile.
Le Hydra se préparait pour une patrouille de contrôle. Tous les propos au mess étaient centrés sur la perspective des « chasses ». Le vaisseau était rapide, trois cents gravités. Il cherchait un engagement avec les hors-la-loi, là où les marchands tels que Sisu l’évitaient dans la mesure du possible. Malgré un effectif important et des armes lourdes, le Hydra était surtout constitué d’un générateur et de réservoirs de carburant.
2
En français dans le texte original.