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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Commissaire, croyez-vous que la Sécurité ait placé des agents à bords de ce vaisseau dont je ne sois pas au courant ?

— Qu’en pensez-vous, commandant ?

— Hum… Je ne sais pas… Mais si j’étais le Chef de la Sécurité je l’aurais fait ! Bon sang, si j’emmène un civil d’ici au Limbe, ils le sauront, quoi que j’écrive dans le rapport.

— C’est assez probable.

— Allez-vous-en ! Je vais voir si le garçon va accepter. – Il appuya sur un bouton. – Eddie !

Au lieu d’appeler Thorby, Brisby ordonna au médecin de l’examiner. Il était inutile de presser le garçon de s’enrôler s’il n’était pas apte au service. Le major Stein et le capitaine Krishnamurti firent leur rapport à Brisby avant le déjeuner.

— Alors ?

— Aucune objection pour le physique, commandant. Mais je vais laisser l’officier psychologue s’exprimer lui-même.

— Très bien. A propos, quel âge a-t-il ?

— Il ne sait pas.

— Je m’en doute, fit le colonel avec impatience. Mais quel âge lui donnez-vous ?

Le docteur Stein haussa les épaules.

— Quel est son tableau génétique ? Son environnement ? Les mutations dues à l’âge ? Vient-il d’une planète à haute ou basse gravité ? Quel est son index métabolique planétaire ? Il pourrait n’avoir que dix années standard, ou trente. Je peux lui donner un âge fictif basé sur l’hypothèse qu’il n’a subi aucune mutation significative, et provient d’un environnement équivalent à la Terre. Cette hypothèse restera gratuite tant qu’on ne fabriquera pas des bébés avec une plaque donnant tous les renseignements sur eux. En gros, le garçon ne doit pas avoir moins de quatorze années standard et pas plus de vingt-deux.

— Pourrait-on lui attribuer dix-huit ans ?

— C’est bien ce que j’ai dit.

— Très bien, marquez-lui l’âge juste en dessous du minimum pour l’enrôler.

— Il a un tatouage, précisa Krishnamurti. Cela pourrait donner un indice. Une marque d’esclave.

— Pourquoi ne l’avez-vous pas dit plus tôt ? – Brisby pensa que sa missive à la Division « X » était amplement justifiée. – Datée ?

— Seulement l’affranchissement. C’est une date sargonaise qui colle très bien avec son histoire. La marque est celle d’un intendant, mais ne porte pas de date.

— Dommage. Bon, eh bien, maintenant qu’il a passé les tests médicaux, je vais le faire venir.

— Colonel.

— Comment ? Oui, Kris ?

— Je déconseille l’enrôlement.

— Quoi ? Il est aussi sain que vous et moi.

— Sans doute. Mais je ne miserais pas sur lui.

— Pourquoi ?

— Je l’ai interrogé ce matin sous hypnose. Colonel, avez-vous déjà eu un chien ?

— Non. Il n’y en a pas beaucoup sur ma planète.

— Ces animaux sont très utiles pour les expériences en laboratoire. Ils manifestent de nombreuses caractéristiques humaines. Prenez un chiot, maltraitez-le, brutalisez-le, frappez-le, il deviendra une bête sauvage. Par contre, prenez-en un autre de la même portée, caressez-le, cajolez-le, faites-le dormir avec vous, en le dressant toutefois. Il sera un animal heureux et bien élevé. Prenez-en encore un troisième, caressez-le les jours pairs et frappez-le les jours impairs. Il sera tellement troublé qu’il ne pourra prendre aucune des deux attitudes. Bientôt, il ne mangera plus, ne dormira plus, ne pourra plus contrôler ses fonctions vitales. Il se contente de se blottir dans un coin en tremblant.

— Hum… Vous, les psychologues, vous pratiquez souvent ce genre d’expériences ?

— Je ne l’ai jamais fait. Mais c’est dans les manuels… Et ce garçon correspond à ce cas précis. Il a subi des épreuves traumatisantes dans les années de sa formation, la dernière ayant eu lieu seulement hier. Il est troublé et déprimé. Comme le chien, il est prêt à grogner et à mordre à tout moment. Il ne devrait pas être exposé à de nouvelles pressions, mais devrait être dirigé sur un endroit où il pourrait suivre une psychothérapie.

— Rien que ça !

Le psychologue haussa les épaules. Puis le colonel ajouta :

— Excusez-moi, docteur. Mais je connais un peu l’histoire de ce cas, avec tout le respect que je dois à votre formation. Ce garçon a été entre de bonnes mains pendant ces dernières années. – Brisby raconta les adieux dont il avait été témoin malgré lui, la veille. – Et avant cela, il a vécu avec le colonel Richard Baslim. Avez-vous entendu parler de lui ?

— Je connais sa réputation.

— S’il y a un fait sur lequel je miserais mon vaisseau, c’est sur l’assurance que le colonel ne gâcherait jamais un être humain. Bon, d’accord, le gamin a passé de sales quarts d’heure, mais il a aussi été pris en main par l’homme le plus équilibré, le plus courageux et le plus humain qui ait porté notre uniforme. Vous pariez sur vos chiens, moi je soutiens le colonel Baslim. Maintenant… Est-ce que vous me déconseillez formellement de l’enrôler ?

Le psychologue hésita.

— Eh bien ? reprit Brisby.

— Ne vous inquiétez pas, Kris, coupa le major Stein. Je vous couvre.

— Je veux une réponse nette, ensuite je prendrai une décision.

— Supposons, commença Krishnamurti lentement, que je consigne mon opinion, mais en déclarant par ailleurs qu’il n’y a aucune raison sérieuse pour refuser l’enrôlement.

— Pourquoi ?

— Vous désirez clairement recruter ce garçon. Mais s’il a des ennuis, eh bien, mon rapport peut lui éviter une sentence en le faisant réformer pour raisons médicales. Il a eu suffisamment de coups durs.

Le colonel Brisby lui donna une grande tape dans le dos.

— Merci, Kris ! Ce sera tout, messieurs.

Thorby passa une mauvaise nuit. Le capitaine d’armes le logea dans le cantonnement des sous-officiers où il fut bien traité. Il réalisa avec embarras l’attitude polie des hommes autour de lui, qui ne tenaient aucun compte de l’uniforme luxueux de Sisu qu’il portait. Jusqu’à ce moment-là, il avait été fier de la splendide apparence de cette tenue. Il apprenait ainsi que chaque habillement dépendait de son environnement propre. Cette nuit-là, il prit conscience des ronflements autour de lui… Des étrangers… frakis. Il souhaita ardemment se trouver de nouveau dans la Famille, où on le connaissait, le comprenait, le reconnaissait.

Il se tourna dans un lit plus dur que d’habitude, et se demanda qui dormirait dans le sien.

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