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Les cavernes d'acier [The Caves of Steel - fr]

Электронная книга - «Les cavernes d'acier [The Caves of Steel - fr]». Краткое содержание книги:

Les cavernes d’acier sont les villes souterraines du futur. Là, bien que privés d’air et de lumière naturels, des millions d’hommes vivent à un rythme étourdissant.
Malgré une civilisation superscientifique et l’apparition de robots intelligents, les passions humaines n’ont pas cessé pour autant et le meurtre n’a pas disparu.
Mais le problème de Lije Baley West pas seulement de retrouver un meurtrier, il est aussi d’y parvenir avant son collègue R. Daneel. R. = Robot, car R. Daneel est un androïde au cerveau électronique ultraperfectionné, créé certes par l’homme, mais qui n’attend peut-être que l’occasion de prendre sa place.
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— Eh bien, dit Baley d’une voix dure, qu’est-ce que la cérébroanalyse vous a appris à mon sujet, Daneel ?

— Que vous êtes troublé.

— La belle découverte, en vérité ! Bien sûr que je le suis !

— En fait, reprit le robot, votre trouble est dû à une opposition qui se manifeste en vous, entre deux désirs, deux intentions. D’une part, votre respect des règles de votre profession, et votre dévouement à votre métier vous incitent à enquêter à fond sur le complot des Terriens qui, la nuit dernière, ont tenté de se saisir de nous. Mais en même temps, un autre motif, non moins puissant, vous pousse à faire juste le contraire. Le champ magnétique de vos cellules cérébrales le montre de la façon la plus claire.

— Mes cellules cérébrales ! s’écria Baley. Quelles balivernes ! Ecoutez-moi, Daneel. Je vais vous dire pourquoi il n’y a pas lieu d’enquêter sur votre soi-disant complot. Il n’a aucun rapport avec le meurtre. J’ai pensé, à un moment donné, qu’il pouvait y en avoir : je le reconnais. Hier, au restaurant, j’ai cru que nous étions en danger. Et puis, que s’est-il passé ? On nous a suivis, et nous les avons vite semés : c’est un fait. Eh bien, cela n’aurait pas pu se produire, si nous avions affaire à des gens organisés et décidés à tout. Mon propre fils a trouvé ensuite, on ne peut plus facilement, où nous passions la nuit. Il s’est borné à téléphoner au bureau, et n’a même pas eu à se nommer pour obtenir le renseignement. Si vos remarquables conspirateurs avaient voulu vraiment nous faire du mal, qu’est-ce qui les empêchait d’imiter mon fils ?

— Qui vous dit qu’ils ne l’ont pas fait ?

— Mais non, c’est l’évidence même ! D’autre part, s’ils avaient voulu fomenter une émeute au magasin de chaussures, ils le pouvaient. Mais ils se sont retirés bien gentiment, devant un seul homme brandissant une seule arme ; pas même devant un homme, devant un malheureux robot les menaçant d’une arme qu’ils vous savaient incapable d’utiliser, du moment qu’ils avaient reconnu votre qualité de robot. Ce sont des Médiévalistes, c’est-à-dire des lunatiques inoffensifs. Vous, vous ne pouviez pas le savoir, mais moi, j’aurais dû m’en rendre mieux compte. Je m’en serais d’ailleurs plus vite convaincu, si toute cette affaire ne m’avait pas poussé à envisager les choses d’une façon stupide… et mélodramatique. Je vous garantis que je les connais, les gens qui tournent au Médiévalisme ! Ce sont généralement des types au tempérament doux et rêveur, qui trouvent que le genre d’existence que nous menons est trop dur pour eux, et qui se perdent dans d’interminables rêves, en évoquant un passé idéal qui, en réalité, n’a jamais existé. Si vous pouviez cérébroanalyser un mouvement, comme vous le faites d’un individu, vous constateriez qu’ils ne sont pas plus capables que Julius Enderby lui-même d’assassiner quelqu’un.

— Je regrette, répliqua lentement R. Daneel, mais je ne peux pas croire sur parole ce que vous venez de me dire, Elijah.

— Comment cela ?

— Non. Vous avez trop brusquement changé d’avis ! Et puis, j’ai relevé quelques anomalies. Vous avez organisé le rendez-vous avec le Dr Gerrigel hier soir, avant dîner. A ce moment-là, vous ne connaissiez pas encore l’existence de mon sac stomacal et vous ne pouviez donc pas me soupçonner d’être l’assassin. Alors, pourquoi avez-vous convoqué le savant ?

— Parce que je vous soupçonnais déjà.

— La nuit dernière, vous avez parlé en dormant, Elijah.

— Ah ? fit Baley, écarquillant les yeux. Et qu’est-ce que j’ai dit ?

— Vous avez simplement répété à plusieurs reprises le nom de votre femme : Jessie.

Baley consentit à se détendre un peu, et répondit, d’un air légèrement confus :

— J’ai eu un cauchemar. Savez-vous ce que c’est ?

— Je n’en ai naturellement jamais fait l’expérience, mais je sais que le dictionnaire le définit comme un mauvais rêve.

— Et savez-vous ce que c’est qu’un rêve ?

— Je n’en sais toujours que ce qu’en dit le dictionnaire. C’est l’illusion d’un fait réel, que l’on éprouve pendant la période temporaire d’inconscience qui a pour nom le sommeil.

— D’accord. C’est une bonne définition : une illusion ! Parfois ces illusions peuvent paraître rudement réelles ! Eh bien, j’ai rêvé que ma femme était en danger ! C’est un rêve qu’on fait souvent. Je l’ai donc appelée par son nom, ce qui dans ce cas, est très normal, je peux vous en donner l’assurance.

— Je ne demande qu’à vous croire. Mais, puisque nous parlons de votre femme, comment donc a-t-elle découvert que j’étais un robot ?

Baley sentit à nouveau son front devenir moite.

— Nous n’allons pas revenir là-dessus, n’est-ce pas ?… Des ragots…

— Excusez-moi si je vous interromps, Elijah, mais il n’y a pas eu de ragots. S’il y en avait eu, toute la Cité serait aujourd’hui en émoi. Or, j’ai contrôlé ce matin les rapports de police, et tout est calme. Il n’y a aucun bruit qui court à mon sujet. Alors, comment votre femme a-t-elle été mise au courant ?

— Dites donc, Daneel ! Qu’est-ce que vous insinuez ? Vous n’allez tout de même pas prétendre que Jessie fait partie de… de…

— Si, Elijah !

Baley joignit les mains et les serra de toutes ses forces l’une contre l’autre.

— Eh bien, c’est faux, et je me refuse à discuter plus avant sur ce point !

— Cela ne vous ressemble guère, Elijah ! Je ne peux oublier, en effet, que, dans l’exercice de vos fonctions, vous m’avez à deux reprises accusé de meurtre.

— Est-ce ainsi que vous comptez vous en tirer ?

— Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que vous entendez par cette expression, Elijah. J’approuve sans réserve les raisons qui, logiquement, vous ont poussé à me soupçonner si vite ; elles étaient mauvaises, mais elles auraient facilement pu être bonnes. Or, il existe des preuves tout aussi importantes qui incriminent votre femme.

— Comme meurtrière ? Vous êtes complètement fou, ma parole ! Jessie serait incapable de faire le moindre mal à son pire ennemi. Jamais elle ne mettrait le pied hors de la ville. Elle ne pourrait pas… Oh ! si vous étiez un homme en chair et en os, je vous…

— Je me borne à dire qu’elle fait partie du complot, et qu’elle devrait être interrogée.

— Je vous l’interdis, et si vous vous y risquiez, ça vous coûterait cher ! Ca vous coûterait ce qui pour vous représente la vie, et peu m’importe d’ailleurs comment vous définissez celle-ci !… Ecoutez-moi bien, Daneel ! Les Médiévalistes n’en veulent pas à votre peau ; ils ne procèdent pas de cette façon-là. Ce qu’ils cherchent, c’est à vous obliger à quitter la ville : ça crève les yeux ! Pour y parvenir, ils essaient de vous attaquer psychologiquement ; ils tentent de nous rendre l’existence aussi désagréable que possible, à vous comme à moi, du moment que nous travaillons ensemble. Ils ont très facilement pu découvrir que Jessie est ma femme, et rien ne leur a été plus aisé que de lui révéler qui vous êtes. Or, elle ressemble à toutes les femmes et à tous les hommes de New York : elle n’aime pas les robots, et elle aurait horreur d’en fréquenter un, surtout si cette fréquentation devait, par surcroît, comporter un danger. Vous pouvez tenir pour certain qu’on aura insisté sur le danger que vous me faites courir, et le résultat n’a pas manqué, je vous l’assure ; elle a passé la nuit à me supplier de renoncer à l’enquête, ou de trouver un moyen de vous ramener à Spacetown.

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