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Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants

Электронная книга - «Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants». Краткое содержание книги:

Le kopje (mine de diamants) de Nelson’s Fountain était, ce jour-là, plus que jamais, plein de bruit et d’animation. À l’incessante activité habituellement déployée par les diggers de toute race, de toute couleur, avait brusquement succédé une sorte de frénésie dont un observateur attentif et de sang-froid eût promptement deviné la cause.
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– Bonne affaire, se dit le Boër en se frottant les mains. C’est moi qui vais guider l’attelage, et du diable si je lui fais reprendre la route de la mine. Il ira où je voudrai et les femmes ne s’en apercevront pas.

» Puis, il faut convenir que mon frère Pieter est un heureux coquin. J’allais chercher une femme pour moi, et j’en trouve deux. Nous partagerons. À Pieter la Juive, à moi l’Anglaise. Quant à Cornélis, tant pis pour lui. Il est d’ailleurs trop laid, avec sa face rôtie par le coup de revolver.

» Allons, tout va bien. Il ne nous reste plus maintenant qu’à mettre la main sur le Trésor des rois cafres.

Deuxième partie

Le trésor des rois cafres

I

Une rixe au Champ d’Or. – Expressions n’ayant rien d’évangélique panachées de quelques soufflets. – Duel étrange. – Couteau contre revolver. – Un verre de sang pour un verre d’eau. – Sous la tente. – Aventures extraordinaires d’un mineur d’avant-garde. – Les exploits de Sam Smith le « bushranger ». – Histoire d’une pépite de 50 000 francs et d’un diamant gros comme une noisette. – Trois coups de feu et un coup de couteau.

– Caraï !... Je le répète, vous êtes un lâche.

– Un lâche !... moi.

– Oui, vous. Et je vous le redirai à satiété, bien que vous mesuriez deux mètres des cheveux aux talons, que vous soyez gros comme un hippopotame, et fort comme un taureau de cinq ans... Lâche !... lâche !... lâche !...

– Je vais vous assommer d’un coup de poing.

– Essayez !...

– Vous casser la tête d’une balle.

– Pas davantage.

» Vous criez trop. Moi, je vous insulte à gorge-que-veux-lu, et au lieu de mettre vos menaces à exécution, vous vous contentez de beugler.

» Je me moque de vos poings et de votre revolver, pourceau Yankee.

» Lâche et fanfaron, si quelqu’un parmi les honorables gentlemen veut me prêter un couteau, je me charge de vous saigner à blanc, comme un simple porc de Chicago.

– Le colosse ainsi insulté, poussa un cri de rage, se rua sur son interlocuteur, haut tout au plus de cinq pieds, l’empoigna d’une main par les haillons couvrant à peine sa poitrine brunie au grand soleil, l’enleva comme il eût fait d’un enfant et chercha, pendant deux secondes, un endroit pour le broyer sur le sol.

L’autre, brave jusqu’à la folie, mit à profit ce temps d’arrêt pendant lequel il était suspendu entre ciel et terre, et souffleta à tour de bras, de droite et de gauche, le géant interdit de cette suprême audace.

Flac !... Flac !... Deux maîtresses gifles retentirent avec un bruit d’assiette cassée, pendant qu’un murmure d’étonnement et d’admiration échappait aux nombreux témoins de cette scène étrange.

Non content de cette voie de fait plus humiliante que douloureuse, le petit homme mit un de ses pieds sur la poitrine de celui qui l’avait ainsi harponné, s’arc-bouta et poussa de toute sa force. Les haillons cédèrent en se déchirant avec un craquement sec et restèrent enserrés entre les doigts noueux du mastodonte déconfit.

Son agile adversaire exécuta en arrière une triomphante cabriole, se retrouva d’aplomb sur les deux jambes et s’écria en riant à se tordre :

– Caraï !... Il est bon d’être vêtu avec de l’étoupe. Pas vrai, gentlemen ?

» Et maintenant, si vous voulez-vous amuser comme des lords, écoutez-moi. Qu’on me donne un couteau. Je vais, ainsi que je viens de vous le dire, mettre à l’air les boyaux de ce butor.

» Sangdieou !... Il ne sait pas à qui il s’adresse, le gavache ! Je vais lui montrer comment s’y prennent ceux qui, comme moi, avant d’être chercheurs d’or, ont couru les taureaux, sur la plaza de Barcelone !...

Il y eut, dans l’assistance, un gros rire suivi d’un brouhaha produit par les conversations particulières.

– Le Français a raison.

– Il n’est pas Français, mais Espagnol.

– Qu’importe, c’est un rude gaillard et Dick n’a que ce qu’il mérite.

– Il a tort. On n’insulte pas ainsi un gentleman comme Dick...

– On ne le soufflette pas de la sorte.

– Si... si... bravo !...

– Non !... non !... On se bat.

– Eh ! Demonio !... C’est ce que je demande, riposta l’inconnu.

» Comment, il se trouve ici quelqu’un pour me blâmer d’avoir traité ce rustre comme il le mérite !

» Mais quel est donc l’insulté, s’il vous plaît ? J’arrive des mines, épuisé et sans un sou vaillant. Pauvreté n’est pas un vice, n’est-ce pas ? On me donne un verre d’eau. Le misérable voyant que je n’ai pas comme lui le moyen d’acheter, avec de l’or volé sans doute, du sherry, renverse mon verre et me rit au nez !...

» Gentlemen, il n’en est pas un parmi vous qui ne lui eût fait sauter le crâne. Moi, je me vengerai à ma façon. Je veux le mettre en perce et lui soutirer du ventre un plein verre de sang !...

» Voilà.

Un tonnerre d’applaudissements accueillit cette vigoureuse sortie, et des paris extravagants furent aussitôt établis sur l’éventualité du match qui se préparait.

– Un duel ! C’est cela... Bravo !...

» Moi, je parie pour ce crâne petit Français.

– Cent livres pour Dick !...

– Tenu !

– Deux cents pour le Français !...

– Banco !

– Dick va le mettre en bouillie.

– N’en croyez rien. Il sera saigné comme un porc.

– Tant mieux ! Il nous ennuie, ce Dick. Une brute !

– Voyez, comme il tourmente la batterie de son revolver.

» Il va brûler la cervelle à ce pauvre petit diable avant même qu’il ait fait un mouvement.

– Ah ! mais non. Nous voulons un duel. Un duel loyal. Les distractions sont rares au diggin.

» Si Dick l’assassine, nous le lyncherons séance tenante.

Un Mexicain, au teint olivâtre, coiffé d’un large chapeau de paille, vêtu d’une petite veste courte et d’un large pantalon ouvert jusqu’à la cheville, s’avança, jeta sa cigarette, se découvrit cérémonieusement et dit :

– Caballero, Votre Seigneurie veut-elle me faire l’honneur de m’accepter pour second.

– Tout l’honneur est pour moi, señor, et j’accepte avec reconnaissance.

– Votre Seigneurie demandait un couteau. Voici ma navaja. C’est la meilleure arme que je connaisse pour « faire une peau ».

– Votre Grâce me comble. Merci, caballero.

Un Anglais, à barbe rousse, à figure froide, mais sympathique pourtant, s’interposa.

– Ce gentleman, dit-il, ne peut se battre au couteau contre master Dick armé de son revolver.

» Je propose que les deux honorables champions se mesurent au noble « jeu de la boxe ». Formons le ring et go ahead !...

Dick, poussé, tiraillé, sollicité, ne sachant plus à qui entendre, riposta rudement :

– Boxe, revolver, couteau, ça m’est égal, pourvu que je le tue.

– Et moi, reprit le Français, je maintiens mes droits d’insulté qui me permettent de choisir les armes.

» Je prends le couteau.

» Quant à vous, lourdaud, choisissez ce qui vous ira le mieux. Peu m’importe, d’ailleurs, pourvu que mon verre soit plein de claret tiré à vos veines.

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