Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
— Hmm, j’en doute. Pourquoi elle, alors qu’il y a beaucoup de femmes qui vendent leur corps à bord, presque sans se cacher ?
— Je ne sais pas. Il faut bien commencer quelque part non ? »
Soudain, un flash de lumière mauve éclata à quelques dizaines de mètres de là. Un brin de données venait de s’illuminer pendant un instant, créant autour de lui une ondulation concentrique qui se transmettait à ses voisins. Elle changeait de tonalité à chaque brin, provoquant des irisations arc-en-ciel dans toute la zone.
« Je crois que tu as une alerte dans ton secteur », lâcha laconiquement Pascal.
Sans perdre un instant, je me propulsai au-dessus de la zone et tirai sur le brin concerné. Celui-ci s’allongea jusqu’à mesurer plusieurs mètres et de petits symboles noirs apparurent sur la tige. J’en pinçai plusieurs successivement et un écran de contrôle translucide émergea de la tige sous forme d’une plaque d’un blanc laiteux. Des données de toutes sortes y défilèrent aussitôt.
« C’est un problème d’humidification de l’air », dis-je à Pascal qui s’était approché.
La lumière mauve s’était propagée à plusieurs brins alentour, créant une tache violette dont la luminosité décroissait près de son périmètre.
« On dirait que le problème s’étend, constata Pascal. Tu ferais peut-être mieux de prévenir Harbert. »
J’acquiesçai de la tête. Exécutant alors un mouvement rapide de la main droite, un dodécaèdre scintillant émettant une douce lumière pulsante apparut devant nous.
« Pupitreur Villejust au rapport. Anomalie détectée dans le secteur des…
— Je sais ! coupa la voix d’Harbert dont les intonations faisaient vibrer la lumière du dodécaèdre rutilant. Le tech est déjà là. Alors, magnez-vous de sortir pour répondre à ses questions au lieu de lambiner dans le Nod2 ! »
Le dodécaèdre disparut aussitôt, coupant net toute velléité de discussion. Je me tournai lentement vers Pascal. Même si le visage de sa marionnette n’exprimait rien, je n’avais aucune peine à imaginer le rictus de colère qu’il aurait eu dans le monde réel. Je posai mes mains sur les tempes de ma marionnette et exerçai une légère pression en disant à voix haute : « Sortie du Nod. »
L’espace cybernétique du Nod2 s’évanouit. Il fallut plusieurs secondes avant que mes yeux ne s’habituent de nouveau à la luminosité du Diamant. Mes mains agrippèrent les barres de métal disposées de chaque côté du fauteuil ; lorsqu’un pupitreur revenait dans le monde réel, un léger courant basse-tension parcourait ces barres afin de permettre au corps de retrouver son centre de gravité rapidement. Sans cela, la désorientation provoquée par la sortie du Nod2 pouvait donner de violents vertiges.
« Dépêchez-vous de récupérer, Villejust ! »
Harbert était, comme d’habitude, fulminant et pressé de retourner s’asseoir derrière son pupitre de contrôle, où il pouvait s’adonner à sa passion favorite : ne rien faire, tout en regardant les autres travailler.
« Vous ne foutez rien quand vous êtes dans le Nod2, mais ici, faites-moi le plaisir de vous bouger le cul ! »
Je savais que le cadre principal du pupitre devenait grossier lorsqu’il était fatigué, mais je m’y étais habitué. Sa grosse face butée de militaire de carrière et sa mauvaise foi atavique, je m’y étais habitué. Par contre, ce à quoi je ne m’habituerais jamais, c’était son incompétence profonde dans la gestion du pupitre qui obligeait régulièrement les inermes à travailler tard dans la nuit pour rattraper ses bourdes. Heureusement, je parvenais encore à rester stoïque dans mes rapports avec lui. Pour l’instant.
Guettant un éventuel vertige, je me levai avec précaution puis, dès que j’eus la certitude que tout allait bien du côté de mon oreille interne, lâchai la barre basse-tension. Harbert, qui attendait en affichant son impatience, fit signe à un jeune homme qui se tenait à l’entrée de la salle. Celui-ci s’approcha en dévorant des yeux les lieux, intimidé par cet endroit mythique pour tous les techniciens du bord et savourant la chance qu’il avait eue d’être désigné pour venir ici s’occuper d’un problème survenu dans son secteur. Il portait l’uniforme gris-bleu des techs, rehaussé de deux lignes vertes au niveau des biceps indiquant son appartenance au groupe des spécialistes du système de ventilation. Son visage jeune et souriant laissait entrevoir une personnalité avenante et un esprit ouvert.
Je m’installai derrière mon pupitre et dépliai le moniteur. Le jeune tech était si impressionné qu’il sursauta lorsque je lui fis signe de s’approcher.
« Bon…bonjour, bafouilla-t-il à toute vitesse, je suis tech systèmes-ventilatoires au secteur onze, Monsieur. J’ai été désigné pour venir suivre ici l’évolution de l’anomalie détectée par le Nod2. » Il avait prononcé Nod2 presque comme un mot magique.
Je lui désignai le fauteuil vacant à côté de moi. Le jeune homme s’y installa précautionneusement, et Harbert en profita pour retourner à son pupitre, non sans grogner une dernière fois : « Vous avez intérêt à cesser de prendre votre temps comme ça, Villejust, croyez-moi. »
Le tech lui jeta un coup d’œil en coin.
« Il n’a pas l’air commode, votre chef », fit-il discrètement.
Je haussai les sourcils comme on hausse les épaules.
« Et encore, tu n’as rien vu. Là il se retient parce qu’il y a un étranger au pupitre. »
Le jeune homme eut une moue compatissante et j’éprouvai alors un élan de sympathie pour cet engagé qui visiblement n’avait pas de préjugé envers les inermes. Lui tendant la main, je me présentai : « Albéric Villejust. »
L’autre me le serra chaleureusement.
« Jean Chérac, enchanté.
— Je vais t’expliquer le problème », repris-je en me connectant au Nod2.
Je commençai par faire défiler les données sur la plaque-moniteur au rythme soutenu de mes manipulations des deux sphères de contrôle du pupitre. Un tableau s’afficha plein écran, contenant les milliers de relevés thermiques d’un secteur complet, puis je zoomai sur la colonne concernée tout en décryptant les informations pour Jean.
« Comme tu peux le voir, des millions de données arrivent chaque jour au Diamant qui nous permettent d’avoir un relevé précis de tous les paramètres du Saint-Michel. » Le jeune homme était captivé, les yeux agrandis par la fascination.
« Ce tableau gigantesque n’est en fait que le simple relevé, pour l’heure qui vient de s’écouler, des variations thermiques et hygrométriques du secteur onze. »
« Bon Dieu, juste pour un secteur… juste pour une heure… », lâcha Jean, en oubliant de refermer la bouche.
L’émerveillement du jeune homme me rappela la réaction que j’avais eue lors de ma première connexion sur un bioStruct à l’université de Paris XI.
« La zone qui clignote en violet dans cette colonne nous indique l’endroit où un problème a été détecté. » Je développai la colonne en question afin d’obtenir la synthèse proposée par le bioStruct. « Voilà, nous y sommes. C’est une hausse anormale du taux d’humidité dans les voies d’aérations non ventilées du secteur. Le Nod2 nous dit que des spores de moisissures ont même commencé à proliférer dans certains conduits. »
Jean hochait la tête vigoureusement pour montrer qu’il suivait ce que je disais.
« À mon avis, si vous établissez une fistule avec la conduite ventilée la plus proche, l’anomalie devrait se résorber d’elle-même. Je vais t’envoyer un récapitulatif complet des conduites concernées dans ton messageur pour que vous puissiez intervenir tout de suite. Donne-moi ton numéro ID. »