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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Peut-être un jour rencontreraient-ils une autre tribu d’humains, comme Hresh semblait le croire. Et comme elle ne pouvait prendre Hresh comme compagnon, elle choisirait quelqu’un de cette autre tribu.

Ou bien elle resterait seule. Il y avait toujours cette possibilité. Torlyri n’avait jamais pris de compagnon ; Koshmar non plus. Ce n’était pas une obligation. Taniane trouvait que Koshmar était un grand chef, même s’il semblait parfois y avoir en elle une certaine étroitesse d’esprit et une certaine dureté. Il n’y avait pas de place pour un compagnon dans la vie de Koshmar. Torlyri était sa compagne de couplage, pas un compagnon. Mais Koshmar était le chef de la tribu et la coutume, ou la loi, voulait que le chef ne s’unisse pas à un homme. Ce qui était tout à fait au goût de Koshmar.

A l’idée de vivre sans compagnon, Taniane éprouvait une pointe de tristesse. Mais si tel était le prix à payer pour être le chef, était-il trop élevé ?

— Le chef ne prend-il vraiment jamais un compagnon ? demanda-t-elle un jour à Torlyri.

— Cela se faisait peut-être il y a très longtemps, répondit la femme-offrande. Tu pourrais poser la question à Hresh, mais je n’ai personnellement jamais entendu parler d’un chef vivant avec un compagnon.

— Est-ce la loi qui l’exige, ou bien n’est-ce qu’une coutume ?

— La différence est minime, répondit Torlyri en souriant. Mais pourquoi me poses-tu ces questions ? Tu penses que Koshmar devrait trouver un compagnon ?

— Bien sûr que non ! répondit Taniane en éclatant de rire tellement l’idée de Koshmar unie à un homme lui paraissait grotesque.

— Alors, pourquoi ?

— Je parlais en général. Comme une grande partie de coutumes ont changé, je me demandais si cela changerait aussi. Tout le monde ou presque forme un couple maintenant ; il n’y a plus seulement les géniteurs. Peut-être qu’un jour le chef aussi pourra prendre un compagnon.

— Cela viendra probablement, dit Torlyri. Mais certainement pas pour Koshmar.

— Tu aurais de la peine si elle le faisait ?

— Nous sommes compagnes de couplage, tu sais, et si elle devait prendre un compagnon, cela ne changerait rien entre nous. Les liens du couplage demeurent très forts, quoi qu’il advienne. Mais ce n’est pas le genre de Koshmar de se donner à un homme.

— C’est vrai, dit Taniane. Et toi, Torlyri ? reprit-elle après un instant de réflexion.

— Je dois avouer que je m’interroge depuis quelque temps, dit Torlyri avec un sourire.

— La coutume interdit aussi à la femme-offrande de vivre en couple, non ? poursuivit Taniane. Comme le chef et le chroniqueur. Mais tout change si vite. La femme-offrande est peut-être maintenant libre de prendre un compagnon. Et même le chroniqueur une compagne.

Une lueur amusée pétilla dans les yeux de Torlyri.

— Oui, même le chroniqueur, dit-elle. Cela te plairait bien, n’est-ce pas ?

— Je parlais d’une manière générale, dit Taniane en détournant les yeux.

— Excuse-moi. Je pensais que tu avais peut-être une raison personnelle de dire cela.

— Non. Non ! Crois-tu que j’accepterais Hresh, même s’il me le demandait ? Un garçon aussi bizarre, qui passe son temps à fouiner dans des bâtiments pleins de poussière et qui n’adresse jamais la parole à personne…

— C’est vrai que Hresh est un être assez étrange, mais tu l’es aussi, Taniane.

— Moi ? s’écria Taniane. Comment cela ?

— Tu l’es, c’est tout. Il y a beaucoup de choses en toi que la plupart des gens ne soupçonnent pas.

— C’est vrai ? Tu le crois vraiment ?

Taniane tourna cette idée dans sa tête pendant quelques instants et elle sentit monter en elle une bouffée d’orgueil. Elle savait bien que sa réaction était stupide et infantile, mais jamais personne ne lui avait fait un tel compliment. Et, venant de Torlyri, de Torlyri…

Dans un mouvement spontané, elle se jeta dans les bras de la femme-offrande et elles restèrent ainsi pendant quelques secondes. Puis Taniane se dégagea.

— J’espère de tout cœur que tu trouveras le compagnon que tu désires, si c’est ce que tu as décidé de faire !

— Attends un peu ! s’écria Torlyri en riant. Je n’ai pas dit que j’avais décidé quoi que ce soit ! J’ai simplement dit que je commençais à m’interroger.

— Tu devrais prendre un compagnon, dit Taniane. Tout le monde devrait le faire. Même le chef… je veux dire le prochain chef, celui qui succédera à Koshmar. Et même le chroniqueur. C’est le Printemps Nouveau et plus personne ne devrait vivre seul. Tu ne crois pas, Torlyri ? Tout change ! Tout doit changer !

— Oui, dit Torlyri, tout change…

Quand Torlyri fut partie, Taniane se demanda si elle n’avait pas été trop ingénue et trop franche. Tout ce qu’elle avait dit à Torlyri pouvait fort bien être rapporté à Koshmar et elle se sentait un peu gênée.

Elle eut un petit haussement d’épaules et posa les mains sur son corps. Puis elle les fit glisser sur son ventre plat et musclé et remonta jusqu’aux petits seins fermes nichés dans sa douce fourrure lustrée. Les transformations de son corps étaient douloureuses. Une multitude de questions sans réponses bouillonnaient dans son cerveau. Elle se dit que le temps lui apporterait les réponses qu’elle cherchait. Ce qu’il lui fallait, maintenant, c’était cultiver l’art d’attendre.

7. Les bruits de l’orage

L’expérience qu’il avait vécue dans le sous-sol de la tour bleue d’Emakkis Boldirinthe resta profondément gravée dans l’esprit de Hresh. Il se réveillait parfois, frissonnant, en sueur, après avoir revécu en rêve la scène stupéfiante de la place du marché de Vengiboneeza grouillante de monde et où se côtoyaient les représentants des Six Peuples de la Grande Planète.

Mais il s’interdit de retourner dans la tour pendant plusieurs semaines. Il savait qu’il n’était pas prêt et il se retenait.

Une curiosité douloureuse le dévorait, mais il tenait bon. Il ratissait tout le reste de la cité, faisant mille tours et détours dans des quartiers jusqu’alors inexplorés. Il découvrit ainsi une nouvelle esplanade couverte de bassins dont l’eau chaude miroitait au soleil. Il découvrit un ensemble d’obélisques effilés disposés en losange autour d’un puits de ténèbres à margelle d’onyx dans lequel il laissa tomber une pierre qu’il n’entendit jamais toucher le fond. Dans le quartier de Dawinno Weiawala, il découvrit un énorme et lugubre édifice d’un vert noirâtre, très différent de tous les autres bâtiments, qu’il baptisa aussitôt la Citadelle et qui, dressé au sommet d’une éminence tapissée de verdure, dominait la cité de Vengiboneeza comme une infatigable sentinelle. L’édifice était beaucoup plus long que haut et ses murailles n’avaient pour tout ornement que les dix colonnes massives disposées sur chacun des deux côtés longitudinaux et destinées à soutenir le toit en voûte. Avec ses murailles nues, dépourvues de toute ouverture, la bâtisse paraissait inaccessible, entièrement repliée sur elle-même. La Citadelle avait eu à l’évidence un rôle important dans la cité, mais comment savoir lequel ? Hresh avait essayé à plusieurs reprises d’y pénétrer, mais sans jamais réussir. Des découvertes comme celle-ci ne le menaient nulle part.

— Pourquoi n’es-tu pas encore retourné dans la salle souterraine de la tour ? lui demanda Taniane à qui Haniman avait tout raconté.

— Je ne suis pas encore prêt, répondit Hresh. Il faut d’abord que j’apprenne à utiliser le Barak Dayir.

Sur ce, il lui lança un regard qui mit fin à la discussion.

Tout le problème était là : le Barak Dayir. Hresh avait la conviction qu’aussi longtemps qu’il serait incapable d’utiliser correctement la Pierre des Miracles il ne servirait à rien de retourner dans la salle souterraine abritant la machine qui provoquait les visions. Mais Hresh-le-questionneur éprouvait devant le Barak Dayir une angoisse dont il n’était guère coutumier. En fait, il n’avait jamais vu la pierre. Il ne la connaissait que de réputation et n’en savait pas plus sur elle que les autres membres de la tribu, à savoir qu’il s’agissait d’un fragment d’étoile placé sous la garde du chroniqueur, qu’elle était dotée de propriétés extraordinaires, mais qu’elle risquait de coûter la vie à quiconque l’utiliserait à mauvais escient. Thaggoran affirmait qu’elle était la clé des plus profonds royaumes du savoir. Mais Thaggoran, si peu soucieux parfois de préserver les secrets de sa charge, avait pris grand soin de ne jamais l’utiliser devant Hresh et il avait mis l’accent sur le danger auquel on s’exposait en l’utilisant, répétant qu’il la consultait lui-même aussi rarement que possible. Depuis qu’il avait succédé au vieux Thaggoran, Hresh n’avait encore pu se décider à regarder la pierre sacrée et, comme il n’avait trouvé dans les différents volumes des chroniques aucune indication concernant sa fonction et son maniement, il préférait ne pas y toucher. Devant le Barak Dayir, sa curiosité naturelle cédait la place à la crainte de mourir trop jeune et surtout de mourir avant d’avoir appris tout ce qu’il espérait apprendre.

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