Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Ned Stark est venu ici ?
— À l’aube de la Rébellion de Robert. Le Roi Fou avait fait demander aux Eyrié la tête de Stark, mais Jon Arryn lui a répondu par le défi. Goëville est restée loyale au trône, cependant. Pour rentrer chez lui et appeler ses bannerets, Stark a été obligé de franchir les montagnes jusqu’aux Doigts et de trouver un pêcheur qui lui ferait traverser la Morsure. En route, une tempête les a surpris. Le pêcheur s’est noyé, mais sa fille a conduit Stark jusqu’aux Sœurs avant que le bateau ne coule. On dit qu’il lui a laissé une bourse d’argent et un bâtard dans le ventre. Jon Snow, elle l’a appelé, en souvenir d’Arryn.
« Mais peu importe. Mon père était assis où je siège actuellement lorsque lord Eddard a débarqué à Sortonne. Notre mestre nous a pressés d’expédier le chef de Stark à Aerys, en gage de notre loyauté. Cela aurait entraîné une riche récompense. Le Roi Fou les dispensait avec largesse s’il en était d’humeur. Mais nous savions désormais que Jon Arryn avait pris Goëville. Robert a été le premier homme sur le Mur, et il a tué Marq Grafton de sa propre main. Ce Baratheon ne connaît pas la peur, ai-je dit. Il combat comme le devrait un roi. Notre mestre a ricané en nous assurant que le prince Rhaegar saurait défaire ce rebelle. Et là, Stark a déclaré : En ce monde, il n’est de certain que l’hiver. Assurément, nous pouvons perdre nos têtes… Mais si nous vainquions ? Mon père l’a laissé reprendre sa route, son chef toujours sur ses épaules. “Si vous perdez, a-t-il dit à lord Eddard, vous n’êtes jamais venu ici.”
— Pas plus que moi », assura Davos Mervault.
Jon
Ils firent sortir le Roi-d’au-delà-du-Mur, les mains liées par une corde de chanvre et un nœud coulant autour du cou.
L’autre extrémité de la corde était enroulée autour du pommeau de selle du coursier de ser Godry Farring. Mort-des-Géants et sa monture étaient caparaçonnés d’acier argenté orné de nielle. Mance Rayder ne portait qu’une légère camisole qui laissait ses membres exposés au froid. Ils auraient pu lui rendre son manteau, songea Jon Snow, celui que la sauvageonne lui a rapiécé avec des bouts de soie écarlate.
Rien d’étonnant si le Mur pleurait.
« Mance connaît la forêt hantée mieux que n’importe quel patrouilleur », avait expliqué Jon au roi Stannis, dans un dernier effort pour convaincre Son Altesse que le Roi-d’au-delà-du-Mur leur serait plus utile vivant que mort. « Il connaît Tormund Fléau-d’Ogres. Il a combattu les Autres. Et il détenait le Cor de Joramun et n’a pas soufflé dedans. Il n’a pas fait crouler le Mur alors qu’il l’aurait pu. »
Ses paroles ne rencontrèrent qu’oreilles sourdes. Stannis était demeuré inébranlable. La loi était claire ; un déserteur devait perdre la vie.
Sous le Mur en larmes, dame Mélisandre leva ses pâles mains blanches. « Nous devons tous choisir, proclama-t-elle. Homme ou femme, jeune ou vieux, lord ou vilain, nos choix sont les mêmes. » Sa voix évoquait à Jon Snow l’anis, la muscade et les clous de girofle. Elle se tenait auprès du roi sur une tribune de bois dressée au-dessus de la fosse. « Nous choisissons entre la lumière et les ténèbres. Nous choisissons entre le bien et le mal. Nous choisissons entre le vrai dieu ou les faux. »
L’épaisse chevelure gris-brun de Mance Rayder lui vola dans la figure tandis qu’il avançait. Il se dégagea les yeux avec ses mains liées, en souriant. Mais quand il vit la cage, le courage lui faillit. Les gens de la reine l’avaient construite avec les arbres de la forêt hantée, des arbrisseaux et des branches souples, des rameaux de pin gluants de résine, et des doigts de barrals, blancs comme l’os. Ils les avaient ployés et entortillés les uns autour des autres de façon à tresser une nasse de bois, puis l’avaient suspendue haut au-dessus d’une fosse profonde remplie de bûches, de feuilles et de petit bois.
À cette vue, le roi sauvageon recula. « Non, s’écria-t-il, pitié. Ce n’est pas juste. Je ne suis pas le roi, ils… »
Ser Godry tira un coup sur la corde. Le Roi-d’au-delà-du-Mur n’eut d’autre choix que de le suivre en trébuchant, la corde étranglant ses mots. Lorsque Mance perdit pied, Godry le traîna sur le reste du parcours. Mance saignait quand les gens de la reine, mi-poussant, mi-portant, l’encagèrent. Une douzaine d’hommes d’armes hissèrent tous ensemble pour le soulever dans les airs.
Dame Mélisandre le regarda monter. « PEUPLE LIBRE ! Le voilà, votre roi des mensonges. Et voici le cor dont il promettait qu’il abattrait le Mur. » Deux des gens de la reine apportèrent le Cor de Joramun, noir avec des bandes de vieil or, huit pieds de long d’un bout à l’autre. Des runes étaient gravées dans ses bandeaux d’or, l’écriture des Premiers Hommes. Joramun avait péri des milliers d’années plus tôt, mais Mance avait retrouvé sa tombe sous un glacier, dans les sommets des Crocgivre. Et Joramun sonna du Cor de l’Hiver, et il éveilla les géants de la terre. Ygrid avait raconté à Jon que Mance n’avait jamais découvert le cor. Elle a menti, ou alors Mance le tenait secret même des siens.
Mille captifs observèrent à travers les barreaux de bois de leur enclos tandis qu’on brandissait le cor. Tous dépenaillés, à demi morts de faim. Les Sept Couronnes les appelaient sauvageons ; eux se nommaient le peuple libre. Ils ne paraissaient ni sauvages ni libres – seulement morts de faim et de peur, abasourdis.
« Le Cor de Joramun ? continua Mélisandre. Non. Appelez-le Cor des Ténèbres. Que tombe le Mur et la nuit tombera avec lui, la longue nuit qui jamais n’a de fin. Cela ne doit pas arriver, cela n’arrivera pas ! Le Seigneur de Lumière a vu ses enfants en péril et leur a envoyé un champion, Azor Ahaï ressuscité. » Elle désigna de la main Stannis, et le grand rubis à sa gorge palpita de lumière.
Il est la pierre, elle est la flamme. Les yeux du roi semblaient des ecchymoses bleues, profondément enfoncées dans un visage cave. Il était vêtu de plate grise, un manteau en tissu d’or bordé de fourrure volant sur ses larges épaules. Son pectoral portait un cœur ardent gravé au-dessus du sien. Ceignant son front, une couronne d’or roux avec des pointes qui se tordaient comme des flammes. Val se tenait auprès de lui, grande, belle. On l’avait couronnée d’un simple cercle de bronze sombre, et elle paraissait pourtant plus royale avec ce bronze que Stannis avec son or. Elle avait des yeux gris intrépides, qui ne cillaient point. Sous l’hermine de sa mante, elle portait du blanc et de l’or. Ses cheveux blonds comme miel avaient été coiffés en une tresse épaisse qui tombait de son épaule droite jusqu’à sa taille. Le froid dans l’air avait apposé de la couleur sur ses joues.
Dame Mélisandre ne portait nulle couronne, mais chaque homme ici présent savait qu’elle était la véritable reine de Stannis Baratheon, elle et non la femme sans attraits qu’il avait laissée grelotter à Fort-Levant. On racontait que le roi n’avait point l’intention d’envoyer chercher la reine Selyse et leur fille tant que Fort-Nox ne serait pas habitable. Jon se sentait marri pour elles. Le Mur n’offrait guère les conforts auxquels étaient accoutumées les dames sudières et les petites filles de haute naissance, et Fort-Nox n’en avait aucun. C’était un lieu lugubre, même en ses meilleures époques.
« PEUPLE LIBRE ! s’écria Mélisandre. Voyez ce qu’il advient de ceux qui choisissent les ténèbres ! »