Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 131
Перейти на страницу:

Car la danse est une destin�e et d�marche � travers la vie. Mais je te d�sire fonder et animer vers quelque chose, pour m'�mouvoir de ta d�marche. Car si tu veux franchir le torrent et que le torrent s'oppose � ta marche, alors tu danses. Car si tu veux courir l'amour et que le rival s'oppose � ta marche, alors tu danses. Et il est danse des �p�es si tu veux faire mourir. Et il est danse du voilier sous sa cornette s'il lui faut user, pour gagner le port vers lequel il penche, et choisir dans le vent d'invisibles d�tours.

Il te faut l'ennemi pour danser, mais quel ennemi t'honorerait de la danse de son �p�e s'il n'est personne en toi?

Cependant la danseuse s'�tant pris le visage dans les mains se fit path�tique pour mon c�ur. Et j'y vis un masque. Car il est des visages faussement tourment�s dans la parade des s�dentaires, mais ce sont couvercles de bo�tes vides. Car il n'est rien en toi si tu n'as rien re�u. Mais celle-l�, je la reconnaissais comme d�positaire d'un h�ritage. Il �tait en elle ce noyau dur qui r�siste au bourreau lui-m�me, car le poids d'une meule n'en ferait point sourdre l'huile du secret. Cette caution pour laquelle on meurt et qui fait que l'on sait danser. Car il n'est d'homme que celui-l� que le cantique a embelli ou le po�me ou la pri�re et qui est construit � l'int�rieur. Son regard se pose sur toi avec clart� car il est d'un homme habit�. Et si tu prends l'empreinte de son visage elle devient masque dur de l'empire d'un homme. Et tu connais de celui-l� qu'il est gouvern� et qu'il dansera contre l'ennemi. Mais que sauras-tu de la danseuse si elle n'est qu'une contr�e vide? Car il n'est point de danse du s�dentaire. Mais l� o� la terre est avare, o� la charrue accroche aux pierres, o� l'�t� trop dur s�che les moissons, o� l'homme r�siste aux barbares, o� le barbare �crase le faible, alors na�t la danse � cause du sens de chacun des pas. Car la danse est lutte contre l'ange. La danse est guerre, s�duction, assassinat et repentir. Et quelle danse tirerais-tu de ton b�tail trop bien nourri?

LXXI

J'interdis aux marchands de vanter trop leurs marchandises. Car ils se font vite p�dagogues et t'enseignent comme but ce qui n'est par essence qu'un moyen, et te trompant ainsi sur la route � suivre les voil� bient�t qui te d�gradent, car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour te la vendre une �me vulgaire. Or, s'il est bon que les objets soient fond�s pour servir les hommes, il serait monstrueux que les hommes fussent fond�s pour servir de poubelles aux objets.

LXXII

Mon p�re disait:

�Il faut cr�er. Si tu en poss�des le pouvoir ne te pr�occupe point d'organiser. Il na�tra cent mille serviteurs qui serviront ta cr�ation sur laquelle ils prendront comme vers sur la viande. Si tu fondes ta religion ne te pr�occupe point du dogme. Il na�tra cent mille commentateurs qui se chargeront de le b�tir. Cr�er, c'est cr�er l'�tre et toute cr�ation est inexprimable. Si je d�barque un soir dans ce quartier de ville qui est �gout qui plonge vers la mer, ce n'est pas � moi d'inventer l'�gout, les champs d'�pandage et les services de voirie. J'apporte l'amour du seuil lustr�, et naissent autour de cet amour les laveurs de trottoirs, les ordonnances de police et les ramasseurs de poubelles. N'invente pas un univers non plus o�, par la magie de tes ordonnances, le travail au lieu de l'abrutir grandisse l'homme, o� la culture naisse du travail et non du loisir. Tu ne vas point contre le poids des choses. C'est le poids des choses qu'il faut changer. Or cet acte est po�me ou p�trissement du sculpteur ou cantique. Et si tu chantes assez fort le cantique du travail noble qui est sens de l'existence, contre le cantique du loisir qui rel�gue le travail au rang de l'imp�t et morcelle la vie de l'homme en travail d'esclave et loisir vide, ne te pr�occupe point des raisons et de la logique et des ordonnances particuli�res. Ils viendront, les commentateurs, expliquer pourquoi ton visage est beau et comment il se doit construire. Ils pencheront dans cette direction et sauront bien argumenter pour te d�montrer qu'elle est la seule. Et cette pente fera que les ordonnances t'accompliront et que ta v�rit� deviendra.

�Car seule compte la pente et la direction et la tendance vers. Car celle-l� seule est force de mar�e qui, peu � peu, sans l'intelligence des logiciens, dissout les digues et fonde plus loin l'empire de la mer. Je te le dis: toute image forte devient. Ne te pr�occupe point d'abord des calculs, des textes de lois et des inventions. N'invente point une cit� future, car celle-l� qui na�tra ne saurait point lui ressembler. Fonde l'amour des tours qui dominent les sables. Et les esclaves des esclaves de tes architectes d�couvriront bien comment r�ussir le charroi des pierres. Comme l'eau d�couvre, parce qu'elle penche vers le bas, comment tromper la vigilance des citernes.

�C'est pourquoi, m'expliquait mon p�re, la cr�ation demeure invisible comme l'amour qui dans le disparate des choses exalte un domaine. Il est st�rile de frapper ou de d�montrer. Car tu te h�risses dans l'�tonnement contre qui t'�tonne, et � toute d�monstration tu en opposes une qui est plus belle. Et comment d�montrerais-tu le domaine? Si tu le touches pour en parler ce n'est d�j� plus qu'assemblage. Si pour expliquer l'ombre et le silence du temple tu touches au temple et en d�montes les pierres, ton �uvre est vaine car � peine y as-tu touch�, il n'est plus que pierres en vrac et non silence.

�Mais je te prendrai par la main et nous cheminerons ensemble. Et, au hasard des pas, nous aurons gravi la colline. L�, je parlerai sur le mode d'une voix quelconque et je dirai des �vidences que tu croiras toi-m�me avoir pens�es. Car il se trouve que la colline que j'ai choisie cr�e cet ordre-ci et non un autre. La grande image ne se remarque point comme image. Elle est. Ou plus exactement tu t'y trouves. Et comment saurais-tu lutter contre? Si je t'installe dans la maison, tu habites simplement la maison et tu pars de cette origine pour juger des choses. Si je t'installe dans l'angle d'o� la femme est plus belle et exalte l'amour, tu �prouves simplement l'amour. Comment refuserais-tu cet amour au nom de l'arbitraire qui te tient ici en cet instant-ci et non en un autre? Il faut bien que tu sois quelque part! Et ma cr�ation n'est qu'un choix du jour et de l'heure qui ne se discute point mais qui est. Et tu te moques bien de cet arbitraire. As-tu entendu celui que l'amour a nou� se sauver de l'amour en protestant que telle rencontre fut hasard et que cette femme qui le d�chire e�t pu �tre morte ou n'�tre point n�e ou se trouver alors ailleurs? J'ai cr�� ton amour en choisissant l'heure et le lieu � et, que tu soup�onnes ou non mon action, cela ne t'aide point � te d�fendre et te voil� mon prisonnier.

�Si je d�sire fonder en toi le montagnard qui marche la nuit vers la cr�te d'�toiles, je fonde l'image qui te rend �vident que t'abreuvera seul ce lait d'�toiles sur la cr�te. Et je n'aurai �t� pour toi que hasard qui t'a fait d�couvrir en toi ce besoin, car ce besoin est bien de toi, comme l'�motion due au po�me. Et que tu soup�onnes ou non mon action, � quel titre cela t'emp�chera-t-il de marcher? Comment, ayant pouss� la porte et vu dans l'ombre luire le diamant, d�sirerais-tu moins t'en saisir � cause qu'il est fruit d'une porte pouss�e qui e�t pu te conduire ailleurs?

�Si je te couche dans un lit avec un breuvage de sommeil, ce breuvage est vrai et le sommeil. Cr�er, c'est situer l'autre l� o� il voit le monde comme l'on d�sire, et non lui proposer un monde nouveau.

1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)