Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La grande mascarade parisienne - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La grande mascarade parisienne

Электронная книга - «La grande mascarade parisienne». Краткое содержание книги:

La grande mascarade parisienne
1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 165
Перейти на страницу:

— Chère Criquetta, vous avez vu que j'ai lutté jusqu'au bout'

La maison de l'illustre peintre Jean BUouard.

— Courageux comme Bavard!... Mais la Petite Favorite ne tiendra pas huit jours, et ensuite, vacances et bains de mer! Vous verra-t-on à Trouville, Cabassol? avez-yous vu les journaux? ils se sont montrés gentils, lisez : l'admirable talent de M mo Criquetta ne pouvait sauver une pièce impossible... l'esprit et la souplesse de M me Criquetta, cet éclat de rire vivant, a soutenu quand même cette pièce inepte... M" 10 Criquetta, séduisante comme toujours, s'est montrée grande artiste, etc., etc.. C'est Roquebal qui doit faire ur. nez! mais je m'en bats l'œil, il m'a fait une scène atroce, hier soir et je l'ai envoyé promener...

— Pauvre Roquebal, pensa Cabassol, c'est la succession Badinard qui lui vaut ça !... Ma chère Criquetta, reprit-il tout haut, vous souvient-il de notre conversation au sujet du nommé Jocko?

— Encore Jocko ! fit Criquetta avec une moue délicieuse.

— Toujours, tant que je ne l'aurai pas trouvé. J'ai découvert que ce Jocko était un peintre chauve, grand et barbu, et je vous amène une dame qui l'a rencontré jadis, mais qui ne se souvient pas de son nom. J'ai pensé qu'en réunissant vos souvenirs, vous parviendriez peut-être à retrouver ce nom tant cherché...

— Un peintre, chauve, grand et barbu...

— Oui, dit M mo Friol, et farceur! ah! qu'il était farceur... Voyons, il y a trois ans, vous ne vous rappelez pas?... le peintre à Lucie Friol?...

— Ah! s'écria Criquetta, le peintre à Lucie Friol, Bizouard, ce farceur de Bizouard, c'est vrai, toutes les femmes l'appelaient Jocko !

— Serait-ce Jean Bizouard, le fameux peintre impressionniste? demanda Cabassol.

— Lui-même! tenez, regardez, il m'a fait mon portrait... C'est d'ailleurs le seul souvenir qu'il m'ait donné... il était toujours dans la panne dans ce temps-là.

Criquetta avait décroché un petit tableau que Cabassol tourna, retourna dans tous les sens.

— Ce n'est pas un paysage ?

— Mais non, tenez, dans ce sens-là, vous ne voyez pas? c'est mon portrait dans mon cabinet de toilette... Vous ne voyez pas mes cheveux, et là un bras... l'autre est oublié, mais ça ne fait rien...

— Oui, oui, parfaitement, je me retrouve maintenant, cette grande tache blanche, c'est votre peignoir... oh ! très bien, mais je l'aimais mieux comme paysage ; à votre place, je l'accrocherais dans l'autre sens.

Cabassoi heureux d'avoir enfin découvert le nom du mystérieux Jocko, ne pensait plus qu'à s'en aller, pou- ouvrir immédiatement les hostilités contre lui; il avait oublié M mt Friol qui multipliait pourtant les signes pour lui rappeler qu'il avait promis de l'aider à retrouver une position sociale. Enfin Cabassol, après un coup de coude plus accentué, se souvint de ce qu'elle attendait, et entama cette négociation délicate avec Criquetta. Celle-ci venait justement de perdre sa femme de chambre qui lui avait donné ses huit ,'o irs, pour entrer dans un café-concert et se consacrer entièrement à l'art. Elle avait besoin d'une personne de confiance pour tenir la maison et surveiller la nouvelle femme de chambre et les autres domestiques.

M mo Friol était vraiment ce qu'il lui fallait, elle avait l'expérience et possédait des qualités remarquables de tenue et de discrétion. En peu de minutes l'affaire fut conclue et M rac Friol fut acceptée en qualité de marraine.

Cabassol se hâta de prendre congé pour courir chez M 0 Tapa-rcl afin de lui annoncer son heureuse découverte.

Il Jtrouva toute l'étude en train de travailler pour la succession Badinard. M mo Colbuche avait écrit deux lettres nouvelles de six pages chacune, et M. Mi-radoux s'occupait des réponses.

— Victoire ! s'écria Cabassol en entrant dans le cabinet de M e Taparel, Victoire ! je tiens enfin le membre du club des billes de billard que nous cherchons, je tiens Jocko !

— Enfin ! comment se nommc-t-il? demanda M 0 Taparel.

— C'est le célèbre peintre impressionniste Jean Bizouard.

— Je l'ai vu hier au dîner hebdomadaire du club, et j'ai causé avec lui sans le soupçonner !

— Il faut que vous me présentiez à lui sous un prétexte quelconque, pour que j'entre en campagne...

— C'est bien facile, justement le grand artiste m'a invité à venir admirer, dans son atelier, l'œuvre qu'il destine au prochain salon des impressionnistes, une œuvre qui doit révolutionner l'art... Venez avec moi, je vous présente

Portrait de Criquet

comme un riche amateur, nous nous pâmons devant le chef-d'œuvre et la con-naissance est faite ! Est-ce dit?

— C'est dit. Partons tout de suite !

M e Taparel sonna pour demander son pardessus et sa canne. Cabassol avait sa voiture à la porte, M c Taparcl donna l'adresse de Jean Bizouard, boulevard de Clichy, et les deux vengeurs de Badinard roulèrent menaçants vers la demeure de Jocko.

Le célèbre peintre impressionniste avait son atelier au quatrième étage d'une maison entièrement occupée par les beaux arts : au rez-de-chaussée, un sculpteur; un peintre de petits sujets mondains etdejolis chiffonnages,au premier ; un prix de Borne, au second ; un animalier, au troisième ; l'impressionnist'' au quatrième, nous l'avons dit; et, sous les toits, au cinquième, un paysagiste qui, de son atelier, pouvait apercevoir la grande nature de la banlieue de Paris, les nobles lignes et les suaves contours des coteaux d'Argenteuil.

Le célèbre peintre impressionniste ouvrit lui-même sa porte à nos amis. Il répondait bien au signalement donné par Griquetta et par M me Friol, il était grand, barbu et chauve. Il était vêtu d'une vareuse de velours violet et d'un pantalon bleu d'une coupe ultra élégante. Une cravate de soie bleue à pois jaunes, un monocle, un jabot et des manchettes plissées, complétaient ce costume que M. Bizouard portait avec une désinvolture nonchalante.

— Eh ! bonjour, bille de billard Taparel ! fit Jean Bizouard en tendant la main aux arrivants, vous avez eu le courage de grimper jusqu'à mon perchoir, c'est bien aimable à vous !

Mon cher Bizouard, répondit M e Taparel, j'avais soif d'idéal et de poésie, je voulais contempler votre nouveau chef-d'œuvre, pour me reposer de mes longues séances d'affaires notariales... J'ai l'honneur de vous présenter M, Cabassol, un de nos amateurs distingués, un érudit des choses de l'art...

— Asseyez-vous donc, messieurs, fit Bizouard en les poussant vers un divan, asseyez-vous et prenez des cigarettes...

Cabassol et M e Taparel se laissèrent tomber sur un large divan rouge et prirent les cigarettes que leur oflYait Bizouard ; l'illustre maître s'étendit dans un fauteuil américain, tenant la palette d'une main et de l'autre une longue pipe turque. Pendant qu'il se perdait dans la contemplation des spirales de la fumée bleue qu'il lançait autour de. lui dans toutes les directions, les deux visiteurs examinaient l'atelier immense et élégant du Raphaël de l'impressionnisme.

Profond repos par Jean Bizouard.

Au centre de l'atelier, se dressait le chef-d'œuvre en fabrication, splendidement encadré dans une large bordure d'or et flanqué de deux grandes plantes tropicales dans des vases de faïence bleue; sur d'autres chevalets, des toiles terminées ou commencées seulement, donnaient des taches bizarres, des effets de couleur terrifiants, de véritables feux d'artifice éclatant en

DANAÉ, par Jean Bizouard.

fusées jaunes, bleues, vertes ou rouges. Au centre de l'atelier, sur une grande table du XVI e siècle, parmi des fouillis de gravures, d'étoffes orientales et de japonaiseries, trônaient, dans une attitude pleine de fierté, deux immenses bottes de gros cuir noir, non pas des bottes artistiques des temps passés, des bottes gothiques et archéologiques, mais bien d'ignobles bottes du plus pur xix e siècle, des bottes naturalistes d'égoutier.

1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 165
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)