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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Si le vieux père Jacob fut dans la jubilation à la nouvelle de l’existence et de la gloire de Joseph, point n’est besoin de le dire! Il en tomba en défaillance; et, quand il reprit ses esprits, il s’écria: «C’est assez; mon fils Joseph vit encore; j’irai, et je le verrai avant que je meure!» On ne peut s’empêcher de trouver bien extraordinaire ce Pharaon promettant de donner à des étrangers tous les biens de l’Égypte; au moins, on ne l’accusera pas d’ingratitude envers Joseph!

Le vieux père Jacob s’en vint donc au royaume où son bien-aimé fils était gouverneur. Joseph, monté sur son plus beau char, alla à la rencontre d’Israël, et ils s’embrassèrent en pleurant. Cette histoire est si attendrissante qu’on ne peut soi-même retenir ses larmes, quand on la lit, n’est-ce pas?

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«Tous ceux qui vinrent en Egypte avec Jacob, sortis de sa cuisse, étaient au nombre de soixante-six, sans compter les femmes de ses enfants!» (46:26)

A retenir aussi, ceci:

«Joseph dit à ses frères et à la famille de son père: Lorsque Pharaon vous fera appeler devant lui et qu’il vous demandera quel est votre métier, vous lui répondrez: — Nous sommes des pasteurs, et, comme nos pères, nous sommes nourris dans cette profession depuis noire enfance: et vous direz cela afin que vous puissiez habiter dans la terre de Gessen; car les Egyptiens ont en exécration tous les éleveurs de bétail.» (46:33-34)

Quant au roi, il dit à Joseph:

«Ton père et tes frères sont venus à toi; — toute l’Egypte est à ta disposition; fais-les habiter dans le meilleur endroit du pays, dans la terre de Gessen; et si parmi eux il en est d’experts et robustes, donne-leur l’intendance de mes troupeaux.» (47:5-6)

Pharaon a donc des troupeaux, et nous allons voir immédiatement que tout son peuple en a aussi; alors comment les Égyptiens pouvaient-ils détester les éleveurs de bétail?

Jacob, ayant été présenté à Pharaon, bénit le roi; le vieux bonhomme avait alors cent trente ans (v. 7-9). Joseph donna donc à son père et à ses frères la possession du meilleur endroit, appelé Rahmésès, et il leur fournit à tous des vivres; car le pain manquait dans le monde entier, et la famine désolait surtout l’Égypte et le Canaan (v. 11-13).

Voulez-vous connaître la façon dont Joseph administrait le royaume? Savourez.

«Joseph, ayant perçu tout l’argent du pays en vendant les blés mis en réserve, accumula cet argent dans le trésor du roi. — L’argent vint donc à manquer au peuple. Alors, les Égyptiens vinrent à Joseph. Donne-nous du pain, lui dirent-ils; faut-il que nous mourions de faim, parce que nous n’avons plus d’argent? — Joseph répondit: Amenez-moi tout votre bétail, et je vous donnerai du blé en éc hange. — Les Égyptiens amenèrent donc tout leur bétail, et Joseph leur donna du pain pour prix de leurs chevaux, pour leurs troupeaux de brebis, pour leurs bœufs et pour leurs ânes.» (47:14-17)

Nous sommes à la troisième année de stérilité, qu’on veuille bien le remarquer; la sécheresse est telle que le blé ne pousse plus depuis trois ans. Si la terre se refuse à produire du blé, elle ne devait certainement pas produire davantage de l’herbe; alors, de quoi tous ces bestiaux se sont-ils nourris? Mais, s’il y avait cependant quelque moyen de faire vivre sans pâturages les troupeaux des Égyptiens, quelle drôle d’idée ceux-ci ont-ils de s’en défaire pour avoir la farine de Joseph! Ils auraient eu bien meilleur compte à manger leurs bestiaux. En outre, en vendant leurs troupeaux, ils n’avaient plus de quoi jamais labourer la terre. D’autre part, voilà un ministre qui, de toute façon, met les sujets de son roi dans l’impossibilité de semer du blé. Ce qui est plus surprenant encore, c’est que l’auteur sacré ne dit pas un mot de l’inondation périodique du Nil, et les critiques Herbert, Bolingbroke, Fréret, Boulanger, et au-dessus de tous Voltaire, ont jugé que celte omission inexplicable suffisait à démontrer le caractère fantaisiste de l’histoire de Joseph et des sept années de sécheresse; tout cela est qualifié de pur roman: «Il n’est pas possible, disent ces critiques, que le Nil ne se soit pas débordé pendant sept années de suite. Tout ce pays aurait changé de face pour jamais. Il aurait fallu que les cataractes du Nil eussent été bouchées, et alors toute l’Éthiopie n’aurait été qu’un vaste marais. Ou, si les pluies qui tombent régulièrement chaque année dans la zone torride avaient cessé pendant sept années, l’intérieur de l’Afrique serait devenu inhabitable.» Il est évident qu’un tel malheur public aurait pris les proportions de ces cataclysmes qui ont bouleversé notre planète aux premiers temps de l’humanité, et qu’il en serait resté quelques traces dans l’histoire des Égyptiens, peuple antérieur à la nation juive.

«Cette année finie, les Égyptiens revinrent vers Joseph l’année suivante, et ils lui dirent: Nous ne cacherons point à monseigneur que, n’ayant plus ni argent, ni bétail, il ne nous reste que nos corps et la terre. — Faudra-t-il donc que nous mourions de faim sous tes yeux? Prends nos personnes et nos terres, achète-nous pour du pain; nous serons esclaves de Pharaon, et nos terres seront à lui. Mais donne-nous aussi des semailles, afin que nous vivions; car, si le cultivateur meurt, la terre sera réduite en solitude désolée. — Joseph acheta donc pour Pharaon toutes les terres d’Égypte; car les habitants vendirent chacun son champ, à cause de la famine qui avait augmenté. — Et il fit passer le peuple dans les villes, d’une extrémité du royaume à l’autre. — Il n’y eut que les terres des prêtres qui ne furent point achetées; car les prêtres tenaient leurs champs de la générosité royale, et ils se nourrissaient grâce à une part des blés mis en réserve que Pharaon leur faisait donner; c’est pourquoi les prêtres ne furent point obligés de vendre leurs terres. — Alors, Joseph dit au peuple: Je vous ai achetés aujourd’hui, vous et vos terres, et vous appartenez désormais à Pharaon.

Maintenant, voici des semailles, afin que vous prépariez les récoltes futures. — Mais la cinquième partie de toute récolte appartiendra au roi, et je vous accorde les quatre antres, pour vous permettre de manger, vous et vos enfants, et de semer de nouveau. — Et ils répondirent: Tu nous as sauvé la vie; daigne, monseigneur, nous regarder toujours avec bonté, et nous serons sans regret les esclaves de Pharaon.» (47:18-25)

Celte façon d’administrer un royaume, loin de valoir à Joseph le titre de bienfaiteur que la Bible lui donne, fait de lui, tout au contraire, un tyran ridicule et extravagant. Si celle histoire était vraie, si les peuple avaient cru à la bienfaisance du gouverneur de l’Egypte aux premiers temps de la disette, leur imbécillité n’aurait plus d’excuse quand l’exploitation dont ils furent victimes en arriva à ce point. Quoi! disent les critiques cités tout à l’heure, ce bon ministre Joseph rend toute une nation esclave! il vend au roi toutes les personnes et toutes les terres du royaume! C’est une action aussi infâme et aussi punissable que celle de ses frères, qui égorgèrent tous les Sichémites. Il n’y a point d’exemple, dans l’histoire du monde, d’une pareille conduite d’un ministre d’État. Un ministre qui agirait ainsi, en n’importe quel pays, provoquerait bientôt un soulèvement général et n’échapperait pas à la juste colère des populations.

Heureusement une histoire si atroce n’est qu’un conte stupide. Il y a trop d’absurdité à s’emparer de tous les bestiaux, lorsque depuis longtemps la terre ne produisait point d’herbe pour les nourrir. Et, si elle avait produit de l’herbe, elle aurait pu produire aussi du blé, il n’y a pas à sortir de là; car, de deux choses l’une: le terrain de l’Egypte étant essentiellement sablonneux, les inondations régulières du Nil peuvent seules faire pousser la végétation; ou bien, si l’on admet l’inadmissible cessation de ces inondations pendant sept années consécutives, tous les bestiaux doivent avoir péri. De plus, on n’était alors qu’à la quatrième année de la stérilité prétendue: à quoi aurait servi de donner au peuple des semailles pour ne rien produire pendant trois autres années? Ces sept années de stérilité sont donc une des fables les plus incroyables que l’imagination du divin pigeon ait inventées dans la Genèse.

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