Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
Tancrède, bien qu’endurci par une trop longue fréquentation des champs de bataille, se sentit submergé par l’émotion. Le visage de la victime n’était plus identifiable, mais parmi les quelques parties du corps qui avaient échappé aux brûlures se distinguait clairement un fin poignet féminin autour duquel un léger bracelet d’argent était passé. Ce bracelet était un présent de Liétaud. Il l’avait offert à Viviane au bout du premier mois de leur histoire d’amour.
Tancrède tomba à genoux à côté de son ami et murmura dans un souffle : « Dieu ait pitié de son âme… » D’une main tremblante, Engilbert traça un signe de croix au-dessus de la tête de la défunte puis, la voix brisée par l’émotion, des larmes roulant sur ses joues, se mit à réciter d’une voix rauque :
« L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de Son Nom.
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ; ta houlette et ton bâton me rassurent. »
Trois heures du matin. Tous les hommes de la cabine collective n°48-57 dormaient profondément.
Liétaud était allongé dans son alvéole, couché sur le flanc presque en position fœtale, les yeux fermés. Sa poitrine se soulevait lentement au rythme de sa respiration. Engilbert, assis sur le bord de la couche, lui tenait la main sans le quitter des yeux. Son frère semblait maintenant parfaitement immobile. Alors, il lui lâcha la main, remonta sa couverture et se leva sans bruit. Frottant ses yeux rougis de fatigue, il rejoignit Tancrède assis un peu à l’écart.
« Il dort maintenant », lui chuchota-t-il.
Tancrède hocha la tête avec lassitude, lui aussi était harassé. Ils avaient passé plus de quatre heures avec la police et le manque de sommeil additionné au choc de la macabre découverte commençait à peser sur leurs organismes.
Lorsqu’ils avaient trouvé Liétaud dans la remise, ils étaient restés abasourdis, paralysés par l’horreur de la scène. Puis, reprenant ses esprits, Engilbert s’était relevé avec lenteur, comme si ses membres pesaient plus lourd que d’habitude, et s’était rendu devant le terminal des buanderies, deux salles plus loin, afin de prévenir les autorités.
Vingt minutes plus tard, la police militaire bouclait le quartier. Le secteur avait aussitôt été fouillé de fond en comble, mais aucun suspect ou témoin n’avait été appréhendé. Ensuite, le long examen des lieux du drame avait commencé avec l’entrée en scène de la police scientifique.
Les contingents de la police militaire du bord avaient été choisis parmi les gardes royaux français, sur demande expresse d’Hugues de Vermandois, commandant de bord et frère du roi de France. Néanmoins, tous les cadres et inspecteurs opérationnels relevaient directement du Vatican, comme cet homme qui s’approcha d’eux, un sigle luminescent d’enquêteur mandaté par le Saint-Siège tatoué sur son crâne rasé :
« Bonsoir messieurs. Alcandre Danon, enquêteur militaire au nom du roi de France et du pape. »
Une ombre de barbe couvrait ses joues, accentuant le masque de fatigue que son visage affichait. Tancrède aurait parié que l’enquêteur venait de finir sa journée quand on l’avait envoyé ici.
« C’est moi qui vais m’occuper de cette affaire. Sachez tout d’abord que je compatis à votre douleur et que je vous présente toutes mes condoléances. »
Liétaud, assis à l’écart depuis que la police scientifique avait commencé ses investigations, se contenta d’un léger signe de tête en guise de réponse. Un médecin était venu s’assurer de son état peu avant, vérifiant à l’aide d’une sonde neuronale qu’il ne préparait pas un choc post-traumatique. Maintenant, il était calme et regardait droit devant lui sans bouger. Naturellement, Tancrède et Engilbert étaient restés auprès de lui.
« Je suis navré de vous imposer cela en un tel moment, reprit Danon, mais je dois vous poser quelques questions. »
Liétaud tourna la tête et le regarda comme s’il ne s’était pas rendu compte de la présence de l’enquêteur jusqu’alors. Il hocha la tête en signe d’assentiment.
« Bien. Dans un premier temps, je dois d’abord vous demander quelle était la nature de votre relation avec Mlle Mennecy.
— Nous allions nous marier », répondit Liétaud faiblement L’enquêteur enregistrait la conversation sur son messageur de service. Contrairement aux messageurs civils, ses fichiers étaient recevables par un tribunal.
« Elle était employée ici, n’est-ce pas ?
— Elle s’occupait de l’intendance des buanderies.
— Et vous aviez rendez-vous avec elle ici ce soir ?
— Oui.
— L’avez-vous trouvée comme ça, en arrivant ?
— Oui.
— Avez-vous touché à quelque chose ? Déplacé un objet, ou le corps ?
— Non, rien.
— Vous n’avez croisé personne en venant ? Ou remarqué quelqu’un qui n’aurait pas dû être là ?
— Non. Les buanderies étaient désertes lorsque je suis arrivé.
— Avez-vous remarqué quelque chose d’étrange ou d’inhabituel en entrant dans la pièce ?
— Vous voulez dire, à part le cadavre de ma fiancée ? »
L’enquêteur Danon eut un petit sursaut, mais sembla considérer que, vu les circonstances, Liétaud avait quelques excuses. Ce dernier reprit :
« Non, non, je n’ai rien remarqué de spécial. Tout était absolument silencieux et sans mouvement.
— Quel a été votre premier acte après la découverte du corps ? »
Comme écrasé par une nouvelle vague de douleur, Liétaud se pencha en avant pour se prendre la tête entre les mains. Engilbert lui posa la main sur l’épaule.
« J’ai appelé mon frère », finit-il par dire.
L’enquêteur nota quelque chose sur le petit écran tactile du messageur, puis reprit : « Vos rapports avec Mlle Mennecy étaient-ils bons ? »
Liétaud releva la tête et pointa son regard sur lui.
« Je vous ai dit que nous allions nous marier.
— Ça ne signifie rien. Vous pourriez avoir eu une dispute… »
Une lueur passa dans les yeux de Liétaud.
« Et je l’aurais tuée, puis brûlée ? C’est ça ?
— Non, non. Je n’insinue pas cela, répondit Danon, embarrassé. C’est une simple question. Je suis obligé de demander ce genre de… » Il poussa un profond soupir. « Bon, écoutez, je pense que ça suffira comme ça. Je ne vais pas vous accabler en un tel moment.
— En effet, Monsieur l’Enquêteur, intervint Engilbert, peut-être pourrions-nous poursuivre cet entretien demain ? Nous sommes tous à bout de nerfs et il serait préférable que nous allions tous nous reposer.
— Absolument. »
À ce moment, l’un des scientifiques en tenue stérile qui prélevait des indices sur les lieux s’approcha d’eux.
« Pardonnez mon interruption, Monsieur l’Enquêteur. Je pense que nous avons établi la cause du décès.
— Je vous écoute. »
L’homme leur montra l’écran de son instrument d’analyse sur lequel des dizaines de données techniques étaient affichées.
« Mort par brûlure électrothermique.
— Elle est morte électrocutée ?
— Les analyses sont sans ambiguïté. La rhabdomyolyse massive des tissus ainsi que la thrombose des petits vaisseaux et les nécroses tissulaires sont des caractéristiques incontestables de la mort par électrocution. L’énergie déployée a dû être extrêmement importante. La température est certainement montée aux alentours de 1500°C.