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Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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« Un cadavre a été retrouvé vers 23 heures aux Buanderies Générales dans le secteur 18. Une femme.

— Noble ?

— Non, du commun.

— Alors, qu’y a-t-il de si grave ? Nous avons plusieurs homicides par mois à bord.

— Elle était complètement carbonisée, suite à une électrocution massive.

— Encore ! Mon Dieu. »

Pierre était effondré, son visage se décomposait.

« Y a-t-il eu des témoins ?

— Non. Et aucun suspect.

— Qui a découvert le corps ?

— Son fiancé. Ils avaient rendez-vous, mais c’est un cadavre qui l’attendait. Il a appelé son frère et un ami qui ont aussitôt prévenu la police. C’est d’ailleurs là que réside notre problème.

— Qu’ils aient prévenu la police ?

— Non. Le problème est que l’ami en question est Tancrède de Tarente.

— Et alors ?

— Cet homme est un cas. Il est connu dans toutes les armées pour ses sautes d’humeur, son indiscipline, ses erreurs de commandement…

— Ne serait-ce pas votre voisin par hasard ? » l’interrompit Pierre d’un air soupçonneux.

Robert de Normandie releva aussitôt la tête d’un air offusqué.

« Non. Enfin pas tout à fait. Les terres de ses parents jouxtent en effet mon domaine. Toutefois, lui, comme son oncle, a passé plus de temps sur les champs de bataille à l’étranger qu’en Normandie.

— Et vous aimeriez que cela reste ainsi, n’est-ce pas ? Le litige que vous avez depuis de nombreuses années avec sa famille est bien entendu totalement étranger au jugement que vous portez sur cet homme. »

Robert sentit immédiatement le feu de la colère courir dans ses veines. Il eut une violente envie de frapper ce petit prêtre prétentieux et de lui faire ravaler ses paroles ironiques. Cela dut se lire dans ses yeux, car Pierre se redressa comme pour montrer qu’il n’était pas impressionné et le regarda bien en face. Mais le duc de Normandie se contint, puis réussit à esquisser un sourire de déférence qui semblait signifier : Profite l’Ermite, profite tant que tu le peux…

Estimant qu’il avait gardé le contrôle de la situation, Pierre conclut sur un ton détendu : « Je vais prévenir Sa Sainteté, cette affaire doit être suivie de près. »

Non sans avoir lancé un dernier regard condescendant à Robert, il quitta le poste de commande en laissant le duc seul face à la baie. Argant vint alors se poster à sa droite. À la mine irritée de son maître, il hésita à parler.

« Que veux-tu ? grogna Robert sans se retourner.

— L’homme de la 78e qui m’a renseigné m’a bien expliqué que ce lieutenant s’était montré fort soupçonneux et qu’il ne comptait visiblement pas en rester là, répondit Argant à voix basse.

— Oui, c’est aussi ce que je pense. Mais ce larbin de Pierre ne fera rien. Si nous ne voulons pas voir la situation dégénérer, c’est à nous d’agir. Tancrède de Tarente ne doit pas commencer à fourrer son nez partout !

— Je peux m’occuper de lui, seigneur. »

Robert pivota pour regarder son garde du corps bien en face.

« Cet homme est un noble, imbécile ! Tu ne crois tout de même pas que tu peux le passer à tabac comme n’importe quel inerme ! »

Argant baissa la tête.

« Tu vas en effet t’occuper de lui, mais pas à ta manière. Il jouit d’une grande réputation militaire et les troupes l’admirent, il faudrait que ça change, qu’il commette quelques erreurs graves, des négligences…

— Je m’en charge, seigneur. »

* * *

Lorsque Tancrède s’était réveillé après une nuit sans rêves, il avait trouvé Liétaud assis sur le bord de sa couchette, le regard vide et le visage défait. Le souvenir de la veille lui était alors revenu comme un mauvais goût au fond de la bouche, et avec lui, la douleur qu’il éprouvait pour son ami.

Il lui avait conseillé de se doucher et de se mettre en uniforme pour l’entretien avec Danon prévu à huit heures. Liétaud avait secoué la tête comme pour sortir de sa léthargie puis avait acquiescé d’un air absent. Tancrède avait ensuite réveillé le major Hutbert. Sans perdre de temps à lui expliquer la situation, il lui avait demandé de superviser à sa place les exercices physiques de la matinée. Engilbert s’était levé peu après et ils étaient sortis de la cabine avant le réveil général. Une fois le petit déjeuner expédié sans grand appétit, ils s’étaient rendus au rendez-vous avec l’enquêteur Danon.

Le commissariat central du Saint-Michel était une ruche bourdonnante d’activité, même à cette heure matinale. Sur un navire de cette taille, le nombre d’affaires criminelles dépassait celui de nombreuses grandes villes sur Terre et nécessitait une force de police considérable. Bien entendu, c’était une juridiction entièrement militaire et aucune police civile n’avait été introduite à bord.

Ils se présentèrent à l’accueil et demandèrent à voir Alcandre Danon. Le jeune policier consulta son registre puis les invita à s’asseoir. La salle d’attente était pleine d’un assemblage hétéroclite de soldats ou de civils ayant eu affaire à la police pendant la nuit. Juste en face de Tancrède, une femme affligée d’un impressionnant œil au beurre noir était assise à côté d’un jeune homme à l’air piteux auquel elle lançait de temps en temps des regards mauvais. De l’autre côté de la pièce, un conducteur de porte-conteneur, le bras en écharpe et le crâne enturbanné de bande médicale, relisait sa déposition. Pour des actes probablement plus graves, beaucoup avaient aussi les menottes aux poignets, ou étaient carrément enchaînés aux nombreuses barres fixées dans les parois. Il y avait même un pilote d’intercepteur allongé sur un banc étroit, les jambes traînant par terre, la chemise maculée de substances indéterminées, en train de cuver son vin. Excédés par l’ennui qu’ils éprouvaient à se trouver à bord d’un vaisseau où ils ne pouvaient bien évidemment pas utiliser leurs engins, les pilotes d’intercepteurs finissaient souvent ivres morts au petit matin. En général, ils bénéficiaient de l’indulgence – jusqu’à une certaine limite – des autorités.

Ils attendirent presque une heure ici, dans le bruit incessant et les odeurs désagréables – le pilote avait fini par vomir le peu qui lui restait dans l’estomac, soulevant un concert de protestations dans la salle. Lorsque le jeune policier les appela pour leur dire de monter à l’étage, la fatigue avait cédé la place à l’énervement depuis longtemps.

On les conduisit à travers une enfilade de grandes salles divisées en dizaines de petits compartiments aux cloisons d’un mètre cinquante de haut, où des officiers de police s’activaient. Les lieux étaient aussi bruyants qu’une gare aux heures de pointe. Des plaques aux murs diffusaient sans interruption les nouvelles de l’Intra, ajoutant à la cacophonie générale.

Lorsqu’ils arrivèrent au compartiment de l’enquêteur Danon, celui-ci se leva pour les accueillir.

« Bonjour, messieurs. Asseyez-vous, je vous prie », fit-il en désignant de simples sièges en plastique disposés devant son bureau.

Il avait l’air revêche de ceux qui ont dû se lever à l’aurore sans que cela soit dans leurs habitudes. Sa mise négligée trahissait une probable précipitation au réveil et le voile de barbe gris-bleu qui couvrait ses joues la veille s’était encore assombri. De toute évidence de mauvaise humeur, il attaqua en force.

« J’ai une nouvelle importante à vous annoncer : l’affaire a été classée. »

Tancrède et les frères Tournai restèrent interdits. Liétaud fit mine de parler, mais Danon leva la main pour l’arrêter.

« Laissez-moi vous expliquer. Les experts ont rendu leur rapport définitif et ont conclu à un accident. Donc, cela ne concerne plus la police.

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