La nurse anglaise
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 2011
- Язык: французский
- ISBN: 978-2-265-06163-7
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «La nurse anglaise». Краткое содержание книги:
— Que j’entende un seul cri et je vous coupe la gorge ! annonça-t-il.
La malheureuse chercha « son grand amour » du regard et le trouva assis sur un tas de briques. Elle crut souffrir d’hallucinations on apercevant un nain debout à son côté qui lui tenait la main.
L’effroyable incompréhension dans laquelle elle se débattait constituait une authentique torture.
— Déshabillez-vous, la grosse ! ordonna l’homme au couteau.
Comme elle ne bougeait pas, il approcha la pointe de son arme de son orbite gauche.
— Vite ! Sinon je vous fais sauter les yeux !
Au comble de l’horreur, Christina défit sa canadienne et la chassa de ses épaules. Elle se tenait assise sur ses talons, en une posture de prière éperdue.
— Levez-vous, la mère et posez votre putain de pantalon !
La lourde femme venait de comprendre que seule une totale soumission pouvait épargner sa vie, mais aussi que cet espoir demeurait très aléatoire. Sous le pantalon, elle portait une culotte immense, couleur fumée, avec de la dentelle rose autour des cuisses.
— Le slip ! enjoignit son tourmenteur.
Elle hésita, une gifle lui emplit la tête d’étincelles.
Vaincue, larmoyante, reniflante, elle fit glisser la coquine lingerie jusqu’à ses chevilles.
— Parfait, déclara celui que sir David appelait « le Chinois ».
Puis, se tournant vers le couple, il interrogea :
— Programme ?
Le nain s’approcha de miss Hertford et ouvrit son pantalon. Il dégagea de ses brailles son monstrueux sexe déjà belliqueux.
Sur un geste de lui, Victoria le rejoignit, tomba à genoux devant son amant et prit son énorme moignon dans la bouche. Sidérés par l’importance de ce pénis, les malfrats contemplèrent cette fellation avec incrédulité. Leur saisissement fut tel qu’ils s’abstinrent de tout commentaire.
Lorsque sir David sentit venir l’apothéose, il récupéra prestement son membre et se libéra sur la figure mafflue de miss Christina en s’écriant :
— Tenez, sorcière, vous n’êtes pas digne de cette semence !
Après quoi, il remit un peu d’ordre dans sa vêture, et s’adressant à ses spadassins, leur dit, non sans emphase :
— Elle est à vous, messieurs !
Chose étrange, ces gens de sac et de corde paraissaient soudain intimidés.
— Eh bien ! qu’attendez-vous ? leur lança-t-il.
Ils se concertèrent du regard, puis, le plus dépenaillé des quatre, le plus âgé aussi, s’agenouilla entre les cuisses flasques et veinées de la puéricultrice et ne tarda pas à la besogner mornement La femme poussait de petites plaintes qu’elle ne parvenait pas à réprimer.
Ce viol parut si lamentable à Victoria qu’elle demanda à son amant de faire grâce des trois autres. Il accepta, ce dont les « rescapés » se réjouirent, et paya les tire-laine modernes sans marchander. Ils s’empressèrent de détaler en louant son magnifique sexe et sa générosité.
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Après sa mésaventure avec la salutiste, sir David avait décidé de renoncer à sa sarbacane, arme devenue trop compromettante. Il la broya à coups de talon, rassembla ce qui lui restait de fléchettes, mit le tout dans un cornet de plastique qu’il s’en fut jeter du Blackfriars Bridge, lesté d’un pavé pris sur un chantier. Ce geste le rendit mélancolique car il s’était attaché à ce mode d’exécution dans lequel il excellait, nonobstant sa maladresse provoquée par un fâcheux dans Kensington Road. Il se consola en songeant que l’habitude qui semble être l’amie de l’homme, se retourne parfois durement contre lui. Il devait choisir une nouvelle discipline trucidaire ce qui, somme toute, était plutôt grisant. Concernant le trépas de la Herford, il avait opté pour l’overdose d’héroïne.
Il regarda s’éloigner le quatuor de forbans d’un œil dégoûté. Ces gens s’abritaient derrière un faux pittoresque ; en réalité, ils n’étaient capables que de vider des goussets ou de flanquer un mauvais coup par traîtrise : ils ne possédaient pas le courage du crime et fluctuaient à la lisière en se donnant des allures de bandits.
L’énorme Christina restait accroupie sur l’écœurant matelas de sa déchéance, hoquetant sans arrêt. Elle regardait Victoria avec une incrédulité éperdue, ne comprenant pas pourquoi cette fille qu’elle avait tant fait jouir déployait vis-à-vis d’elle une aussi effroyable cruauté.
Loin d’être touchée par son désespoir, la nurse paraissait savourer son avilissement.
— Madame, lui fit brusquement sir David, vous allez devoir rédiger une petite lettre pour prendre congé.
Il tenait un bloc de papier à la main, demi-format. Le posa au côté de l’obèse.
— Il ne s’agit pas d’en écrire long, rassurez-vous. Les textes les plus brefs sont les plus éloquents.
Il jeta un stylo à bille près des feuilles blanches.
— Mettez simplement : « Qu’on n’accuse personne de ma mort. » et signez.
Elle le dévisageait sans réaliser ce qu’il lui disait.
Il répéta, sur un mode engageant, un peu comme lorsqu’on veut faire entendre raison à un enfant :
— Allez, ma chère ! Allez : exécution ! Si vous n’obéissez pas au vilain nain, vous savez ce qu’il arrivera ? Il arrosera votre vieux sexe abject d’essence et il y mettra le feu ; l’odeur sera atroce, mais quelle magistrale flambée !
Christina dit, d’une voix étrangère, basse et feutrée :
— Mais pourquoi, Victoria ?
Elle semblait obsédée par sa question.
La nurse s’approcha d’elle, se saisit du stylo et le plaça d’autorité entre les doigts de son ancienne amie.
— Écrivez ! intima-t-elle, c’est votre intérêt.
— Mon intérêt ? fit l’autre, hébétée.
Si vous refusez, vous périrez dans d’abominables souffrances.
Un brusque changement s’opéra chez l’obèse. Son côté hagard et défaillant s’effaça d’un seul coup. Elle se dressa sur ses genoux et déclara :
— Vous êtes une damnée garce, Victoria. Une femme perdue ! Je n’écrirai rien, quoi que vous me fassiez !
C’était sa première réaction coléreuse, après tout ce qu’elle venait de subir. Sir David réprima une forte envie de lui donner un grand coup de pied dans la figure ; il se domina parce qu’il ne fallait pas « l’endommager ».
— Mademoiselle, dit-il, ne gâchez pas votre vieille amitié.
— Taisez-vous, avorton maudit !
L’insulte le prit de court. Il jeta à sa maîtresse un regard si pathétique qu’elle jugea opportun d’intervenir.
— Essayons de discuter calmement, Christina.
Elle ne put en dire davantage : son interlocutrice venait de se mettre à la verticale, d’un bond dont on ne l’aurait pas crue capable, et frappait son ancienne amie de toutes ses forces. Elle l’injuriait en cognant, entretenant sa fureur avec des mots orduriers qu’elle n’avait jamais proférés avant cet instant.
La nurse ne parvenait pas à endiguer cette grêle de horions. Le nain tenta de la secourir en saisissant une jambe de la lourde femme déchaînée, mais elle se trouvait dans un tel état qu’il lui semblait vouloir terrasser un éléphant.
Au bout d’un moment, elle administra un direct si violent à Victoria que celle-ci s’écroula, groggy. En tombant, sa tête porta sur un amoncellement de vieux rails et elle resta au sol inanimée et sanglante.
— Infecte truie ! cria sir David.
Un élan le porta auprès de sa nurse. Mais comme il entendait s’éloigner leur victime, il dut la délaisser momentanément pour courir après elle.