Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Les martiens [The Martians - fr]
Les martiens [The Martians - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les martiens [The Martians - fr]

Электронная книга - «Les martiens [The Martians - fr]». Краткое содержание книги:

D’une mission d’entraînement en Antarctique aux terrifiantes tempêtes de sable qui balaient les canyons désolés de la planète rouge, Les Martiens met en scène toute une galerie de personnages ayant joué un rôle dans cette histoire de la colonisation de la planète soeur magistralement décrite par Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne, d’ores et déjà saluée comme l’un des grands classiques de la science-fiction.
Depuis l’épopée des Cent — les premiers explorateurs —, ce sont des générations d’hommes et de femmes qui ont transformé en colonie durable ce qui n’était au départ qu’un avant-poste à l’existence bien ténue. Les expéditions internationales qui se sont succédé ont débouché sur la création d’un monde. Celui-ci a connu une évolution inéluctable, avec son cortège de luttes politiques, de révolutions et de conflits armés.
A une époque où la longévité est de l’ordre d’un siècle et demi, Les Martiens raconte l’épopée de générations d’humains vivant aux limites de la frontière ultime, où les paysages façonnés par les hommes sont sans cesse en butte aux monstrueux caprices de la nature.
Les Martiens, c’est la chronique épique d’une planète qui représente l’un des recours les plus plausibles de l’humanité. A l’horizon 2050, autrement dit demain…
1 ... 34 35 36 37 38 39 40 41 42 ... 110
Перейти на страницу:

Plus haute qu’El Capitan, presque autant que l’Everest ou que les contreforts du Dhaulagiri : une falaise de six mille mètres occupe tout le ciel à l’ouest. Vous imaginez ça ? (C’est difficile.)

— Je n’arrive pas à me faire une idée de l’échelle ! hurle Arthur Sternbach, un Terrien, en bondissant sur place.

Dougal Burke, qui regarde dans ses jumelles, répond :

— La vision qu’on a d’ici est un peu en raccourci.

— Non, non. Ce n’est pas ça.

Le groupe d’escalade était arrivé en caravane : sept énormes véhicules tout-terrain, vert métallisé, avec des pneus démesurés aux sculptures hypertrophiées, qui mâchaient la poussière et la recrachaient dans le vent. Le compartiment passagers était abrité par une bulle transparente. Leurs conducteurs les avaient rangés selon un cercle approximatif et maintenant, au milieu de la prairie caillouteuse, on aurait dit un énorme collier d’émeraudes artificielles.

Cette prairie bosselée, avec ses petits bouquets de pins à cônes épineux et ses genévriers de Noctis, sert traditionnellement de camp de base pour les escalades de South Buttress. Autour des voitures on trouve des traces de pas, des murets coupe-vent de pierre sèche, des tranchées à usage de latrines à moitié pleines, des fosses à détritus sur lesquelles on a entassé des pierres et du matériel abandonné. Les membres de l’expédition font le tour du campement pour se dégourdir les jambes et bavardent en regardant certains des objets. Marie Whillans ramasse deux cartouches d’oxygène ultralégères : les inscriptions au pochoir les identifient comme des vestiges d’une expédition avec laquelle elle est partie il y a plus d’un siècle. Elle les brandit au-dessus de sa tête avec un grand sourire, les secoue en direction de la falaise, les cogne l’une contre l’autre. Ping ! Ping ! Ping !

— Marie Whillans, le retour !

Un dernier véhicule tout-terrain s’avance dans la plaine et s’immobilise. Les premiers arrivés l’entourent aussitôt. Deux hommes descendent du véhicule. On les accueille avec enthousiasme :

— C’est Stephan ! Et Roger est là aussi !

Mais Roger Clayborne est de mauvaise humeur. Il a fait un long voyage. Il est parti de Burroughs il y a six jours, après avoir quitté pour la dernière fois son bureau au palais du gouvernement, mettant fin à vingt-sept années au poste de ministre de l’Intérieur. Il a franchi les immenses portes du palais du gouvernement, descendu le majestueux escalier de silex noir et pris le trolley qui l’a ramené chez lui. Il a passé tout le trajet, le nez dans le vent tiède, à regarder la capitale plantée d’arbres qu’il a si rarement quittée pendant les vingt-sept années qu’il a passées au gouvernement, et une pensée lui a soudain traversé l’esprit : ça faisait vingt-sept ans de défaite ininterrompue. Trop d’opposants, de compromis, jusqu’au dernier, inacceptable, et voilà pourquoi il était là, hors de la ville, avec Stephan, dans la nature qu’il avait évitée pendant toutes ces années, sur les collines couvertes d’herbe, piquetées de bouquets de noyers, de peupliers, de chênes, d’érables, d’eucalyptus et de pins. Et chaque feuille, chaque brin d’herbe était la vivante preuve de son échec. Stephan ne lui a pas été d’un grand secours. Bien que conservateur, comme Roger, il était membre des Verts depuis des années. « C’est là que ça se passe, qu’on peut vraiment agir », disait-il en sermonnant Roger, oubliant qu’il était au volant et négligeant sa conduite. Roger aimait assez Stephan pour feindre d’être d’accord avec lui et regardait par la vitre de son côté. Il aurait préféré voir Stephan à doses plus homéopathiques, disons lors d’un déjeuner ou d’un match de batball. Mais ils étaient là, sur la large route de gravier, dans les steppes battues par les vents de la Bosse de Tharsis, au-delà des fermes et des villes de Noctis Labyrinthus, dans les forêts de krummholz à l’est de Tharsis, jusqu’à ce que Roger ait cette impression qu’on a toujours vers la fin d’un long voyage : l’impression d’avoir été en vadrouille toute sa vie, que le voyage ne prendra pas fin de ce côté de la tombe, qu’il était condamné à errer interminablement dans le décor de ses défaites, de ses échecs, et à les voir tous, éternellement, dans le rétroviseur. La route avait été longue.

Parce que – et c’était bien ça le pire – il se souvenait de tout.

Il descend maintenant du véhicule, prend pied sur le sol du camp de base. En tant qu’inscrit de dernière minute (Stephan lui a proposé de l’accompagner quand il a appris sa démission), on le présente aux autres grimpeurs, et il revêt le masque de cordialité qu’il s’est fabriqué pendant toutes ces années de politique.

— Hans ! dit-il en reconnaissant le visage souriant, familier, de Hans Boethe, l’aréologue. Ravi de vous voir. Je ne savais pas que vous faisiez de l’escalade.

— Pas à votre niveau, Roger, mais j’ai pas mal crapahuté dans Marineris.

— Alors, reprend Roger avec un geste en direction de l’ouest, vous allez trouver l’explication de cet escarpement ?

— Je la connais déjà, déclare Hans, tandis que les autres se mettent à rire. Mais si je pouvais trouver de quoi prouver ma théorie…

Une grande femme robuste, aux yeux noisette dans un visage boucané, apparaît à la périphérie du groupe. Stephan s’empresse de la lui présenter.

— Roger, voici le chef de notre expédition, Eileen Monday.

— Nous nous sommes déjà rencontrés, dit-elle en lui serrant la main. Il y a longtemps, reprend-elle, les yeux baissés, avec un sourire un peu confus. Quand vous étiez guide dans les canyons.

Ce nom, cette voix… Le passé remonte à la surface, des images fugitives lui reviennent à l’esprit, et à la mémoire stupéfiante de Roger se présente le souvenir d’un trek – (il guidait jadis des expéditions dans les fossae, plus au nord) – une aventure, oui, avec une fille tout en jambes : Eileen Monday, qui se tient à présent devant lui. Leur relation a duré quelque temps, il s’en souvient, maintenant ; elle était étudiante à Burroughs, une fille de la ville, et lui, il était tout le temps dans la nature. Ça n’avait pas duré. Il y avait deux cents ans qu’il ne l’avait pas revue.

— Vous vous souvenez… ? demande-t-il avec une étincelle d’espoir.

— J’ai bien peur que non, répond-elle avec ce sourire embarrassé, en plissant les paupières, des rides partant en éventail autour de ses yeux. Mais quand Stephan m’a dit que vous alliez vous joindre à nous, eh bien, on sait que vous avez une mémoire exhaustive, et je me suis dit que j’allais me renseigner. Ça veut peut-être dire que je me souvenais quand même de quelque chose. Alors j’ai relu mon journal d’autrefois, et j’ai retrouvé votre nom. Seulement j’avais déjà plus de quatre-vingts ans quand j’ai commencé à écrire, et les allusions ne sont pas très précises. Je sais que nous nous sommes rencontrés, mais je ne peux pas dire que je m’en souvienne.

1 ... 34 35 36 37 38 39 40 41 42 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)