Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le gang des rêves - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le gang des rêves

Электронная книга - «Le gang des rêves». Краткое содержание книги:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…
L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.
Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.
Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans.
Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.
1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 177
Перейти на страницу:

Plus loin, le gardien refermait le portail.

Et Christmas, enfoncé dans la banquette confortable de la Rolls, serrait dans sa main l’adresse de Ruth à Manhattan. Et celle de son école. Et son numéro de téléphone.

18

Manhattan, 1911–1912

« Et qu’est-ce que je deviendrai, quand je ne serai plus désirable ? demanda Cetta.

— Mais t’as dix-sept ans ! T’as le temps ! » répliqua Sal, allongé sur le lit en maillot de corps, distrait par Christmas qui jouait assis par terre, avec la poupée des Yankees qu’il lui avait offerte pour ses trois ans.

« Il grandit vite, hein, le morveux ? sourit-il.

— Moi aussi je grandis vite, rétorqua Cetta maussade, à part que ça s’appelle vieillir ! »

Sal observa encore un moment Christmas. Tout en se parlant sans cesse à lui-même, le gosse faisait se battre un nouveau jouet — un lion auquel il avait déjà arraché la queue — contre le joueur des Yankees, que son exubérance et le temps avaient mutilé plus gravement encore. Puis Sal se leva et rejoignit Cetta près de la cuisinière, où elle faisait cuire une sauce tomate pour les pâtes. « Tu veux vraiment gâcher notre dimanche ? » lui demanda-t-il de sa voix profonde, qu’il avait appris à moduler de façon moins rude. Il posa une main sur son épaule : à ce contact, Cetta s’écarta.

« Si le mioche était pas là, je saurais comment t’amadouer ! lui fit Sal en clignant de l’œil.

— Je vais te tuer, morveux ! » hurla Christmas, et le lion sauta à la gorge du joueur des Yankees.

Sal rit. Cetta se tourna pour le dévisager. Elle n’aurait jamais imaginé le voir rire. Mais Christmas l’amusait beaucoup. Sal croisa son regard et sourit. La jeune femme reprit un air sévère :

« Il faut que je fasse ce métier pour toujours ? Jusqu’à ce que je sois bonne à jeter ? Jusqu’à ce que tu en aies marre de me goûter ? demanda Cetta en brandissant sa cuillère en bois.

— Baisse ton arme ! s’exclama Sal.

— Baisse ton arme, morveux ! » brailla Christmas.

Sal rit à nouveau.

« Je parle sérieusement, dit Cetta.

— Tu es bien trop savoureuse, fit Sal en s’approchant. Je ne me lasserai jamais de te goûter !

— Je parle sérieusement ! et Cetta asséna un coup de cuillère sur la cuisinière.

— Pan ! T’es mort ! » cria Christmas avant de se jeter par terre en gémissant.

Sal rit encore.

« Excuse-moi… dit-il ensuite à Cetta.

— Je voudrais avoir une maison rien qu’à moi, comme Madame, continua sombrement Cetta. Et je voudrais plein de belles filles, qui font… (Cetta s’interrompit et fixa Christmas). Bref, je voudrais que les autres fassent le travail, pas toujours moi !

— Tu as le temps, Cetta ! soupira Sal, renfrogné et sans plus la moindre trace de joie dans la voix. On en a déjà parlé…

— Mais tu ne tiens pas à moi, Sal ?

— Oh, là tu me casses les couilles ! » explosa-t-il.

Il se rhabilla et sortit en claquant la porte.

« Sal ! » Cetta l’appela mais en vain.

Alors elle s’assit sur le lit et se mit à pleurer en silence. Christmas se leva, les jambes un peu hésitantes, rejoignit sa mère et s’appuya contre elle. « Tu veux jouer, maman ? » demanda-t-il de sa petite voix, lui posant ses deux jouets sur les genoux.

Cetta caressa ses cheveux couleur de la paille et le serra contre elle, sans souffler mot.

« Moi aussi j’ai pleuré, quand la queue de Léo s’est déchirée, fit Christmas. Tu te rappelles, maman ?

— Oui mon trésor, sourit Cetta. Je me rappelle » et elle le serra plus fort.

C’est alors qu’elle aperçut le pistolet dans son étui. Posé sur la chaise.

Sal décida d’aller à son diner habituel, certain d’y trouver quelqu’un avec qui passer le dimanche. Cetta le poussait dans ses retranchements. Toutefois, ce n’était pas cela qui le tourmentait, mais le fait qu’il se sente de plus à plus à l’aise avec elle. Même son gosse commençait à lui plaire. La mort de Tonia et Vito Fraina avait laissé un vide dans sa vie. D’un côté, ils étaient tout ce qu’il avait. Mais de l’autre, ça l’avait libéré d’un sentiment permanent de culpabilité lié à l’assassinat de leur fils. Sal avait enfin cessé de se faire des reproches. Et lentement, sans qu’il s’en rende compte, Cetta avait comblé ce vide. Mais elle n’était qu’une des putains du bordel, continuait-il à se dire, s’efforçant de repousser une idée qui ressemblait fort à de l’émotion.

Or, ce n’était pas le moment d’être faible. En effet, avoir à l’œil ces égorgeurs d’Irlandais ne suffisait plus. Les survivants des Eastman (même si personne ne les appelait plus ainsi depuis que, sept ans plus tôt, Monk Eastman s’était fait choper — il séjournait maintenant à Sing Sing) étaient des types totalement imprévisibles. On n’arrêtait pas d’entendre de nouveaux noms et de nouveaux chefs qui espéraient retourner au bon vieux temps, l’époque des guerres épiques contre la police ou contre les Italiens de Paul Kelly. L’époque où, pour rassembler ses troupes, il suffisait d’aller chercher les hommes dans la rue, à la Odessa Tea House de Gluckow dans Broome Street, à l’Hop Joint de Sam Boeske dans Stanton Street ou dans le drugstore de Dora Gold dans First Street. Quand il suffisait d’offrir quelques bouteilles de blue ruin, le tord-boyaux le moins cher en circulation. C’étaient alors des fusillades qui duraient toute la journée, des batailles rangées au cours desquelles les passants tombaient comme des mouches, des barricades d’où on lançait des pierres, des combats à coups de gourdins, matraques ou tuyaux, et à la fronde. Mais, depuis quelques années, des mecs comme Zweibach, Dopey, Big Yid, Little Augie et Kid Dopper surgissaient tous les jours, et eux ne respectaient aucune règle.

Non, ce n’était pas le moment d’être faible, pensait Sal en conduisant vers le diner. Or, une femme, ça rend faible. Les émotions, ça rend faible. Comme toujours, il se gara à un demi-block de là, descendit de voiture et s’acheta un cigare chez Nora. En descendant la rue, il réalisa qu’il avait oublié son pistolet chez Cetta.

Les femmes et les émotions, ça rend faible.

Cigare aux lèvres, secouant la tête et se traitant de couillon, il ne remarqua pas la voiture noire qui tournait trop vite au coin de la rue. Il ne la remarqua qu’au premier coup de pistolet. Il entendit la détonation, tout à coup il sentit une brûlure à l’épaule et heurta un réverbère. Il n’était pas armé. Il était piégé. Couvert de sueur, il rampa à la recherche d’un abri, son épaule le faisait hurler de douleur.

« Je suis foutu » se dit-il.

Mais ses amis du diner se précipitèrent dans la rue et répliquèrent immédiatement aux coups de feu. La voiture noire fit une embardée, grimpa sur le trottoir d’en face, renversa deux femmes tétanisées qui hurlaient et qui se retrouvèrent projetées contre un mur, enfin elle alla fracasser la vitrine d’un barbier.

Les copains de Sal coururent vers l’automobile. Silver, un souteneur aux cheveux déjà tout blancs malgré ses trente ans, arriva le premier. Il tira hors du véhicule l’un des assaillants, qui se cachait la tête entre les bras, et le descendit. Pendant ce temps, ses compagnons faisaient feu sur l’intérieur de l’habitacle.

Sal se leva. Il se dirigea vers l’échoppe du barbier. Il passa près des deux femmes renversées par la voiture. Le mur était rouge de sang. L’une d’elles n’avait plus de visage. L’autre avait les genoux brisés et les jambes repliées sur la poitrine. Sal cracha un caillot de sang, puis ferma les yeux et tressaillit. Dans son magasin, le barbier était couvert de sang. Il hurlait, blessé par la vitrine qui avait éclaté. À l’intérieur de la voiture, il y avait deux cadavres, criblés de balles. Le troisième gisait par terre.

1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 177
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)