Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
« Docteur, dis-je, je porte des verres de contact. Faut-il les ôter ?
— Mais non, mais non, dit-il sèchement. Ne perdons pas de temps.
— Mais, docteur, insistai-je, je voudrais que vous voyiez s’ils me vont bien. Depuis quelque temps celui de gauche me donne des ennuis…»
Je levai les deux bras et soulevai la paupière gauche. « Vous voyez ?
— Nous ne sommes pas dans un dispensaire, dit-il avec colère. Allons, s’il vous plaît…»
Ils étaient tous deux à portée. J’abaissai les deux bras et les refermai sur eux dans une étreinte puissante. Je les empoignai à l’endroit que je connaissais trop, juste entre leurs deux omoplates. Dans chaque main, je sentis sous leurs vestons quelque chose de mou et un sursaut de dégoût me secoua.
Un jour, j’ai vu un chat heurté par une auto ; la pauvre bête avait fait un saut prodigieux, à la verticale, le dos arqué dans le mauvais sens, tous ses membres écartés. Avec ces deux pauvres bougres, ce fut pareil : chacun de leurs membres se tordit dans un spasme atroce et je ne pus les retenir. Ils m’échappèrent des mains et roulèrent sur le sol. Mais cela suffisait ; après cette unique convulsion, ils s’avachirent complètement – peut-être étaient-ils morts.
On frappait à la porte. « Une seconde ! criai-je. Le docteur est occupé. »
Les coups cessèrent. Je m’assurai que la porte était bien fermée, me penchai sur le « docteur », et relevai son veston pour voir ce que j’avais fait à son « maître ».
La larve n’était plus qu’un tas de gélatine écrasée. Celle de l’assistant aussi. Cela me fit un vif plaisir, car j’étais bien résolu à détruire les parasites s’ils n’étaient pas déjà morts ; et je ne savais pas si j’y parviendrais sans brûler en même temps leurs porteurs. Je laissai ceux-ci à leur destin – qu’ils vécussent, mourussent, ou fussent repris par les titans, je ne pouvais rien pour eux.
Pour les « maîtres » qui attendaient toujours dans leurs cellules, c’était différent. Avec un faisceau de rayons en éventail, à la puissance maximale, je les brûlai tous. Il y avait deux grandes caisses contre un mur ; je les arrosai aussi de rayons jusqu’à ce que le bois se mît à roussir.
Les coups à la porte recommencèrent. Je cherchai hâtivement un endroit où cacher les deux hommes, mais il n’y en avait pas. Je décidai de filer. Au moment de prendre la porte de sortie, je sentis que j’oubliais quelque chose. Je jetai les yeux autour de moi.
Je ne parvins pas tout de suite à trouver ce qu’il me fallait. J’aurais pu prendre les vêtements du docteur ou de son assistant, mais je n’y tenais pas. Ce fut alors que je remarquai la housse de l’appareil de mesure. Je déboutonnai mon veston et tassai la housse en tampon sous ma chemise entre mes deux épaules. Une fois mon veston refermé, je me trouvai ainsi pourvu d’une bosse de la bonne dimension.
Après quoi je sortis dans un monde étranger et hostile…
Je dois pourtant dire que je me sentais assez faraud.
Près de l’autavion un autre flic me prit mon jeton. Il me regarda attentivement, mais me fit signe de monter. J’obéis. « Allez au quartier général, à l’hôtel de ville, m’ordonna-t-il.
— Hôtel de ville. Au quartier général », répétai-je docilement.
Je démarrai et partis dans la direction indiquée. Je m’engageai sur le boulevard Nichols et, arrivé à un endroit où la circulation était moins dense, j’appuyai sur le bouton qui changeait la plaque d’immatriculation de mon autavion, car il n’était pas impossible que mon numéro eût déjà été signalé par le poste de péage. J’aurais bien voulu pouvoir changer la couleur et la forme de mon véhicule par la même occasion !
Avant le carrefour de Mac Gee Street, je redescendis une rampe et me cantonnai désormais dans les petites rues. Il était six heures du soir, heure de la zone 6, et je devais être de retour à Washington quatre heures et demie plus tard…
CHAPITRE XVIII
La ville avait un drôle d’air. Elle sonnait faux comme une pièce de théâtre mal mise en scène. J’essayai de mettre le doigt sur la fausse note, mais elle m’échappait obstinément.
À Kansas City beaucoup de quartiers sont encore bâtis de maisons individuelles datant d’un siècle, ou plus. Les gosses jouent sur les pelouses, et les propriétaires se reposent sur leurs porches, tout comme leurs arrière-grands-parents. S’il y a des abris anti-atomiques, on ne les voit pas. Ces drôles de maisons carrées, construites par des architectes morts depuis longtemps, donnent à ces quartiers l’air d’être des havres de sécurité. Je parcourus de nombreuses rues de ce genre, en évitant les chiens, les ballons et les gosses, et en essayant de m’imprégner de l’atmosphère du lieu.
C’était l’heure creuse de la journée, l’heure où l’on prend un verre, où l’on arrose sa pelouse, où l’on bavarde avec les voisins. J’aperçus une femme penchée sur un massif de fleurs. Elle portait une robe bain de soleil et son dos était nu ; il était évident qu’elle n’était pas possédée, pas plus que les deux gosses qui jouaient près d’elle. Que se passait-il donc d’anormal ?
Il faisait très chaud. Je commençai à regarder autour de moi, cherchant à dénombrer les femmes en bain de soleil et les hommes en short. Kansas City est située dans la partie la plus puritaine des États-Unis ; quand il fait chaud, on ne s’y déshabille pas avec la même unanimité qu’à Laguna Beach ou à Coral Gables et un adulte vêtu des pieds à la tête n’y est jamais déplacé. Or, si je voyais bien des gens vêtus et d’autres qui ne l’étaient pas, la proportion des deux catégories était anormale. Bien sûr cela grouillait de gosses en costume d’été, mais pendant plusieurs kilomètres de parcours, je ne vis que deux hommes et cinq femmes avec le dos nu.
Normalement j’aurais dû en rencontrer plus de cinq cents.
Faites le calcul vous-même : même si un certain nombre de vestons ne cachaient pas de parasites, la proportion de gens possédés n’en devait pas moins s’élever à 90 % de la population, au bas mot.
La ville n’était pas seulement occupée, elle était saturée ! Les « maîtres » ne possédaient pas seulement les positions clés et les principaux fonctionnaires d’autorité de la cité, ils étaient la cité.
Je me sentais une furieuse envie de décoller et de filer hors de la zone rouge à la vitesse maximale. Ils savaient maintenant que j’avais échappé au piège tendu à l’entrée de la ville ; ils devaient me rechercher. Dans toute la ville j’étais peut-être le seul homme libre à conduire un autavion ; ils m’entouraient de partout.
Je dus lutter contre moi-même. Un agent qui s’affole ne sert plus à rien et n’a guère de chances de se tirer d’un mauvais pas, mais je ne m’étais pas encore remis de ce que j’avais subi pendant ma période de « possession ».
Il ne m’était pas facile de garder mon sang-froid.
Je comptai lentement jusqu’à dix et m’efforçai d’envisager la situation avec lucidité. Je devais me tromper ; il ne pouvait matériellement pas exister assez de parasites sur la Terre pour saturer une ville de plus d’un million d’âmes. Je me rappelais ma propre expérience, je me souvenais de la façon dont nous avions capturé nos recrues et de l’importance que prenait chaque nouveau porteur. Certes, il ne s’agissait là que d’une invasion accessoire ravitaillée en personnel par des envois sporadiques alors que Kansas City devait se trouver tout près du lieu d’atterrissage d’une soucoupe volante. Pourtant, cela restait incompréhensible. Il aurait fallu une douzaine de soucoupes volantes, ou davantage, rien que pour saturer Kansas City. Si les atterrissages avaient été à ce point nombreux, les satellites artificiels auraient sûrement repéré sur leurs écrans-radar la trajectoire des engins.