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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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Quand je fermai mon poste je m’aperçus que quelqu’un m’observait. C’était un gamin d’une dizaine d’années. Il ne portait qu’un short, mais à son âge cela ne voulait rien dire. Je relevai le pare-brise.

« Hé petit, tu sais où est la grand-route ?

— La route de Maçon, c’est par là-haut, dit-il. Dites, monsieur, c’est bien une Cadillac décapotable que vous avez, hein ?

— Bien sûr. Là-haut, par où ?

— Laissez-moi monter avec vous. Je vous conduirai.

— Je n’ai pas le temps.

— Je vous indiquerai la route. »

Je cédai. Pendant qu’il montait, j’ouvris mon sac et en tirai une chemise, un pantalon et un veston. « J’ai peut-être tort de mettre ça, dis-je. On porte des chemises, par ici ? »

Il fronça les sourcils. « Qu’est-ce que vous croyez ? On n’est pas dans l’Arkansas, quand même ! »

Je lui redemandai où était la route. « Je peux appuyer sur le bouton de décollage ? » supplia-t-il.

Je lui expliquai que nous restions à terre. Il parut désappointé, mais condescendit à m’indiquer le chemin. Je conduisais prudemment, car mon autavion était très lourd pour le chemin de terre défoncé que nous suivions. Il me dit bientôt de tourner à gauche. Un peu plus loin, je m’arrêtai. « Alors, et cette route ? Tu veux une fessée pour me la montrer ? »

Il ouvrit la portière et sauta à terre.

« Hé là, pas si vite ! » criai-je.

Il se retourna. « C’est par là », consentit-il à me dire vaguement. Je suivis ses indications sans grand espoir de trouver une grand-route, mais la trouvai quand même à cinquante mètres de là. Ce sale petit morveux m’avait fait parcourir les trois côtés d’un carré !

Quand je dis une grand-route… Elle n’était même pas caoutchoutée ! Mais c’était quand même une route. Je la suivis en direction de l’ouest. L’un dans l’autre, j’avais perdu une bonne demi-heure.

Maçon, dans le Missouri, offrait un aspect trop normal pour être rassurant. Il était clair que personne n’y avait entendu parler du plan « Dos nu ». Je me demandai sérieusement si je ne ferais pas bien d’étudier la situation de la ville, mais je préférai faire demi-tour, pendant qu’il en était encore temps. Je n’osais pas m’enfoncer dans une région que je savais en possession des larves. J’avais terriblement envie de ficher le camp.

Mais le Patron avait dit : « Kansas City. » Je contournai donc Maçon et me posai sur un terrain d’atterrissage, à l’ouest de la ville. Là je fis la queue pour passer sur le quai de départ réservé au trafic local, et m’envolai vers Kansas City au milieu d’un flot d’hélicoptères et d’aérocamions de paysans. Je savais que je ne pourrais pas dépasser la vitesse locale tant que je serais dans cet État, mais c’était plus sûr que d’aller me fourrer dans le réseau à grande vitesse avec mon pilote automatique : mon signal d’identification me ferait repérer par chaque tour de contrôle. L’énergie était fournie automatiquement dans le réseau où je me trouvais ; il était probable que j’avais pu franchir la frontière du trafic local sans éveiller de soupçons.

CHAPITRE XVII

Kansas City n’avait pas été endommagé par les bombardements de la troisième guerre mondiale, sauf à l’est, du côté où était jadis Independence. En conséquence, la ville n’avait jamais été reconstruite. En venant du sud-est, on pouvait aller jusqu’à Swope Park. On pouvait, ensuite, soit parquer son véhicule, soit payer un péage pour entrer dans la ville proprement dite. Il était également possible d’arriver par air, de se poser sur les terrains du nord de la rivière et de pénétrer dans la ville par les tunnels, ou encore de se poser sur les quais du centre, au sud de Mémorial Hill.

Je décidai de ne pas arriver par air. Je ne tenais pas à me voir contraint de passer avec mon autavion dans un système de contrôle. Je n’aime pas les tunnels en cas de coup dur – ni les ascenseurs des quais d’envol. On peut trop facilement s’y faire coincer. À vrai dire j’aurais préféré ne pas entrer du tout dans la ville.

Je me posai sur la route 40 et arrivai au poste de péage de Meyer Boulevard. Une longue file de véhicules attendait déjà. Dès qu’un autre autavion se fut posé derrière moi, j’eus l’impression d’être définitivement épinglé. Mais le péager perçut la taxe d’entrée sans même me regarder. Je lui jetai un rapide coup d’œil, mais je ne pus savoir avec certitude s’il était ou non possédé.

Je passai la barrière avec un soupir de soulagement, mais je me trouvai aussitôt arrêté de nouveau. Une grille s’abaissa devant moi et j’eus tout juste le temps de stopper. Un flic passa sa tête à la portière. « Contrôle de sécurité, dit-il. Descendez. »

Je protestai avec véhémence.

« La municipalité a organisé une semaine de sécurité aérienne, m’expliqua-t-il. Voici votre ticket. Vous retrouverez votre autavion de l’autre côté de la grille. Descendez et passez par ici. »

Il me montrait une porte d’un banal bâtiment, le long du trottoir.

« Qu’est-ce que ça signifie ?

— On va vérifier votre vue et vos réflexes. Dépêchez-vous vous retardez les autres. »

Mentalement je revis la carte où Kansas City brillait d’un beau rouge. Que la ville fût aux mains des larves, j’en étais sûr. Donc ce flic trop poli était presque sûrement possédé. Mais à moins de l’abattre et de décoller sur place, je ne pouvais qu’obéir. Je sortis en grommelant et me dirigeai lentement vers le bâtiment qu’il me désignait. C’était un baraquement provisoire, dont la porte n’était même pas automatique. Je la poussai du bout du pied et jetai un coup d’œil autour de moi avant d’entrer. Je vis une antichambre vide, et une porte au fond : « Entrez ! » me cria quelqu’un de la seconde pièce. J’obéis, toujours avec méfiance, et je vis deux hommes en blouse blanche dont l’un portait un casque d’oto-rhino sur la tête. « Nous n’en avons que pour une minute, me dit-il cordialement. Venez par ici. »

Il referma la porte par laquelle je venais d’entrer et j’entendis claquer le verrou.

Leur organisation était bien plus ingénieuse que celle que nous avions imaginée au Club de la Constitution. Il y avait des rangées de cellules porteuses étalées sur une table, déjà ouvertes et réchauffées. Le deuxième individu en tenait une toute prête, et je savais qu’il me la destinait. Il en tenait l’ouverture tournée vers lui pour que je ne puisse pas voir la larve. Des cellules porteuses n’avaient pas en elles-mêmes de quoi effrayer les victimes : on sait bien que les toubibs se servent toujours d’un tas d’instruments bizarres.

On me pria de coller mes yeux aux oculaires d’un banal appareil à mesurer l’acuité visuelle. Le médecin allait me maintenir là, aveuglé, et sans même que je m’en doute, pendant que je lirais des séries de chiffres, son aide me collerait un « maître » sur le dos. Le tout devait se passer sans violences, sans à-coups, sans protestations.

Ma propre période de servitude m’avait appris qu’il fallait d’abord découvrir le dos de la victime. Il suffisait de poser le « maître » sur la nuque de sa victime et de laisser ensuite la nouvelle recrue rajuster elle-même ses vêtements pour dissimuler la larve qui la chevauchait.

« Par ici, répéta le docteur. Mettez vos yeux aux oculaires. »

Je m’approchai vivement de la table où était monté l’appareil de mesure et fis un brusque demi-tour.

L’assistant s’était avancé, sa cellule-porteuse toute prête dans la main. Au moment où je me retournai, il la mit derrière son dos pour m’empêcher de la voir.

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