Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
Certes les autres parasites présents allaient maintenant se mettre à ma recherche – mais ils ne disposaient que des ressources physiques et des moyens d’action de leurs porteurs. J’en conclus que je n’avais pas besoin de les traiter avec plus de respect qu’une foule de badauds ordinaires, rendus fortuitement témoins d’un incident de rue ; je n’avais qu’à les dédaigner, changer de quartier et oublier toute l’affaire.
Il ne me restait à peu près qu’une demi-heure ; j’étais déjà arrivé à la conclusion qu’il me fallait absolument ramener avec moi la preuve de mes dires sous la forme d’un prisonnier – d’un possédé qui pourrait raconter ce qui était arrivé à sa ville. Il me fallait capturer un porteur – et le prendre vivant.
Il ne fallait ni lui faire de mal, ni le tuer, ni lui enlever son « maître » avant de l’avoir ramené à Washington. Je n’avais pas le temps de faire des plans détaillés ; il me fallait agir immédiatement. Au moment même où je prenais ma décision, j’aperçus, un peu plus loin dans la rue, un homme qui avait la démarche de quelqu’un en train de rentrer chez lui pour dîner. Je m’arrêtai le long du trottoir à sa hauteur. « Hep ! » lui criai-je.
Il s’arrêta.
« Hein ? Quoi ?
— J’arrive de l’hôtel de ville, dis-je. Je n’ai pas le temps de vous expliquer. Venez à côté de moi que nous puissions avoir une conférence directe.
— De l’hôtel de ville ? répéta-t-il. Qu’est-ce que vous me chantez ?
— Il y a eu un changement dans nos plans. Ne perdons pas de temps. Venez vite. »
Il recula. Je sautai à terre et tâtai ses épaules voûtées.
Rien ne se produisit ; ma main ne toucha que des os et de la chair humaine. L’homme se mit à hurler.
Je sautai en autavion et filai rapidement. Un peu plus loin je ralentis et réfléchis à ce qui venait de se passer. Étais-je vraiment dans un tel état de nervosité que je voyais des larves partout – même là où il n’y en avait pas ?
Non. Pendant un instant je retrouvai en moi cette volonté indomptable qu’a le Patron de regarder les faits en face. Le poste de péage, les costumes de ville, la piscine, le flic du kiosque, tout cela constituait un faisceau de faits indiscutables. Ce dernier incident signifiait simplement que j’étais tombé sur le seul homme sur cent (ou sur mille) qui n’était pas encore possédé. Je me hâtai de rechercher une nouvelle victime.
J’aperçus bientôt un homme d’âge mûr qui arrosait sa pelouse. Il avait l’air si normal que je faillis passer outre. Mais il ne me restait presque plus de temps et son chandail présentait une bosse suspecte dans le dos. Si à ce moment-là, j’avais eu le temps de faire attention à sa femme, je n’aurais pas insisté car elle ne portait qu’une jupe et un soutien-gorge et ne pouvait donc être possédée.
Il leva la tête au moment où je m’arrêtais devant lui.
« Je viens de l’hôtel de ville, dis-je. Il faut que nous ayons immédiatement une conférence directe. Montez.
— Entrez chez moi, dit-il doucement. Dans l’autavion, on pourrait nous voir. »
Je voulais refuser, mais il se dirigeait déjà vers la maison. « Attention, murmura-t-il au moment où je le rejoignais. La femme n’est pas des nôtres.
— Vous parlez de votre femme ?
— Oui. »
Nous nous arrêtâmes sur le porche. « Ma chérie, dit-il, voici Mr. O’Keefe qui a besoin de me voir pour affaire. Nous allons dans mon bureau.
— Entendu, mon amour, dit-elle avec un sourire. Bonsoir, monsieur O’Keefe ; il fait chaud, n’est-ce pas ? »
J’acquiesçai et elle reprit son tricot. Nous entrâmes et l’homme me fit passer dans son bureau. Pour continuer la comédie, je passai le premier, comme il convient à un invité. Je ne tenais pourtant pas à lui tourner le dos. Je m’attendais à moitié au coup qu’il me porta à la base de la nuque. Je me laissai aller et roulai sur le sol sans presque me faire de mal. Je continuai ma cabriole et me reçus sur le dos.
À l’entraînement, ils nous flanquaient des coups de sac de sable chaque fois que nous essayions de nous relever une fois par terre. Je me gardai donc bien de chercher à me remettre debout ; à peine tombé, je le menaçais déjà de mes talons, mais il sauta hors de portée. Il ne semblait pas armé, et je ne pouvais pas atteindre mon pistolet, mais la pièce contenait une cheminée garnie d’un pique-feu, de pincettes et d’une pelle à charbon. Il y courut. Il y avait une petite table à ma portée. Je l’attrapai par un pied, l’attirai à moi et la lui lançai à la figure. Il la reçut juste au moment où il empoignait le tisonnier. Je lui sautai dessus…
Son « maître » venait de mourir entre mes doigts et il était convulsé par son ultime et terrible impulsion motrice quand je m’aperçus que sa femme était sur le pas de la porte. Elle hurlait. Je me levai d’un bond et lui envoyai un coup de poing au bon endroit. Elle s’arrêta net au beau milieu de son cri et je revins à son mari.
Un homme inanimé est étonnamment difficile à soulever et de surcroît celui-là était fort lourd. Heureusement je suis costaud. Je parvins à l’emporter au galop jusqu’à l’autavion. Je ne croyais pas que notre lutte ait attiré l’attention de personne d’autre que la femme, mais les cris de celle-ci avaient dû ameuter tout le quartier. Des deux côtés de la rue, des gens sortaient sur le pas de leur porte. Il n’y avait encore personne près de moi, mais je me félicitai d’avoir laissé ma portière ouverte.
Je devais pourtant bientôt le regretter ! Un gosse, du même acabit que celui qui m’avait déjà donné du fil à retordre, était installé dans l’autavion, très occupé à en tripoter les boutons. Avec un juron, je jetai mon prisonnier sur le siège et empoignai le gamin. Il se débattit, mais je l’arrachai de vive force des commandes et le lançai dans les bras du premier de mes poursuivants. Ils étaient encore occupés à se dépêtrer l’un de l’autre quand je me ruai sur le siège et démarrai sans même refermer la portière ni mettre ma ceinture. Au premier tournant, la portière se referma et je faillis être projeté hors de mon siège ; je filai alors en ligne droite le temps nécessaire pour ajuster ma ceinture. Je tournai à angle droit à un autre carrefour, faillis tamponner une auto et poursuivis mon chemin.
Je me trouvai bientôt sur un grand boulevard (le Paseo, je crois) et j’appuyai sur le bouton de décollage. Je provoquai peut-être plusieurs accidents, mais je n’eus pas le temps de m’en préoccuper. Sans attendre d’avoir pris de la hauteur, je mis le cap à l’est et continuai à m’élever tout en virant. Je gardai les commandes manuelles jusqu’à ce que j’eusse traversé le Missouri et me servis de toutes mes fusées de réserve pour accroître ma vitesse. Cette manœuvre imprudente et totalement illégale me sauva peut-être : quelque part au-dessus de Columbia, au moment où je déclenchais la dernière fusée, je sentis l’autavion réagir à un choc brutal. On avait lancé un intercepteur sur ma route et le sale engin avait éclaté juste à l’endroit que je venais de quitter.
On n’en lança pas d’autres. Ce fut tant mieux, car j’étais devenu une proie facile. Mon propulseur de tribord commençait à chauffer, soit par suite de l’explosion toute proche, soit tout simplement sous l’effort excessif auquel je le soumettais. Je le laissai chauffer en priant pour qu’il tienne le coup encore dix minutes. Après quoi, une fois le Mississippi derrière moi, et l’aiguille de l’indicateur largement engagée dans la zone marquée « Danger », je coupai le contact et laissai l’autavion continuer à boitiller sur son seul propulseur de bâbord. Je ne pouvais pas dépasser cinq cents kilomètres-heure, mais j’étais sorti de la zone rouge.