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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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— Désolée ? grognai-je. Ça me fait une belle jambe ! Vous auriez au moins pu ouvrir la main. Vous avez failli m’enlever la peau…

— Pauvre Sam ! »

Elle me toucha la joue, ce qui me fit très mal.

« C’est vrai qu’elle n’est pas votre petite amie ?

— Non, hélas ! Ce n’est pas ma faute, du reste.

— Ça, je m’en doute. Qui est votre petite amie. Sam ?

— Vous, petite garce !

— Oui, dit-elle paisiblement. Quand vous voudrez. Je vous l’ai déjà dit. Enlevez, c’est payé. »

Elle s’attendait à me voir l’embrasser, mais je la repoussai.

« Mais sapristi, ce n’est pas comme ça que je vous veux », protestai-je.

Elle n’en parut nullement déconcertée. « Je me suis mal exprimée, reprit-elle. C’est payé, mais pas encore enlevé. Et justement je suis là parce que j’ai envie qu’on m’enlève. Là, maintenant, voulez-vous m’embrasser, s’il vous plaît ? »

Une autre fois déjà, elle m’avait embrassé, mais cette fois-ci, c’était du sérieux. Je me sentis couler dans une brume dorée, d’où je n’avais nulle envie de sortir. Je fus contraint de décrocher le premier. « Je crois que je ferais bien de m’asseoir un peu, haletai-je.

— Merci, Sam, me dit-elle en me lâchant.

— Mary, lui dis-je bientôt, Mary, ma chérie, il y a quelque chose que vous pourriez faire pour moi.

— Oui ? dit-elle avec satisfaction.

— Dites-moi pour l’amour du Ciel comment on peut s’y prendre dans cette turne pour se faire servir à déjeuner. Je meurs de faim. »

Elle parut surprise. « C’est bien facile », dit-elle cependant.

Je ne sais pas comment elle s’y prit ; peut-être fit-elle une descente dans les cuisines de la Maison Blanche pour se servir elle-même ; en tout cas elle revint au bout de quelques minutes chargée de sandwiches et de deux bouteilles de bière. J’étais en train de finir mon troisième petit pain au corned-beef, quand je lui dis : « Mary, à votre avis, combien de temps va durer cette réunion ?

— Oh ! à vue de nez, deux heures au minimum. Pourquoi ?

— Dans ce cas, dis-je en avalant ma dernière bouchée, nous avons le temps de filer, de dégotter une mairie, de nous marier et de revenir avant que le Patron n’ait remarqué notre disparition. »

Elle ne répondit pas, mais regarda fixement les bulles de sa bière.

« Alors ? » insistai-je.

Elle leva les yeux. « Moi, je veux bien, si vous y tenez vraiment. Je ne reviens pas sur ce que je vous ai dit… Mais j’aimerais mieux pas.

— Vous ne voulez pas m’épouser ?

— Sam, je ne crois pas que vous soyez mûr pour le mariage.

— Parlez plutôt pour vous !

— Ne vous fâchez pas, mon chéri. Je suis à votre disposition avec ou sans contrat, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment. Mais vous ne me connaissez pas encore. Il vaut mieux que nous fassions plus ample connaissance ; vous risquez de changer d’avis.

— Je n’ai pas l’habitude de changer d’avis. »

Elle leva les yeux vers moi, puis les détourna avec tristesse. Je me sentis monter le sang aux joues.

« L’incident auquel vous pensez était tout à fait exceptionnel, protestai-je. Il n’a aucune chance de se reproduire. Ce n’était pas moi qui parlais, c’était…

— Je sais, Sam, interrompit-elle, mais vous n’avez pas besoin de vous défendre : je ne vous laisse pas tomber et je vous fais confiance. Emmenez-moi avec vous pour un week-end. Ou mieux encore, venez vous installer chez moi. Si l’épreuve m’est favorable, il sera toujours temps pour vous de faire de moi ce que nos grand-mères appelaient, Dieu sait pourquoi, une honnête femme. »

Je dus prendre un air grognon. Elle posa sa main sur la mienne. « Regardez la carte, Sam », me dit-elle avec un grand sérieux.

Je tournai la tête. Aussi rouge, plus rouge que jamais, la zone dangereuse s’était élargie autour d’El Paso. « Attendons d’en avoir d’abord terminé avec cela, mon chéri, dit-elle. Après, si vous en avez toujours envie, vous me redemanderez en mariage. D’ici là vous pourrez profiter de tous les avantages du mariage, sans en avoir les responsabilités. »

On ne pouvait se montrer plus généreux. Le malheur, c’était que je ne voulais pas que les choses tournent ainsi. Pourquoi un homme qui a toujours fui le mariage comme la peste se persuade-t-il tout à coup que rien d’autre ne peut lui convenir ?

Quand la conférence fut terminée, le Patron me mit le grappin dessus et m’emmena faire un tour. Mais oui, un tour ! Nous n’allâmes cependant pas plus loin que le banc du monument Baruch. Il s’y assit, tripota sa pipe et fronça le sourcil. Il faisait une de ces chaleurs humides comme on n’en voit qu’à Washington, et le parc était presque désert.

« L’opération “Choc en retour” commencera à minuit, m’apprit-il. Nous faisons une descente sur toutes les stations relais, tous les postes de radio, toutes les salles de rédaction et tous les bureaux télégraphiques de la zone rouge.

— Ça promet, dis-je. Combien d’hommes aurez-vous ? »

Il ne me répondit pas. « Ça ne me plaît pas du tout, se contenta-t-il d’ajouter.

— Pourquoi ?

— Comprends-moi bien, petit : le Président a lancé son message à la stéréo et a dit à tout le monde d’ôter sa chemise. Or, nous avons constaté que le message n’avait pas touché les territoires contaminés. Quelle est l’étape suivante ? »

Je haussai les épaules. « L’opération “Choc en retour” je présume, dis-je.

— Elle n’a pas encore eu lieu. Réfléchis bien. Cela fait plus de vingt-quatre heures que le discours du Président a été retransmis. Qu’aurait-il dû se passer qui ne s’est pas passé ?

— C’est une devinette ?

— À laquelle tu devrais pouvoir répondre si tu veux être capable de te débrouiller tout seul un jour. Tiens, dit-il en me tendant une clé, pars en éclaireur à Kansas City et jette toi-même un coup d’œil. Évite les postes de communication, les flics et… oh, et puis tu les connais après tout. Observe bien tout et ne te fais pas prendre. »

Il regarda son doigt. « Sois de retour une demi-heure avant minuit, conclut-il. Grouille.

— Pour étudier toute une ville, on peut dire que vous me laissez du temps, gémis-je. Il me faut déjà trois heures rien que pour y aller.

— Plus de trois heures, rectifia-t-il. Ne te fais pas repérer en récoltant une contravention pour excès de vitesse.

— Vous savez bien que je conduis très prudemment.

— Dépêche-toi. »

C’est ce que je fis. La clé était celle de l’autavion que nous avions pris pour revenir. J’embarquai au quai de départ de Rock Creek. Il n’y avait que peu de circulation et j’en fis la remarque au dispatcher. « Les transports en commun et les cargos sont retenus à terre, me dit-il. C’est à cause de l’état d’urgence… Vous avez une autorisation militaire ? »

J’aurais pu en obtenir une en téléphonant au Patron, mais il n’aime pas qu’on l’embête avec des broutilles.

« Vérifiez ma clé », lui dis-je seulement.

En haussant les épaules il la glissa dans son appareil de contrôle. J’avais deviné juste car il leva les sourcils. « Eh bien, mon vieux, dit-il avec admiration, vous devez être bien avec le Président ! »

Une fois en l’air, je branchai le pilote automatique sur Kansas City, à la vitesse maximale autorisée, et m’efforçai de réfléchir. L’écran radar se piquetait de petits points lumineux chaque fois que je passais d’une zone de contrôle à une autre, mais aucun visage ne paraissait sur l’écran de stéréo. La clé du Patron devait constituer un sauf-conduit pour tout le parcours, et cela malgré l’état d’urgence. Je commençais à me demander ce qui se passerait quand je pénétrerais dans la zone rouge. Je comprenais tout à coup ce qu’il avait voulu dire en parlant de l’« étape suivante ».

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